RIVIÈRES, POSTES RETRANCHÉS, ETC
Le passage des rivières, eu égard au temps et au lieu, appartient plus à la stratégie qu’à la tactique.
Les chapitres précédents doivent suffire pour faire comprendre , sans hésitation , quelles sont les dispositions à prendre pour opérer ce passage ; il ne faut pas perdre de vue que si la rive que nous occupons domine la position, le point où se trouve un angle rentrant est celui auquel, toutes choses égales, nous devons donner la préférence.
L’attaque et la défense des maisons, des cours, etc., rentre dans la fortification de campagne, et se trouve complètement expliquée dans le Traité de Fortificar
lion passagère, de Jcbb, et dans plusieurs autres ouvrages.
Le système de fortification de campagne de Rogniat, appliqué aux opérations d’un corps d’armée, est exposé dans un chapitre que Decker lui a consacré. Mais ces digressions, quoique très importantes, nous conduiraient au-delà des limites que l’on s’est proposées dans cet ouvrage. En conséquence, nous le terminerons par un chapitre sur la défense et l’attaque des villages, dont la possession est souvent d’une grande importance à la guerre.
Il ne serait pas rationnel d’établir un système absolu pour l’attaque et la défense des villages. La théorie ne s’accorde pas toujours avec la pratique; autrement, elle enlèverait au soldat une partie de son énergie et l’assimilerait à une simple machine.
La première question que l’on doit se poser est de savoir s’il est nécessaire ou non de défendre tel ou tel village?
La réponse se déduit naturellement de chacune des divisions du village et de chaque maison susceptible de défense ; de telle sorte que , sur un point , nous placerons trois cents hommes ; tandis que sur
un autre d’une plus grande étendue, nous n’en mettrons peut-être que cent.
Cependant , il est de bonne règle de ne pas soumettre à un seul commandement chacune des divisions agissantes dans ce cas ; par exemple, si la défense d’un village exige deux bataillons , y compris là réserve, chacun d’eux fournira un certain nombre de compagnies qui auront pour réserve les autres compagnies du bataillon.
Cette disposition est préférable à celle d’étendre tout un bataillon en lui donnant l’autre bataillon pour réserve.
Les théoriciens pourront dire que ces deux combinaisons sont également bonnes ; mais l’expérience a démontré le contraire à ceux qui ont eu l’occasion de défendre des villages.
La question qui se présente ensuite est de savoir combien de troupes on doit engager dans la défense d’un village? • ...
L’expérience s’est presque toujours chargée de prouver qu’on dépassait le nombre nécessaire en ;
semblable circonstance.
Après la bataille de Blenheim (1), vingt-sept bataillons bavarois et dix bataillons français capitulè-
(I) Ville de Bavière, près de laquelle se livra, en 1704, une fameuse bataille où les Français et les Bavarois furent défaits par les Impériaux et les Anglais. Cette bataille est plus célèbre sous le nom de Hochstcedt. (Trad. franç.)
rent à Probstheyda (1), près Leipsick, il n’y avait que quatre compagnies françaises, dont deux en ligne et deux à la réserve. 11 est vrai qu’en arrière il y avait des niasses considérables qui repoussèrent les Prussiens chaque fois qu’ils essayèrent d’entrer.
Dans une circonstance également remarquable, les Français organisèrent la défense de Mockern, en réunissant heureusement l’offensive et la défensive.
Nous commencerons par barricader les issues du côté de l’ennemi et par placer une forte ligne de feu à l’extrémité des retranchements. On enlève tous les obstacles entre cette ligne de feu avancée et les premières rangées de maisons, afin de laisser toute liberté d’action aux réserves.
Cette première ligne et ses appuis ne demandent qu’une liberté partielle de mouvement vers le flanc; car, si elle a besoin de secours, elle ne doit l’attendre que de sa réserve , bien que chez quelques nations on ait adopté comme règle, que lorsque l'ennemi pénètre dans le village , cette première ligne doit, par un mouvement de flanc, l’attaquer par derrière.
Avant tout, le choix de la position des appuis est de la plus grande importance. Ces appuis qui sont à l’abri et masqués, établissent des communications faciles entre eux et la ligne des tirailleurs , dont le
(I) Village de 300 Ames dans les environs de Leipsick.
