‹ Les trois aspects du président Wilson: la neutralité, l'intervention, lChapitre 121 sur 132 · VERTIGE DE LA PUISSANCE · texte numérisé non relu

VERTIGE DE LA PUISSANCE

AU PEUPLE AHÊRWAIN

« Valeurl' Prudence! Prévision!.... » Nous avons arrêté à ces mots ce recueil de nos touchants efforts pour expliquer M, Wilson à la France et la France à M. Wilson. Ces étrange» cris de dédain nous ont fixés ; de là date l'altération définitive du portrait que nous avions aiméànous faire du président américain.

Proférées par M. Wilson ei^re deux voyages en Europe contre les gouvernements de l'Europe amie, OQB oEfenaes-ont. révolté des Américains éminents qui sont venus nous le dire et.qui le lui oi^t dit avant de le lui prouver. Car, s'ils ne- détruisent pas son œuvre internationale, ils l'ont déconsidérée pour toujours.

Il ne dépendait plus de nous d'échapper & l'évidence de la vérité. L'œuvre du vertige était faite : dans le cas de M. Wilson, l'élément passionnel recoavrait, effaçait oe qui avait été an esprit. *

Mais à quel moment ce vertige avait-il commencé? Le discours du 4 mars 1918 n'en est que le suprême éclat. Il ne s'explique bien que si l'on remonte à l'annistice de novembre précédent, surtout si l'on a

Boia d'écarter d'une maîa hardie certains manteaux . de Sem queno8matns(prudemment,patriotiqaement) avaient étendus sur l'homme d'État ou le philosophe

Autant, jusqu'à l'armistice du 11 novembre, on avait senti chez M. Wilson une attention profonde donnée aux signes do réel et un art véritahte de se réformer pour se conformer au vrai, autantcette faculté précieuse a paru ralentie et comme atrophiée depuis cette date. Avajit l'armistice, l'on eût dit que, d'un jour à l'autre, il se rapprochait de la vue exacte dék lointaines choses d'Europe. Après l'armistice, et bien que son voyage de la mî-novembre l'edt installé sur le vieux continent, les yeux, les oreilles, les narines et tou3 les autres sens politiques de t'homme semblent s'être refermés chez M. Wilson.

L'armistice conclu, il semble remonter une fois pour toutes paf l'escalier mystérieux dont il a seul la . clef flans une tour inaccessible. De 1&, il ne découvre même plua les étoiles, jugées des corpS trop matériels ; il-vit tout à foit isolé dans le,téte-&-t£te de ces simples sigit^ de signes par lesquels ses rêves ' abstraits lui sont désignés. Pour comble de malheur, cette ascension dans la plus subtile atmosphère ne le délivre d'aucune impulsion du cœur et de la chair.

Ces puissances intérieures se déchaînaient t«ut au contraire, et rien n'était plus naturel I M. Wilson venait de voir et d'entendre une vingtaine de trânes s'écrouler devant lui et, si l'évidence de la raison ou des faits en attribuait l'honneur à Foch et aux armées alliées et associées, rien au monde ne pouvait empêcher quelque murmure insidieux d'affirmer i M. Wil-

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