‹ Les Trois armes, ou Tactique divisionnaire du colonel prussien DeckerChapitre 37 sur 49 · TERRAIN AU-DELA DU DÉFILÉ · texte numérisé non relu

TERRAIN AU-DELA DU DÉFILÉ

Lorsque le terrain , en tète d’un défilé , présente un front concave à l’ennemi ; lorsque nos ailes s’ap» puient sur des hauteurs entre lesquelles, vers le centre de notre position, passe un défilé très-difficile ou presque impossible à occuper par l’ennemi, à moins qu’il ne coupe notre retraite par ce défilé; lorsque nous avons en front assez d’espace pour établir une défense active; que nous sommes maîtres à droite et à gauche de bonnes positions qui nous permettent d’opposer l’artillerie aux attaques de l’ennemi ou de protéger notre retraite, nous pouvons considérer notre situation comme moins désavantageuse, sans toutefois la regarder comme bonne.

En l’absence de ces conditions, gardons-nous de nous établir trop près du défilé; mais faisons en

DÉFILÉS.'

sorte de prendre une position plus avancée pour y livrer bataille ou effectuer notre retraite du mieux .possible.

TERRAIN DANS L’iNTÉRIEUR DU DÉFILÉ.

Sans des raisons majeures, on ne songera jamais, à défendre l’intérieur d’un défilé , à cause du défaut d’espace. C’est seulement dans les défilés de quelques milles (1) de longueur que l’on peut rencontrer des issues qui en facilitent la défense.

Si l’ennemi est forcé de suivre cette route et qu’il ne puisse la tourner d’aucun côté ; si , de plus , le terrain , défavorable pour lui, nous offre des ressources pour la défense , alors seulement , il sera permis d’espérer que l’on pourra défendre l’intérieur d’un défilé.

À la première vue, le peu d’étendue de notre front ne doit pas paraître un écueil, parce que l’ennemi est dans la même position ; cependant , il est digne de remarque, qu’à forces égales,, jamais il n’y a eu d’exemple que l’intérieur d’un défilé ait été défendu contre un ennemi résolu; aussi, à moins que l’intérieur d’un défilé ne soit, exceptionnellement, dans des conditions tout à notre avantage, le meilleur

parti à suivre est d’attendre l’ennemi au débouché et de lui faire payer chèrement sa témérité.

(I) Le mille d'Allemagne équivaut à peu près h deux lieues de France. • (Trad. franç.)

\ 04 DÉFILÉS. '

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