( Trad . franç.)
devoir est de défendre le terrain le plus longtemps possible. Ils sont disposés de telle sorte, que si l’ennemi vient fondre sur notre ligne, ils tombent vigoureusement sur son flanc, sans se préoccuper davantage du front de défense qui , en cas d'échec, ne laisserait d’autre alternative pour la retraite qu’une route étroite.
Il n’est pas nécessaire que les appuis soient tous forts au même degré; mais on peut compter dix files pour l’appui de dix files placées sur le front de la ligne de feu (1).
Chaque groupe de deux ou trois de ces réserves doit lui-même en avoir une de la force d’une compagnie au moins. Celle-ci est placée plus en arrière et tout à fait masquée à l’ennemi.
Dès que leur assistance est réclamée, elles doivent agir à la baïonnette ; et, comme la principale attaque a généralement lieu dans les rues les plus larges, il convient de placer ces réserves près des routes et des rues dont la largeur permette de présenter un front de trois ou quatre sections. Si elles étaient disposées en arrière du village , elles suffiraient à peine pour le reprendre, si déjà il avait été enlevé.
Nous devrons donc établir deux lignes de communications.
1° Celle des réserves avec la ligne de feu. Ces
(i) Il est bien entendu que ce rapport se modifie en raison des circonstances. (Trad, franç.)
communications sont formées, si nous pouvons nous exprimer aiasi, à travers les maisons ; les haies et les murs sont percés de manière à présenter de larges ouvertures , et nos moyens d’assistance seront proportionnés i l’étendue de ces communications latérales.
On ne d>it pas s’effrayer de voir l’ennemi luimême profter de ces ouvertures : s’il connaît son métier , il ne divisera pas ses forces sans nécessité. S’il ne le sait pas, et qu'il s’engage dans une attaque décousue , 10 s troupes, protégées par l’abri des maisons , l’enhveront assurément homme par homme.
2° Nous «tablirons encore des lignes de communication entis les réserves principales et les réserves partielles ; ignés qui seront aussi larges que possible. Elles devront s’étendre le long des maisons et traverser la ligne choisie par les réserves partielles.
Les maisons les plus grandes et les plus solidement construites présentent les meilleurs points d’appui dans la défense d’un village. Les communications en arrière des réserves principales sont dirigées le long de ces édiices, de façon qu’en avançant l’ennemi pafse sous le feu des murs, des jardins, des fenêtres ou des tois. Des maisons ainsi défendues exigeront presque un siège régulier (1).
(1) Nous raipellerons ici l’héroïque défense de Sarragosse, dirigée par Palifox, et pendant laquelle chaque rue, chaque maison fut disputée pnd à pied. .. (Trad. franç.)
Nous avons détaillé ici les dispositions relatives aux tirailleurs, aux réserves, à la première et à la seconde ligne de combat, en terrain découvert.
Quand il s’agit de défendre un village important, on peut toujours faire une espèce de citadelle d’une église, d’un édifice public ou de tout autre gros bâtiment isolé et convenablement situé pour cet objet.
Lorsque les avant-postes sont repoussés, les lignes concentriques de communication ne doivent pas • aboutir directement à ces redoutes, mais plutôt les longer de manière à laisser leur champ de tir dégagé, et, pour que, sous leur protection, les autres troupes laissées en qualité de réserve ou à côté de ces postes, puissent, ainsi que les troupes reformées, charger à la baïonnette.
Telle fut la conduite des Français à Saint-Amand, près de Ligny. L’église leur servait de redoute; chaque fois que les Prussiens (1) avançaient, ils rencontraient un feu si terrible sur leur flanc et leurs derrières, qu’ils ne purent prendre possession du village qu’après avoir enlevé l’église d’assaut.
Il ne faut pas négliger de faire une estimation approximative du nombre de troupes nécessaires pour occupbr tout ou partie d’un village, d’une étendue déterminée. Ce calcul est soumis à de fréquentes modifications; mais, d’après les dispositions
(I) Campagne de France, 16 juin 1813. ( Trad . franc.)
