LE POUVOIR PERSONNEL ÉLU
Nos lesteurs se joindront à moi pour remercier le Bavant correcteur. Ils ne manqueront pas d'ajouter que la nécessité de se faire réélire est précisément ce qui paralysa M. Wilson pendant lés deux premières . années de la guerre. Tous ses prédécesseurs avaient d'ailleurs subi la loi du même dommage.
Leurs quatre premières années sont consacrées à préparer4eur réélection. 11 leur reste un temps égal pour agir. C'est peu. Roosevelt en sait quelque chose : Roosevelt porté au premier rang, tout comme M. Wilson, gr&ce aux conjonctures les plus fortuites! Et cet aspect de leur histoire ne témoigne pas en faveur du régime électif.
Mais il ne s'agissait pas de ce régime dans nos réflexions d'hier. Il s'agissait de l'autorité inhérente aux vastes pouvoirs de la charge, de l'autorité per~ sounelle d'un seul homme que nous avons eu la chance de pressentir dès juin 1913'. Ce chef d'un parli que l'on appelle démocrate, mais qui fut longtemps le parti du paLriciat aux Etats-Unis, parait senlir Futilité, même la nécessité de dire : je veux, je dois, je juge, je suis là; la nature des institutions de son
I. Voir Kiel et Tanger, édition de 1913 et aulvanlex, p. ctv.
U LE PRÉSIDENT WtLSON
pays lui semble devoir aocentuer encore son iaotînation personnelle. Que ce ton, ces accents puissent suflire A pourvoir à ces nécessités, j'en doute; je ne le crois pas. Que l'autorité sans l'hérédité soit le moteur et le guide dont nous avons besoin, nos expériences françaises de jacobinisme et de plébiscite suffisent & le contester. Mais un élément insuffisant peut être pourtant nécessaire, d'autant que l'autorité pure est demandée à cor et à cri dans nos ieuiltes de gauche. Je montre de façon indubitable que l'Amérique a réalisé le premier point du programme gouvernemental. Je me trouve être le seul écrivain à le montrer... Et c'est ce qui me vaut d'élégantes nasardes .
On plaindrait volontiers pour leur esprit d'irréflexion les auteurs anonymes ou masqués, de semblables misères, s'il ne fallait plaindre davantage un pays ainsi renseigné, ainsi éclairé et conduit! Nos erreurs silr l'Allemagne ont représenté, je I'eù écrit un aD avant la guerre, cinq cent mille jeunes Fran' çais couchés froids et sanglants sur -ieur terre mal défendue*. Que représentent de pareil nos erreurs sur l'Amérique? Que représentent nos erreurs symétrique^ sur la Russie? On se le demande avec une pitié profonde. Et on le demande aux littérateurs sans conscience ni responsabilité. Se ligurent-ila qu'il suffise de leur trait de pluftie pour faire que ce qui est ne soit pas ?
Un grand Américain dont la leçon est à la base d'un grand nombre de nos études disait : « En dépit