INVENTIONS ET EXPÉRIENCES COUTEUSES
Nous ne partageons pas toutes les idées de son biographe. Notammentsurlelcantismede M. Wilson, qui ne me paraît pas douteux, et dont le fait ae concilie fort bien avec d'autres idées plus justes. Mais je voudrais dire surtout que l'auteur de cette exceK lente et loyale étude de ce que l'on nomme • la démocratie américaine » se fait, je crois, des illusions sur le pouvoir de l'invention en matière d'organisation sociale et politique. Pour souscrire complètement à ses idées, il faudrait n'être d'aucun temps, d'aucun pays et ne pas sentir que les brillantes expériences sociales et politiques sont exécutées sur la chair de millions et de millions de malheureux vivants, nos ■ concitoyens, nos proches et nos amis. Il ne s'agit pas d'inventer des solutions brillantes, mais de poser le problème par rapport à eux et aux enfants de leurs enfants, je veux dire avec une économie si prudente qu'elle doit aller jusqu'à l'avarice.
Un Napoléon dit : c J'ai cent mille hommes de rente. » C'est un bel inventeur. Un Bourbon, deux Bourbons, trois Bourbons (ils s'appellent Louis XVIII, Charles X et Louis Philippe), régnent trente-trois ans et, au milieu des pires difficultés, ne font pas une gronde guerre. Avant eux, après eux, les empires et les républiques devaient faire et perdre leurs guerres. Eux, non. Ils n'inventaient pas. Ils se moquaient d'inventer. Ils suivaient la politique nationale et paternelle de leurs aïeux.