‹ Les trois aspects du président Wilson: la neutralité, l'intervention, lChapitre 2 sur 132 · PROLOGUE · texte numérisé non relu

PROLOGUE

AUX AMÉmCAINS^DE PARIS

Le bon chasseur qui tire au vol nra de la mé^oàe approximative etlènle employée dans ces notes prisgs au jour le jour : on y voit le tireur, le doigt sur la gâchette, attendre et tarder d'aboutir.- C'est qu'il ne cesse de se sentir partagé entre deux sentiments assez opposés : la ferme volonté de voir clair, de faire voir clair sur le persoiijiage extraordinaire jeté tout au travers des choses d'Europe, et la volonté non moins ferme de ne pas réduire les biens, de Yie pas accroître les maux qu'il était 'au pouvoir du nouveau venu de dispenser à la patrie et à l'univers. Tout dépendit de lui. La neutralité et l'intervention, l'armistice et la paix vivaient, non sans tapage, dans les sobres plis de son vêtement ajusté.

Jusqu'à ces derniers temps, un (rpwième sentiment mesurait aussi nos paroles ; nous' devions nous appliquera ne jamais atteindre nos grands alliés à travers leur prenyier magistrat. Depuis, le peuple d'A7nérique semple s'être chargé de reprendre à son compte cette distinction.

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De toute évidence, les bonnes relaHoru franco-américaines gont dans la nature des choses ; elles sont surtout duns l'esprit des deux peuples. En ce qui nous concerne, f-en appelle aux Parisiens de 1918: ils n'oublieront jamais la fête inouïe donnée cette année-là le Jour de l'Indépendance de l'Amérique. Pour l'enthousiasme populaire et jailli de l'âme, ce 4 Juillet marqua une heure unique. Nous avions eu de beatLx défilés et d'émouvants cortèges. De nombreux Français, étrangers les uns aux autres, s'étaient vus, s'étaient reconnus et rejoints cœur à cœur. Ils avaient acclamé' beaucoup d'Alliés et d'omis, les uns puissants, les autres vaincus et spoliés. Jamais Paris ne s'était levé de la sorte, entier, comme un sévi être, aveo ce clair visage de confiance, de remercieTneni et d'espoir.

A quelle minute tragique! La pointe de la belle offensive qui devait se déclencher onze jours plus tard n'avait pas encore brillé. Bien peu se rendaient compte de l'effet décisif des mowuemenfe du général Mangin le 11 juin. On espérait dans un grave silence. Sur la molle déclivité de celte avenue du Président- H^iison que nous appelions autrefois l'avenue du Trocadéro, je vois encore Poincaré et Clemenceau, assis dans la même voiture, muets, inclinés i'un vers l'aitfre, et qui Jie s£ regardaient pas. autour d'eux éclatait en musique vibrante l'harmonie des nations alliées, envahies, menacées, non désespérées. Par l'attitude des deux chefs, par celle de Paris entier, jamais ne s'était marquée avec cette force l'indomptable foi du pays.

Jamais, non plus, les armées alliées n'awoien( été regardées auec de tels yeux. Certes, l'Angleterre /îgu-

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