‹ Les trois aspects du président Wilson: la neutralité, l'intervention, lChapitre 37 sur 132 · M. WILSON ET L'ALLEMAGNE · texte numérisé non relu

M. WILSON ET L'ALLEMAGNE

Avec tous ceux qui connaissent bien l'Allemagne, nous persistons i juger qu'il reste pourtant à M. Wiisou certains progrès à faire dans la découverte des Allemands. Comme nous l'avons déjà noté, il continue de rapporter le militarisme allemand & l'autocratie comme à sa cause, au lieu de mettre en accusation le Germanisme, c'est-à-dire toute la substance nerveuse et sanguine de l'Allemagne moderne. Cependant, là encore, il y a correction par complément. M. Wilson s'en tenait naguère à l'Allemagne des féodaux et des junkers. Il découvre celle des professeurs. Il semble soupçonner celle des socialistes et des libéraux, c'est-à-dire une bourgeoisie et un prolétariat dévorés de passions impérialistes. Noua pouvons l'assurer qu'il n'a point épwsé le sujet. Nous ne disons pas à M. Wilson : Marche! marche I mais : Regarde! regarde 1 Osera toujours avec pro&t.

S'il tient à. son reliquat d'erreur c'est peut-être qu'il croit y trouver un moyen moral de distinguer entre le peuple allemand et ses chefs : il peut déclarer avoir f une vague intuition i de combattre aussi pour le bien-être et la félicité des bonnes gens, des braves gens qui doivent exister en Allemagne

comme partout. En vérité, est-il besoin de s'illusionner sur l'Allemagne pour émettre cea vues de philanthropie et de politesse? Noua qui n'avons jamais cessé de présenter ici sur le monde germanique les vues exactes auxquelles chacun se rallia peu à peu, nous n'avons pas caché que la redistribution uaturelle, traditionnelle, historique des AUemagnes pourrait bien être la condition du bonheur privé allemand. Donc, nous aussi nous sommes germanophiles à nos heures. Nous nous donnons le luxe de peaaer à la « sécurité >, aux i libertés du peuple allemand >. Mais nous le faisons en toute lumière et sans avoir besoin de nous placer sous l'abri éphémère d'une fragile erreur de fait. Au fur et à mesure qu'il se rapprochera de la réalité, M. Wilson verra qu'il n'a rien & perdre de ses bons sentiments ni de ses bonnes dispositions : il y gagnera de ne commettre aucune de ces méprises fatales qui dictent des fausses manœuvres et qui feraient de nouveaux torts à l'humanité pleine de douleurs et de sang.

Page 1