138 DFEXSEÉ DES VILLAGES.
ci-dessus relatées, si notre infanterie comporte quatre compagnies, nous en placerons deux en avant, chacune d’elles se détachant par moitié en tirailleurs et ayant les autres demi-compagnies pour appuis.
Les deux autres compagnies forment les réserves principales et détachent un nombre d’hommes suffisant pour occuper la redoute, si toutefois son importance exige qu’il en soit construit une.
Si nous établissons une file de deux hommes de quatre mètres en quatre mètres, chaque demi-com- • pagnie, développée en tirailleurs, couvrira un front de 80 à 100 mètres ; et la ligne de feu des deux divisions des compagnies avancées sera de f60 à 200 mètres. Si nous mettons une file de deux hommes pour chaque deux mètres, dès lors le feu deviendra très meurtrier.
Les appuis auront à parcourir de 70 à 80 mètres pour soutenir efficacement chacune de leurs ailes engagées en tirailleurs. 11 est nécessaire qu’ils n’aient pas une plus grande distance à franchir, sous peine d’arriver trop tard et de rendre leur intervention inutile. 11 serait bien vu de placer de même à une courte distance les réserves principales ; mais le terrain seul peut décider ce point.
Nous pouvons inférer de ce qui précède le nombre de troupes nécessaire à la défense d’un village dont le front aurait, par exemple, une étendue de 2,000 mètres.
Masséna occupa Aspern (1) avec douze bataillons, dont six étaient dans le village, trois sur le front, en échelons, et trois plus en avant, sur un des flancs.
Essling fut occupé par neuf bataillons (2).
Pour défendre Ligny, sur un front de 2,000 mètres, les Prussiens employèrent d’abord quatre bataillons et deux compagnies de carabiniers à pied ; quatre bataillons de renfort furent ensuite envoyés dans le village, et deux prirent possession en dehors, sur le flanc ; à la fin, ils eurent dans Ligny jusqu’à dix-huit ou vingt batàillons qui furent attaqués par trente-deux bataillons français, dont dix de la garde.
D’après ces divers exemples, il est évident qu’on ne peut préciser d’une manière absolue le chiffre des forces nécessaires et qu’il reste subordonné aux circonstances.
Jusqu’à présent, nous n’avons parlé que de l’infanterie. Beaucoup de systèmes se taisent complètement sur l’emploi de l’artillerie dans la défense d’uu village.
Un tacticien, en pareil cas, ne se privera jamais d’une arme aussi essentielle dans la défensive; mais toute la difficulté dans l’emploi de celte arme consiste à ne pas exposer les pièces à être prises. Lors-
(1) Cross- Vsperu, déjà cité. ( Trad . franç.)
(2) 22 mai 1809. (Trad. franç.)
qu’elles sont placées dans un village, elles peuvent difficilement se retirer et il leur faut partager la destinée commune. Cependant, les Français ont prouvé, dans de mémorables circonstances, qu’on pouvait abandonner un canon avec honneur, pourvu qu’il ait tiré jusqu’au dernier moment et payé ainsi sa dette (1).
Nous ne traiterons ici que des pièces employées dans le village même.
Nous choisirons les pièces les plus légères, que nous placerons sur les points les plus importants, où nous attendrons les colonnes ennemies. Deux pièces seront suffisantes sur chacun de ces points.
Les Autrichiens, à Leuthen (2), perdirent tous leurs canons, parce qu’ils furent encombrés par leur trop grand nombre.
Ces pièces sont placées, soit à l’extrémité des points les plus accessibles , soit à l’un des postes retranchés, s’il commande des passages importants.
(1) C’est un fait semblable qui eut lieu à Suffelveyersheim. Le
général Fririon ayant laissé près de ce 'village quatre pièces de canon, marcha sur Suffelveyersheim et s’en rendit maître après des prodiges de valeur; mais l’ennemi étant revenu en force, reprit le village, et la cavalerie wurtembergeoise, débouchant rapidement par la grande route, força le bataillon qui était resté préposé à la garde des canons à Suffelveyersheim, s'empara des pièces et couronna le plateau. (ÏVad. franç.)
(2) Ville des Etats prussiens. Frédéric U y remporta en 1787 une victoire signalée sur les Autrichiens. (TVod. franç. )
Dans l’un ou l’autre cas, on ne doit pas négliger l’observation des règles suivantes :
1° Les pièces ne seront pas placées sur les routes elles-mêmes, non plus que sur les points où elles pourraient gêner le passage des troupes.
