‹ Les trois aspects du président Wilson: la neutralité, l'intervention, lChapitre 130 sur 132 · ÉPILOGUE · texte numérisé non relu

ÉPILOGUE

toutes nus crises économiques : l'agresseur vaincu ^era déclaré insolvable et inviolable, la créance de l'assailli victorieux sera frappée de caducité de sorte qu'il périsse sous l'énorme fardeau de tous les frais de la victoire I Ne pas faire payer les frais de la guerre au criminel enfin désarmé devait en centupler la charge pour le juste vainqueur. Quelle extravagance philosophique I Elle oomgorte un criant abus de pouvoir en faveur de l'Allemagne et' elle est doublée d'un tel coup de force contre la coiliiance et contre l'amitié que, bientôt, les représentants de la culture et de la sciencei américaine, craignant d'avoir à en rougir jusqu'à la' racine des cheveux, prendront nécessairement le seul parti honorable : notre parti. Ils conviendront de déGnir l'idéalisme wîlsonien comme la raison du plus fort et du moins éclairé. Ces Américains intègres et libres se demanderont ce qu'un Guillaume de Hohen> zollern eût tenté ou rèyé de pire. Le monde entier leur répondra t Mais rien du tout !

La presse wîlsdnienne qui* fonctionne en Europe a-t-elle pressenti ces menaces de l'avenir? l'our les détourner ou poui* les braver, elle a eu l'art d'ajouter à son rjdiqile tragique un élément de haine qui achève de la peindre, elle et son chef.

Quand nous disions à cette ^ecte qu'il n'y a pas de Société des Nations posâible sur l'ancien continent si • les compOKanU trop inégaux disposent de forces disproportionnéet et que, masSé au centre de l'Europe, entraîné aux armes, le Beich uni menacerait dangereusement tous les autreig peuples divisés par d'inévitables rivalités d'intérêts ; lorsque nous répé-

sénateur français. Notre planète retentit de l'erreur criminelle commise par M. Wilson. Le silence forcé de celui-ci avoue.

Quand donc se produira, comme une sorte de condamnation à terme, la vérilîcation de nos claires critiques ou de nos douloureuse» alarmes et lorsque, suite naturelle de Id paix wilsonieone,' la guerre wilsonienne, aura éclaté sur la tête innocente de la France, de l'Italie, de la Belgique, de la Rouniaaie ou des Britanniques, il y a des Français que je connais et dont nous serons, qui ne manqueront pas d'accomplir le funèbre pèlerinage dont en juin 1919 ils ont fait vœu'et serment : ils se rendront au cimetière de Suresnes, à la place où, hélàs ! par centaines, reposent les soldats d'Amérique tombés pour une paix de justice et d'honneur. Au lieu fatal où le Président répandit sa libation de fausses paroles, nous reviendrons prendre ces héros à témoin des avertissements qui lui furent donnés, des calculs trop certains qui lui furent communiqués et de toutes les prévisions trop claires que l'orgueil ignorant méprisa et foula aux pieds : *

— Camarades, ô camarades, c'est le règne de sa folie qui fait" rouler sur nous la nouvelle vague de ,

^ sang ! Camarades, ô camar^deSj'fauchés pour le règne de la justice, de la paix et de la raison, voyez l'effet

-de l'œuvre de ce président de malheur. Quelle « valeur » ! Quelle • prudence »! Ah I surtout, quelle « prévision » 1

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