‹ Les trois aspects du président Wilson: la neutralité, l'intervention, lChapitre 17 sur 132 · DE LE CHAPELIER EN WILSON · texte numérisé non relu

DE LE CHAPELIER EN WILSON

On pourra s'en faire une idée approximative, mais que je crois juste si l'on se donne la peine de réfléchir aux analogies éveillées par l'endroit du message où M. Wilson repousse de l'humanité future tout système d'alliances, chacun j devant être protégé par tous :

...qu'aucune nation ne chercha à imposer sa politique à aucun autre pays, mais que chaque peuple soit laÎBsè libre de fixer lui-même, sa politique personnelle, de choisir sa voie propre vers son développement, et cela, sans qjie rien le gêne, le moleste ou l'effraie, et de façon que l'on voie le petit marcher c&te à côte avec le grand puissant.

Je propoae donc qae dorénavant toutes les nations évitent les eompUealions d'allianeea qui pourraient les enti-aSner A des rivalités de pouvoir, les envelopper dans un filet d'ictrigues et de compdtitions égoïstes, et par des influences venues de l'extérieur, les dôtoarner de leurs propres affaires; il ne saura.it exister de complications d'ailleurs dans un loyal accord de puissances ; quand noua sommes tous unis pour agir dans le ménifl sentiment et en vue du même but, nous agissons dans riat6rét général et nous restons chacun libres de nos propres actes sous la protection de tous.

< Souvenir, souvenir..'. » Qu'est-oe que noua rappellent de nouveau, ou d'ancien, de telles paroles? Vous y êtes : en plus vaste, appliqué è. l'Europe ou aux deux continenta, c'est le système du conventionné] Le Chapelier, c'est le fameux décret qui interdisait aux ouvriers et aux patrons toute assooi»tion, entente et alliance sur ■ leurs prétendus intérêts communs >. Un État central tout-puissant se préparait à prendre en mains les intérêts de tous et de les représenter souverainement. Quel gage de paix sociale! disaient les rêveurs de l'époque. Quelles immenses garanties d'accord 1

Il est  peine utile de rappeler que les soixantedix ou quatre-vingts ans qui suivirent furent l'enfer du monde ouvrier français en même temps que le paradis des capitalistes. On avait décrété l'égalité idéale des grands et des petits. Un avait gravé dans la loi l'équivalence juridique du faible et du puissant. Mats même poudrée d'or et confiée à du papier doré sur tranches, cette belle encre n'avait pas transformé les réalités. Les réalités furent pires que les plus fabuleuses horreurs de l'ancien régime. L'ouvrier en

conçut un état d'esprit révolutionnaire farouche qui déclfira la guerre à l'ordre social tout entier, cet ordre consacrant les plus monstrueux abus de puis-

On ne peut espérer aucune sécurité de l'avènement juridique et blagologique d'une ère d'égalité européenne oh il serait défendu à la Belgique de se mettre sous la protection de la France, de l'Angleterre et de la Russie', mais où l'Allemagne garderait le plein de ses territoires, de ses populations, de ses richesses, de ses puissances quand bien même elle trouverait sa limite idéale dans la menace d'un gendarme-fantdme au service des États-Unis du Monde dont la gouvernement serait d'ailleurs à la discrétion d'agents secrets ou d'agents publics armés de sok fer ou lestés de son.or.

M. Wilson prend pour le régime de l'avenir l'état dont nous venons ; on peut lui répondre que nous sortons d'en prendre, à La Haye. Merci bien.

1. Le aânateur Frelingfiuyaen, de New-Jersey, a poaé • à, tout Américain intelligent > un cert&iû nombre de questions entre lesquelles celle-ci porte le n* 7 : • — Si I& Lifpie dea Nations avait exista au moment de notre Révolution de 1776, la France aurait-elle pu nous aider 7 Et plus tard, le l'exas ferait-il partie de l'Union ? Cuba ssraitelle libre T • (Hanejfi y/e«kly, ïï mars.)

La réponse des adeptes à ce genre de question ne peut Tarier. Ils déclarent que les références au passé sont inopérantes : n'allons-nous pas ouTrîr une ère absolument nouvelle et sans rapport avec tout ne qui s'est vu autrefois?

IDÈALISMES DANGEREUX

...Les situations respectives de M. WitsoD, du Gouvernement français et des socialistes français, ont moins changé qu'on ne croirait depuis le commencement de la guerre.

Ce n'est pas de décembre 1916 ni de janvier 1917 que datent les rêves d'intervention et de médiation de M. Woodrow Wilson. Le président américain, dont les idées sont Bxes comme son pouvoir est personnel, avait fait un premier pas dans le même sens, absolument dès les premiers jours d'août 1914. La dépêche de Washington portant le texte de 6a pro~ position fut insérée au Temps du 7 août, paru le 6 au soir.

Mai.t le Journal de Genève du 10 l'ayant reproduite, aussitôt il s'éleva, comme il convient, uH murmure du côté de l'Humanité qui, n'ayant pas pris garde à, l'information du Temps, imagina le 15 août de dire qu'il était • f&cheuz pour l'opinion française » (à laquelle la feuille socialiste se substituait une fois de plus) f d'apprendre par un journal étranger la proposition » de M. Wilson.

Le flambeau que soutiennent les mains de M. Renan del et de M. Compère-Morel ajoutait avec une gravité impayable qu'il € ne saurait y avoir un avantage à laisser ignorer à la France une démarche aussi importante que celle des Etats-Unis». De l'importance de la démarche, les événements

IDÈAU8MBS DANGEREUX * 17

pMtëriAuri penoetteot de diaenter. Mais, poar oontmetfre soa erreur da jugement, VHtananité avait commencé par ae précipiter sur uoe erretv matérielle. Le jour même, t'Agence Havaa rappelait que la dépéolie aononçant la proposition am^caine avait parfaitement paru en France. Le Temp» du soir confirma le démenti.

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