‹ Les trois aspects du président Wilson: la neutralité, l'intervention, lChapitre 50 sur 132 · UNE ODE AU PASSÉ ET AUX MORTS · texte numérisé non relu

UNE ODE AU PASSÉ ET AUX MORTS

Disons d'abord ce qu'il faut dire. Nous avons affaire à un magnifique discours, dont la beauté est ennoblie et sublimée encore par un sentiment vif, ardent, profond, communicatif, religieux de la tradition virginienne.

l>a solennité du début en montrera la puissance d'évocation :

Messieurs du corps diplomatique.

Mes concitoyens,

Je suis heureux de me retrouver avec vous dans le calme de cette retraite, siâge antique de tant de délib6rattona, afla de parler un peu de la grande signification de ce jour de l'indépendance de notre nation. Le lieu est paisible et solitaire. Le tumulte du monde ne trouble plus sa sérénité, comme ce fut le cas aux grandes journées d'antan, lorsque ie général Washington tenait ici conseil avec les hommes qui allaient, d'accord avec lui, créer une nation.

De cette modeste colline, ils découvraient le monde et l'embrassaient dans son entier, ils le voyaient dans la lumière de l'avenir.

Et plus loin, la belle reprise :

Du haut de cette verte colline, nous devrions, nous aussi, pouvoir contempler et comprendre ce monde qui s'étend autour de noua...

MAURRAS — WILSOK 6

LE PRÉSIDENT WILSpN.

Çqfftme çût dit hq'w poète Auguste AoseUier, peU 09t projet^ f d^ns I4 lumière antique f ; eela f^it songer à l'oracle dont pftrie Kiistel ^^ Coi^langpa. (sonseilUnt au« cîto.veiis en p^nl 4e placer leurs délibèr^fions le pli^a près possible di) pQpseil et de la sagesse dw plus nombreux : ^Is compriment que cela signifiât le voisinage et l'inspiration de leurs Morts-.- Si toute la Cité antique reposa sur le cimetière, il faut SR rflntlrâ compte que la cité moderne n^ saurait trouver en un autre lieu des fondements solides. Tel était l'avis du dornier grand philosophe français, qui n'ept pus M. Pergson, mais Attguste Comte- Tel est le sentiment vécu et pratiqué pSF le philosophe qui gouverne lu plus modepfie et le plus vaste Etat de l'univers.

Il va demander à la tombe de Washington et, comme il dit en termes d'une poésie rare, è. « l'atmosphère du lieu > cette chaude lumière issue du respect du passé, sans laquelle on voit petit et l'on na coBÇfiit rien de grand.

TROt^ CONTRASTES

Cela posé, le lecteur attentif de ces éloquentes paroles éprouve en avançant dans le texte lé sentiment extrêmement yif 4^9 contraste^ qui éclatent tour & tour et qui se précisent de plus ea plus :

1* Contraste entre ce ton rituel traditionnel et la thèse de révolution, de * révolte », de rupture avec le passé, qui y est proj^ssét; à, çert^nes ligne^;

2" Contraste entre cette dernière thèse, toute révolutionnaire, toute en défi aux auto{4tés, aux gouvernements personnels, et la très tff^u^ ftti^rité, )f; jj;our

ML.COOJ^IC

LA TR^ITION AMÉRICAINE 67

yernfiment trèg fqrt, très yigpiireux et très personnel exercé par M, Woodrow Wilgon. pt npn Sflulemeiit exercé, ce dçat l'Entente n'a qu'à se louer, mai^ avoué et défini par lui, cp dont le genre humain le bénira quelque jour;

3° Contraste entré \^ thèse di; révolution libérale, de ï révolte » gystémf^tjque, identifiée  rhi;^toira même de l'Amérique, et cette énornie autorité spirituelle de M. WpQdrow Wilson, considéré comnie docteur et comme pape ^es peuples alliée- Sous ce nom, sous ce qi^ître, pn tente d'écraser, d'ensevelir en fait, sinon en principe, toute liberté d'^npréoîer, de raisonner, de penser, comme il est aisé de le voir en quvrapt les j(:>^^nauf socialistes qni, pauvres d'arguments, en reviennent toujours à cetfp autorité abusive, abusivement invoquée:-M. Wilson, M. Wilson...

Entraînés depuis de longs siècles à l'exercice de l'aiialTse et de la critique rationnelle, les l^'rançais ne peuvent pas voir sans mal^se ui)e cpn^u^ipi) pareille du pouvoir 8)jiri(uel et 4^1 pouvoirs politi(jues.

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