‹ Les Trois armes, ou Tactique divisionnaire du colonel prussien DeckerChapitre 3 sur 49 · PREMIERE PARTIE · texte numérisé non relu

PREMIERE PARTIE

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L’invention de la poudre à canon ayant aboli le système des formations en ordre profond, on y. a substitué ce qu'on appelle la tactique des lignes; cette dernière exige que l’on évite de prendre position sur les terrains accidentés, dans la crainte du désordre, et elle offre cette particularité que chaque colonne de marcheest généralement composée d une arme particulière. Ce système des lignes étant actuellement remplacé par le nouveau système introduit au temps de la révolution française, il ne sera pas indifférent d’expliquer comment ce grand changement s’est effectué.

Dans la guerre de l’indépendance de 1 Amérique, en raison de la nature boisée de celle contrée et de la précipitation de cette guerre, des nuées de parli-

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8 1 'progrès de la tactique.

sans, marchant sans ordre et sans appui, enveloppèrent les colonnes du général Howe et leur causèrent un dommage immense. Environ vingt ans après, prenant exemple sur ce succès particulier, les généraux de la République française, au lieu de perdre leur temps à fabriquer des machines, créèrent un nouveau système de tactique dont la forme fut appliquée au caractère national du soldat. Nous citerons à cet égard les paroles du colonel Decker.

« Chaque républicain, appelé à la défense de son « pays, courait au combat avec la première arme « venue. Tout soldat français, emporté par son cou- « rage naturel, portait en lui le caractère du véri- « table tirailleur. Mais, lorsqu’il fallait agir avec a force, tous, réunis en une masse compacte, se «. disputaient l’honneur de mourir au premier rang. « De là naquit le système des tirailleurs; puis enfin, « celui des masses. On recherchait les terrains acci- « dentés, et des multitudes de tirailleurs, livrés à « leurs propres forces, décidaient souvent du gain « d’un combat. Cependant Macdonald, Moreau et « Jourdan, modifièrent ce que pouvait avoir de défectueux ce mode de combattre, tandis que Bo- « naparte excitait l’enthousiasme de leurs colon- « nés en leur répétant souvent : que l’ennemi trem- « blait devant leurs baïonnettes, »

* Bientôt, renversant tout l’ancien système, on forma de petites masses dont la base était l’ infanterie appuyée par des fractions, proportionnelles de

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