2° Leur position est, autant que possible, masquée et fortifiée avec art. On pratique des embrasures et un fossé en avant, pour rendre l’assaut plus difficile.
3° On envoie les caissons en arrière, les avanttrains disposés du mieux que l’on pourra.
4“ On met parfaitement au courant du but que l’on se propose les canonniers qui agissent en conséquence.
L’artillerie combat de la manière suivante:
Tant que l’ennemi n’attaque les abords qu’avec ses tirailleurs, il y aurait folie à employer la mitraille.
Nous ne devons pas démasquer nos pièces trop tôt, si nous ne voulons pas que l’ennemi nous oppose une artillerie plus considérable et ne démonte la nôtre.
Lorsque, après quelques heures d’engagement extérieur, l’ennemi pousse ses colonnes sur les approches principales, et, qu’étant à environ 150 mètres, il fait taire son artillerie, c’est l’instant d’ouvrir le feu de nos pièces.
Nous repousserons sans doute sa première attaque ; mais il est présumable (pie, comptant princi-
paiement sur son artillerie, il reviendra à la charge pour nous débusquer.
Il serait déraisonnable d’engager une telle canonnade. Nous faisons donc retirer nos pièces et les plaçons à l’abri derrière quelque édifice convenable, prêtes à recommencer le feu sur les colonnes ennemies lorsqu’elles avanceront.
11 est encore bon de mettre deux pièces dans une redoute, un cimetière, ou derrière un mur, pourvu toutefois que les lignes de retraite n’y aboutissent pas directement, mais les longent. Leur feu imprévu produira le meilleur effet.
Les pièces de fort calibre doivent être placées sur le flanc d’un village pour contribuer à sa défense.
Cette position offre l’avantage d’appuyer une des ailes dans le village même ; un chef intelligent saura trouver un appui pour l’autre aile.
Napoléon avait établi , à la droite et à la gauche de W'achau, près de Leipsick, deux fortes batteries de vingt-cinq pièces chacune qui renversèrent complètement le corps de Klcist.
Les batteries d’obusiers sont disposées en arrière d’un village, comme à Saint-Amand, en 1815; mais il ne faut pas qu’elles mettent le feu au village, ainsi que cela arriva à Saint-Arlon, en 1793.
Il n’est pas d’usage d’établir des batteries en arrière d’un village pour recevoir les troupes battues. On a rarement assez de pièces pour cela, et elles sont toujours mieux employées en avant ; d’ailleurs,
à quoi serviraient ces batteries, quand il est si rare que l’ennemi continue la poursuite au-delà du village?
La cavalerie manœuvrera dans la campagne , en avant du village, pour observer les dispositions de l’ennemi, mais elle se retirera à temps.
Le gros de la cavalerie est formé sur le point où l’on présume que l’ennemi entreprendra de nous tourner. Elle est en colonne avec une batterie d’artillerie à cheval à sa tète.
Elle se déploie sous le feu de l’ennemi, l'attaque et se dispose à renouveler ses charges, en observant entre elles des intervalles , jusqu’à ce que nous l’ayons battu ou que la réserve d’infanterie ait eu le temps d’arriver.
Toute cavalerie combattant autour des villages, doit s’attendre à rencontrer des obstacles à la liberté de ses mouvements.
On occupe généralement les villages rapprochés d’un défilé dont ils couvrent le passage, comme Blenheira, sur le Danube, ou Sulowitz à la bataille de Lowositz (1).
Souvent encore, on les regarde comme utiles pour masquer les mouvements de troupes. Ils servent fréquemment de bons points d’appui dans les mouvements offensifs, ainsi que pour les ailes d’una
(1) bataille gagnée sur les Autrichiens par Frédéric II, en 175G,
(Trad. franç.)
ATTAQUE DES VILLAGES
position, si la construction et la disposition des maisons sont en rapport avec la défense.
