L'EUROPE EST-ELLE CONDAMNÉE
Laissons-les. Pis que des coquins et des brutes, ce sont des sots. Mais, indépendamment de leur sottise épanouie qui, par contrasté, donne à un Gustave Hervé figure d'homme de bon~ sens, il nous faut encore 'admirer l'esprit d'aveuglement qui préside aux conseils de l'Kurope et du monde. Sans doute, il convient de parler avec quelque réserve des intérêts communs de nott-e planète, car ils sont A peine déû- - nissables, et le genre humain épars sur les tles et sur les continents est lui-même, par les diversités de son habitat, entraîné à de surj^renants effets de concurrence et de haine. Cependant, il ne nous semble pas conforme aux destins généraux de la terre et de l'humanité que notre vieille Europe sombre dans le chaos des divisions, des conflagrations, des révolu* tiens, mal tempérées Qar des organisations à la ~ boche. L'Europe peut avoir de^ défauts, des torts, des lacunes :- c'est un édifice de géographie et d'histoire qu'il n est pas téméraire de nommer un grand bien. Il est de l'intérêt de lliumanité de le maintenir et de le défendre. Il serait sauvage de le détruire.
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Voudrait-on ce malheur? Tout ae passe comme ai on le voulait.
Pour guérir l'Europe, il eût fallu que la Conférence de la Paix k peine réunie^'attaqu&t en principe à )a question d'Allemagne. De là était venu le mal, là. devait être appliqué le remède. Quel remède? Eh J bien, le fer chaud, si le fer chaud était nécessaire I La maladie du germanisme étant mère du Ijplchevisme, le bolchevisme ne pouvait vraiment être abordé et traité que là. Là seulement aussi pouvaient être posés et résolus les problèmes émis par les peuples périphériques slaves,- latins, crallo-latiiis. Nous le disions bien avant l'armistice, dès le milieu des mois d'été : méditezla question d'Allemagne] On a préféré méditer des questions qui, sans celle-là, ne peuvent mémo pas être conçues, et l'on aboutit de la sorte à ta co-existence de ces deux douloureux résultats : le ralïermissement de l'autorité en Allemagne, l'obscurcissement et le trouble portés dans toutes les autres nations, dans toutes les autres questions.
Nous avions appelé M. Woodrow Wilson un nationaliste américain. Mais nous n'avons jamais admia que le nationalisme du président pût se confondre avec une formule d'abaissement et de diminution pour le peuple ami que ses armes ont sauvé, et 'sans lequel il serait envahi lpi-m6me. En nous refusant les précautions et les protections nécessaires contre un ennemi éternel, M. Wilson ne-peut penser qu'il fasse les afTairea de l'Amérique. Ou son erreur serait si grave qu'elle ser£ût indigne de lui.
Le monde anglo-saxon tout entier est encore plus