‹ Les trois aspects du président Wilson: la neutralité, l'intervention, lChapitre 123 sur 132 · ÉPILOGUE m · texte numérisé non relu

ÉPILOGUE m

découvrit la Céroeité de la vieille Allemagne '<^î est une Allemagne éternelle dans la mesure où l'éternité appartient aux groupes humains. Pareillement, M. Wilson dut l'econnaEtre dans le bolchevisme qu'il avait ai longtemps protégé, un régime t plus sanguinaire que le tsarisme *, et cela obligea Lénine à lui rendre gracieusement ses qualités en l'appelant i le plutf grand hypocrite de.l'Histoire >.

M. Wilson avait dû abandonner dans les mêmes eondidons le tyran juîT de la Hongrie, Bêla Kun, et ooiuentir en fin de compte Uti minimam de justice ^iv«r9 nos meilleurs alliés orientaux : lee Rottnwins. Par exemple, il s'exécuta sans bonne humeur. Put-ce par rancune? Et oelte Routa anie royale, faièant Uz guerre pour la paùc, donnait-elle un démenti trop vif aux idées de M. Wilson qui faisaient la paix pour la guerre ?

Il n'était pas besoin des exemples russes, hongrois, turcs, caucasiens pour montrer que la paix révolutionnaire et démocratique tendait à des luttes sans Qn. L'histoire de son continent aurait pu révéler à M. Wilson ce que lui découvraient les conflits delà République arménienne et de la République d'Azerbeidjan: la République, en soi, n'a aucune horreur naturelle des guerres ni du sang. Au contraire] La moindre réflexion aurait pu faire comprendre aussi à M. Wilson combien le Droit, cet enfant des dieux tascé parmi la race humaine, y doit devenir, à coup sûr, un stimulant de conflits armés... Mais que pouvaient valoir expérience ou réflexion, comparées au plaisir de débiter de belles fables I

Ce plaisir aétépayésans grand retard par les dures

rectifications dq.la vie t M. Wilson a dû se^étracter et 80 renier d'abord en fait. C'est ce qui a commencé à retourner contre lut tout le monde.

Lies soeialiates français qui furent les derniers à cesser leur alliance avec lui ont dû finir par la rompre tout à fait, l'ayant exploitée jusqu'à l'os. Ces messieurs adressent à leur ancien ami et protecteur un flot de critiques amères, non sans ramasser, pour le monter en épingle, tout pe que sa propre patrie lai décocbe de désobligeaift. Lorsque M. Lincoln Colcord raconta dans The Nation que M. Wilson eRt « sincèrement insincère » ou qu'il « peut voir blanc quand c'est noir t, nous aurions tout ignoré de ces gentillesses sans les traductions qu'en a faites le journal ot^ciel du parti socialiste français : chacun venge comme il peut la déconvenue de l'esprit.

Elle avait été formidable : de la Gn de l'hiver à la fin du printemps 1919, les principes du CovenSnt, proniulgués en janvier, s'étaient écroulés un par un. Plus de diplomatie secrète, avait dit M. >Vilaon, et quatre ou cinq hommes réglaient le sort de l'univers daiis un téte-à-téte mystérieux. Il avaij, ajouté : plus d'amitié particulière entre les peuples, plus d'alliances séparées de la grande alliance commune; or, sans compter que le traité du 28 juin ne put être accepté par la France qu'à la faveur d'une alliance spéciale, avec Londres et Washington, il n'était question en Europe que de tractations et de sou s -tractations clandestines ou demi-publiques faites avant, pendant et après la Conférence que M. Wilson dirigeait. Que l'on voulût réaliser ou dissoudre ces alliances,

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