‹ Les trois aspects du président Wilson: la neutralité, l'intervention, lChapitre 14 sur 132 · SOUVENIR SINGULIER · texte numérisé non relu

SOUVENIR SINGULIER

Il convient de lire de près, de relire, en interrogeant les écbos indistincts et puis les échos très neta qui bourdonnent dans la mémoire. Quelques mots du Message me reviennent avec une ÎDsiatonce inouïe. Souvenir, souvenir, gue me vçux-fu?.. chante Verlaine. M. Woodrow Wilson chante aussi :

Il m'a semblé nécessaire, s'il existe réellement quelque part'an désir sincère de paix, de parler un langage franc. Je suis la seule /personne jouissant d'une autorité parmi tous les peuples du monde qui ait le droit de parler et de ne rien cacher.

Je parle coiûme simple individualité, mais je parle cependant- aussi comme le chef responsable d'un grand Gouvernement...

Cela ne vous rappelle rien ? « Souvenir, souvenir... 1 Ehl si faiti la lettre de Guillaume À son pendard de Bethmann, fausse comme sa date, que tout le monde a suspectée, fausse comme aa voix, comme tout ce qu'elle porte et contient. On y a lu presque en mêmes termes :

11 est évident que les populations des pa^s ennemis qu'on oblige à continuer cette dure guerre & l'aide de mensonges et de tromperies et qui sont égarés par les combaU et par la haine, ne possède» t aucun homme

eapcAU ou ayant le courage moral de prononcer le mot qui leur apportera le soulagement de proposer U paiï. Ce qu'on désire, c'est un acte moral qui libère le monde.

Il est encore question de libérer le monde au suivant paragraphe du poulet impérial.

En voulez-vous des principes de 1789, 'de l'humanitairerie? Et de la haute' conscience? A rendre baba toute la rédaction de tHumanilé de Snell en Bracke et de Renaudel en Veillard ? Malgré l'océan qui sépare les deux hautes consciences de < chef », WiXhelm rex a-t-il perçu l'écho qui lui est &it, la rime qui lui est envoyée par M. Wilson? J'en atteste la suitç de la lettre à Bethmann :

Il est nécessaire pour cela do trouver un chef d'État qui ait une conscience... 'qui possède la volonté de libérer lejoionde de ses souffrances.

Ceux qui ont su lire le message de M. Wilaon ont observé qu'il demandait une « révolution morale ». C'est aussi nn c acte moral » que se propose d'opérer le roi boche. Tout cela vous dégage un petit fumet kantiste et roussien dont on conçoit que les consciences démocratiques soient régalées. On me permettra de témoigner une horreur ïervonte pour cette cuisine. Droite et sincère chez M. Wibon, parfaitement hypocrite chez Guillaume II, elle représente au point de vue de l'histoire des idées et du langage un état certain de décadence et de barbarie, celui oft les genres se mêlent, quand pour parler peinture on fait de la poésie et quand les idées au Heu d'être apportées directement par leurs signes abstraits

usent de ces transpositionB de Bgure qui favorisent tous les malentendus, toutes les équivoques, toutes les erreurs, et par conséquent tous les crimes.

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