UN BON PORTRAIT DE M WILSON
JO décembre 1917.
II faut lire le livre très beaa, très riche et très net que M. Daniel Halévy vient de publier à la librairie Payot sur le président Wilson.
M. Daniel Halévy, voilà quelque vingt-cinq ans, fut le premier à rectifier quelques préjugés intéressés que des anarchistes essayaient d'accréditer en France sur Nietzsche. Sa rectification porte aujourd'hui sur une image trop mystique, et trop idéaliste, que l'on DOUB a faite de M. Woodrow Wilson, Cette dernière image a été, en partie, et provisoirement, adoptée en France malgré les sages et heureux pronostics de Jacques Bainville. Les mandements de M, Wilson et quelques articles de son programme primitif contraignirent, ou peu s'en fallut, à cette erreur. Mais ceux qui ont vu M. Wilson corriger, modifler, compléter les principes et les conséquences qu'il en tirait au fur et à mesure que son esprit se rapprochait de son objet et avançait dans la connaissance de l'Allemagne, les dociles observateurs, les lecteurs attentifs ont peu à peu discerné le réalisme de Wilson tel qu'il se montre et s'accentue d'une pièce à l'autre, au désespoir des socialisants cosmopolites et philoboches. Nous n'avons eu pour notre part, qu'à revenir au Woodrow Wilson entrevu il y a quatre ans aux, derniers feuillets de la préface de mon Kiel et Tanger; il y est salué comme un nouveau docteur de r«atorité personnelle, de l'ordre incarné et vivant.