ATTAQUE DES VILLAGES
11 est souvent plus facile de prendre tel ou tel point que de le conserver, parce que l’ennemi réunit toutes ses forces pour nous en chasser et, qu’en un mot, les troupes victorieuses ne sont pas toujours appuyées avec une énergie suffisante au moment critique. Par exemple, à Gros-Gorschen, la réussite eût été plus complète, si les troupes, employées à 'reprendre deux ou trois fois ce village, avaient été réunies pour appuyer le succès de la première attaque.
En règle générale, nous devons soutenir promptement et vigoureusement les premières troupes victorieuses, afin d’assurer la victoire.
Les attaques des villages sont tellement meurtrières, qu’on doit tout faire pour les éviter. Si, en définitive , nous ne pouvons pénétrer dans la place, il faut alors recourir aux voies extrêmes et l’incendier.
En outre, il est peut-être possible de tourner la position. Rien n’ébranle autant le moral des troupes, même les plus vaillantes, qui défendent un vil-
ATTAQUE DES VILLAGES
lage, que de se voir tournées, que de fois ce principe a été confirmé par l’expérience!
Supposons, cependant, qu’on ne puisse ni tourner ni brûler les villages qui servent de points d’appui à l’ennemi et qu’ils soient trop rapprochés l’un de l’autre, pour nous permettre de nous engager entre eux (comme était Aspern, au dire des Autrichiens); il faut alors se résoudre à tenter une at- ' taque.
Pour atteindre ce but, on doit disposer de forces suffisantes et bien éprouvées. Nous citerons, au besoin, des attaques où 20 bataillons sont venus échouer successivement, tandis que, dans une attaque combinée, la moitié de ces troupes aurait, nonseulement, pénétré dans la place, mais s’y serait maintenue.
Il n’est pas douteux que l’assaut ne nous coûte cher. Une attaque régulière" commencée avec un nombre suffisant de troupes diminuera seule nos pertes.
Notre premier soin sera d’éteindre le feu des batteries ennemies postées sur le flanc du village.
Ce principe est rarement mis en pratique, et l’infanterie s’avance, en général, trop précipitamment, emportée qu’elle est par son ardeuf et par la conviction que rien ne saurait résister à ses baïonnettes.
Les abords du village seront plus facilement attaqués qu’enlevés par nos troupes légèrès. Si no.us
LO
ATTAQUE DES VILLAGES
voulons maintenir notre position, notre réserve devra suivre de près et charger vigoureusement à la baïonnette.
On adoptera dans cette circonstance la formation en colonne par pelotons, et quelques coups de canon à mitraille débarrasseront la voie.
•Si l’ennemi démasque ses pièces isolées sur la ligne extérieure du village, nos batteries se tourneront immédiatement contre elles. Dans ce cas, les batteries ne seront pas dirigées sur la circonférence du village, mais concentrées sur les approches à une portée d’environ 700 mètres.
Leur feu protégera la marche des colonnes d’attaque auxquelles on appliquera la formation en tête de cochon (1).
Trois bataillons pour la première colonne, suivis de près par trois autres en réserve, suffiront pour frayer un pas^ge:
Dès que notre colonne aura dépassé les batteries
(I ) Cette expression, employée en français par l’auteur original, ést inexacte. L'ancienne dénomination' technique est : en Tête de porc. ■> . . ... ’ ' • . (Trad. franç.)
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de la ligne, quelques pièces l’accompagneront jusqu’à 300 mètres de l’ennemi.
Nos batteries continueront de tirer à boulet jusqu’à ce qu’elles soient empêchées par la colonne d’attaque. Elles suspendront alors leur feu, tout en conservant leur position pour soutenir l’infanterie si elle venait à être repoussée.
* Les pièces avancées tireront à mitraille jusqu’à ce que la charge prenne leur place; alors elles rejoindront leur batterie.
Il y a quatre conditions différentes, et pourtant également essentielles à remplir, pour devenir maître d’un village :
1° La prise de possession de l’enceinte et des issues.
2° L’établissement des troupes sur ces points lorsqu’ils sont pris.
3* La destruction des réserves.
4° Notre installation dans le poste fortifié.
S’il est important de s’assurer des abords, il l’est bien plus encore de les conserver.
Lorsque les quatre conditions ont été accomplies, et que nous avons emporté les extrémités opposées du village, notre premier devoir est aussitôt de rallier nos troupes dispersées et épuisées.