‹ Les trois aspects du président Wilson: la neutralité, l'intervention, lChapitre 13 sur 132 · LE SPECTATEUR IMPARTIAL · texte numérisé non relu

LE SPECTATEUR IMPARTIAL

a un idéal boche, et c'est mfiine par la couleur de Boa < idéal ■ que le Boche s'est distingué en tout temps du reste du monde. M. 1« président WilsoD read justice à oette vérité historique. Et les c idéals * étant égaux entre eux, exactement comme les hommes, -jusqu'au moment oii ta survivance du pins fort fera ressortir quel est le meilleur, ce haut magistrat installé dans la ohaire ecclésiastique a sîgniSé en langage d'a^tonado, son verdict aux gladiateurs :

Donc, tout autour d'eux, tout autour de nous, siège dans l'attente le tribunal silencieux qui doit prononcer le jugement définitif sur cette lutte, le grand tribunal de l'opinion du monde, et je m'imagine que je vois — je crois voir et je prie Dieu qu'il me fasse voir vraiment — da grandes forces spirituelles qui demeurent dans l'attente de l'issue de cette guerre pour s'af&rmer, qui commencent môme à s'affirmer déjà, pour éclairer notre jugement et raffermir nos esprits.

Aucun homme n'est assez sage pour pouvoir prononcer un jugement ; mais nous devons tenir nos esprits prêts à accepter la oérité quand elle surgira devant nous, quand elle nous sera révélée à l'issue de cette lutte titanique.

• La vérité », disait le grand pacifiste de 1840 dans le plus généreux, le plus bruyant et le plus -vide des hymnes de paix, < la vérité c'est mon pays *. Il entendait qu'il n'avait d'autre patrie que le vrai. Le fait national était ainsi subordonné & l'idée. M. Woodrow Wilâon parait intervertir tes termes de la pensée de Lamartine et, pour définir la vérité idéale, il attend, il adjure d'attendre la décision des faits. Ce que nos pères batailleurs appelaient, en l'appréciant certes,

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e LE PRÉSIDENT WILSON

mais sana l'adorer, le hasard des combats, la fortune des armes est ici convié à dire le droit et le vrai. Dans les siècles barbares, le plus fort avait les dépouilles. Od lui fait entrevoir pour cette fois qu'on lui fera honneur, par-dessus le marohè, de la vérité et du droit.

S* jftnTier 1917, On a bu hier soir, dans le banqaet Prance-Am*rique, en l'honneur de M. le président de la République des États-Unis. Levons cordialement notre verre à la santé du plus haut magistrat d'un peuple ami et généreux auquel noua devons tant et que nous voudrions remercier de toute manière! Cela fait, ne nous gônons pas pOur examiner et critiquer, non moins cordialement, la morale de M . Woodrow Wilson. Ses compatriotes nous en donnent l'exemple : dans un beau petit livre d'une remarquable Apreté, Hésitations, dont l'auteur, M. W. Morton Futlerton, est un Américain éminent, M. Wilson n'est pas

J'avoue d'ailleurs que je n'aurais pas eu l'idée d'ajouter un mot si ce pauvre Hervé (toujours là!) n'avait pris soin de reconnaître ses idées dans ce message au Sénat américain : i Tous les républicains français pourront y saluer au passage des idées et des principes qui leur sont chers depuis 1789 1, et surtout si, brochant sur notre Hervé, un rédacteur de l'Humanité n'avait imaginé de célébrer à ce propos * la haute conscience ■ de M. le président Wilson.

On est profondément persuadé de la droiture, de la probité, de l'intégrité, de l'honneur et, en général, de toutes les vertus qui décorent M. le président Wilson. Mais je ne sais pourquoi cette façon de le

loaer éveille ma délUnce. Je ne sais pourquoi de telles louauges ont toujours été l'occasion d'un mauvais coup porté tantflt par le célébré et tantât par les célébrants.

Les ennemis intérieurs de mon pays enguirlandent M. WilsoD. Ce n'est pas naturel.

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