‹ Les trois aspects du président Wilson: la neutralité, l'intervention, lChapitre 40 sur 132 · L'ORDRE DU JOUR DES CHEMINOTS · texte numérisé non relu

L'ORDRE DU JOUR DES CHEMINOTS

Le président Wilson parie à M. Gompers de tout autre chose, en vue d'aboutir aux actions néces- ' saires de paix intérieure et d'activé mobilisation extérieure. Mais dans un pays aussi ancien que le nôtre, saturé d'oraisons emphatiques et sauvé par son scepticisme, le remède des remèdes est la vérité, telle que nous la disons à M. Wilson, telle que nous la dirons à ces cheminots dont on a lu l'ordre du 'jour fédératif du 3 septembre*.

A notre sens, il faut parler aux cheminots français comme le président Wilson n'a pu parler aux cégétistes américains. Nos cheminots se font une grande illusion: ilsappréhendentune politique de régression,

1. < La FëdératioD Nationale des Cheminots, tout en affirmant sa ferme Tolonté de se tenir à l'écart de toute politique, mais considérant les répercussions que peut avoir la solution de la crise actuelle sur l'action de la classe ouvrière ;

> Considérant la nécessité d'une politique de confîance et de largeur de vues, sauvegardant sa liberté d'action et préparant des libertés nouvelles ;

• Proteste, contre la campagne as presse menée à travers cer'aines personnalités contre la classe ouvrière, et dénonce le

•bul que veulent atteindra les auteurs de cette campagne qui est de jeter le discrédit sur les organisations syndicales et ouvrières et de paralyser leur action de demain ;

• La Fédération Nationale des Cheminots déclare qu'en accord avec le prolétariat confédéré elle saura faire échec à toute politique de régression et de répreesiort sociales, > L'espion Almereyda venait de périr en prison, et l'affaire Malvy s'annonçait : nos politiciens essayaient d'y entraîner la classe onvrière.

H LE PRÉSIDENT Vtt»Oti

<ïe répression soictates. L'essorîndastriet développé par ]a guerre a donné trop d'importance à toim les ouvriers de métier ponr qne leurs corps d'étM n'y trouvent point avantage et avancement médiat et immédiat.

Cette valeur nouvelle a commencé par leur assurer d'abord la vie sauve : il' a fallu les préserver, les garder, les mettre à l'abri dans l'usine, dan» la mine et dans l'atelier ponr permettre aux combattants de défendre le territoire eomme il fallait. II a fallu en môme temps leur attribuer des salaires rémunérateurs. Il a fallu etiRn leur accorder dans l'exercioe de leur métier soit des prérogmtivea nouvelles, Soit un usage plus étendu des prérogatives anciennes : l'institution et la reconnaissance des délégués d'ateliers est un signe entre bien d'autres de ces progrès d'organisation sociale qui fortifient et tempèrent l'autorité des employeurs en la limitant et en l'éolairaot.

Dans cette voie professionnelle, il semble que la nécessité générale et les intérêts particuliers des travailleurs aillent souvent de pair : plus l'ouvrier collaboreraàrefFort delà guerre, plus il développera sa situation, et je vois bien qu'inversement cette condition développée lui permettra d'être un auxiliaire plus efficace dans la défense de la patrie. Les deux causes sont liées très étroitement. Qu'il y ait des heurta de détail et des désaccords aocidentelsr c'est !a vie. D'ensemble, de haut et de loin, la concordance emporte tout ; chacun. Etat, patrons, ouvriers, soldats, simples citoyens, enfm tout le monde a intérêt à ce que le sentiment de l'intérêt commun domine et règle les conflits éventuels.

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