‹ Les Trois armes, ou Tactique divisionnaire du colonel prussien DeckerChapitre 38 sur 49 · DISTANCE DES POINTS PAH LESQUELS UN DÉFILÉ PEUT ÊTRE TOURNÉ · texte numérisé non relu

DISTANCE DES POINTS PAH LESQUELS UN DÉFILÉ PEUT ÊTRE TOURNÉ

Il n’y a pas de défilé qui ne puisse être tourné.. La question est de savoir à quelle distance ce mouvement peut se faire.

i Les points par lesquels on peut tourner un défilé, peuvent être classés en points stratégiques et points tactiques; les derniers sont plus rapprochés du défilé que les premiers.

Ceci est une affaire de temps. Si la distance est telle, que l’ennemi doive perdre plus de temps ifu’il ne nous en faut pour l’attaquer , la position de ces points ne doit pas nous inquiéter, parce qu’il courra le risque de diviser ses forces et d’être battu en détail, si nous débouchons du défilé avec la certitude de ne pouvoir être inquiétés sur nos derrières.

Si l’on exige que nous précisions aussi approximativement que possible, nous ne craindrons pas d’émettre que les défilés qui peuvent être tournés à une distance de deux lieues ne nous paraissent pas, à vrai dire, dans le cas d’être défendus; mais si les points qui les exposent à .être tournés sont euxmêmes des défilés, il est important de les occuper et de les défendre avec autant d’énergie que le défilé principal.

Tant que nous recourrons à la tactique pour observer ces points, peu de choses seront à redouter, parce que nous aurons toujours le temps de prendre nos mesures.

défîmes.

Dans les défilés, la position des points par lesquels ils' peuvent être tournés, déterminera presque toujours celui où nous établirons notre centre de défense.

• Ainsi, par exemple :

Supposons que la ligne AB soit le principal défilé dont le centre es!. M. Si AB peut être tourné par EF ou CD, à une distance stratégique au-dessous de deux lieues , il n’y a aucune chance que nous puissions nous maintenir dans le défilé AB ; car l’ennemi masquera deux de ces points et poussera en avant son principal corps par le troisième, soit que nous soyons placés en À , en B ou en M. Il ne nous restera donc qu’à attaquer de front l’ennemi en A, ou à nous retirer en arrière de D B et F.

Mais si E et C sont à une plus grande distance de A, alors il est permis de songer à défendre la ligne AB; car, dans ce cas, l’ennemi doit ou forcer AB

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ou s’engager dans une longue marche pour nous tourner par EF ou par CD. Nous arrêterons peutêtre ce mouvement en débouchant par le point A, et en attaquant son flanc. Dans la même hypothèse, nous nous opposerons à sa sortie par les points D ou F.

Lorsque les routes latérales rejoignent le défilé principal, comme dans la figure ci-dessous, on peut adopter les mêmes dispositions que pour l’occupation des montagnes; leur application ne dépend plus que du jugement et de l’appréciation des faits, ou bien nous pourrons abandonner la ligne principale AB et rencontrer l’ennemi aux points D B F.

DÉFILÉS

FORMATION DES TROIS ARMES EN AVANT d’üN DÉFILÉ.

Le prince royal de Wurtemberg se trouva en avant d’un défilé à Montereau, en 1814; Napoléon fut dans la même position à Nogent-sur-Seine; tous deux éprouvèrent de rudes pertes.

Cette formation peut arriver dans les circonstances suivantes :

1" Lorsque les particularités de la guerre rendent une halte nécessaire.

2" Lorsque le défilé est très-long.

3° Pour donner le temps aux troupes engagées dans un défilé de se reformer à sa sortie.

4* Lorsque l'on ne peut occuper le terrain en arrière du défilé.

Cette formation est généralement convexe, les flancs appuyés en arrière ; semblable, en un mot, à celle des Têtes de pont de Rogniat.

On envoie en avant toute l’artillerie dont on n’a pas besoin à l’arrière-garde, principalement celle de gros calibre.

La cavalerie forme les postes avancés; elle est poussée à une bonne distance de manière à pouvoir donner promptement des renseignements.

Le front de la ligne est composé d’infanterie, soutenue par l’artillerie; l’artillerie à pied au centre, l’artillerie à cheval aux ailes.

Le gros de l’infanterie vient en seconde ligue. En arrière de chaque aile, on place quelques pièces d’ar-

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tillerie légère, prêtes à se porter rapidement vers le point attaqué; car, en ce genre de combats, l’artillerie forme l’arme principale.

Au début de l’action , la cavalerie peut avoir occasion de charger les têtes de colonnes; mais dès qu’elles sont déployées , elle se retire en arrière de l’infanterie, à la gorge du défilé.

Si elle est destinée à couvrir la retraite , comme firent les cuirassiers à Aspern (1), elle doit s’attendre à de grandes pertes. Peut-être pourra-t-on envoyer , sans désemparer, le gros de la cavalerie en arrière du défilé, en ayant soin, toutefois, d’en laisser une partie avec l’infanterie.

Si l’ennemi connaît son métier, il essaiera de pénétrer dans le défilé en même temps que notre arrière-garde.

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