AU PAIT PAR LE DROIT
25 novemb/* 1918,
C'est au cri de Justice! Justice! qu'il faudra acclamer le président Wilson à aon arrivée en Europe.
Nous ne croyons pas, nous n'avons jamais cru, en ce qui nous concerne, à l'opposition radicale, à la contradiction intime et directe des diverses idées sur lesquelles le genre humain a vécu. On peut très bien vouloir le Salut public et ne rien enlever à l'idée de Justice, on peut être un ardent sectateur de l'Ordre public sans rien vouloir envier d la notion de la Vérité, tout au contraire I Le cas est fréquent où le soin des intérêts les plus généraux de l'Homme concorde point par point avec les préoccupations du patriotisme concret.
Nous en sommes lâ,en ce qui concerne la guerre. Nous pouvons généraliser hardiment. Nous pouvons élever les questions à leurs termes les plus indépendants et les plus exempts de toutes servitudes françaises. Nous pouvons en traiter comme s'il s'agissait de Hurons ou de Patagons : de toute façon, les principes restent avec nous et militent pour nous. Un dommage gratuit nous a été^fail. On nous a attaqués. On nous a envahis, nous n'avons aucune responsabilité ni gfhinde ni petite dans les afireux dommages qui nous ont été faits. Il faut réparer ce dommage. Que'la France ffoit grande ou petite, bonne on maavaise et digne ea elle-même d'estime on (f aTersiontc
ces modalités ne font rieii & l'affaire : on nous doit, OQ doit nous payer.
Sans quoi, ayant été lésés, nous resterons endommagés et le dommage immense ne aéra pas réparé, ce qui fera une offense flagrante au i droit > dont on nous annonçait sur tous les tons le règne ! Non par au nom du patriotisme, mais au nom du Droit, non pas au nom de la France martyre, mais au nom de l'Humanité offensée, nous demandons ce qui est demandé dans tous les cas dos particuliers molestés.
Dans l'ancien droit public ^e l'Europe, il était reconnu que la guerre payait ceux qui avaient eu la peine et fait l'effort d'en dicter la fin. On veut imaginer des principes plus jeunes, des lois d'une tradition plus «écente. On veut porter l'argument flaal devant un tribunal international où l'idée de puissance sera sacriQée à l'idée de justice. Ce nouveau système ne touche en rien au fond des choses, n'y ajoute rien, n'en retranche rien.
Au lieu de réclamer aux AHcmands en tant que notre vaincu de juillet-novembre 1918, il s'agira de faire rendre gorge au demi-vainqueur d'août 1914juillet 1V18, et cela reviendra abSolumeiTt au môme. Par quelque bout qu'on l'entame, de quelque instance militaire ou judiciaire qu'on le poursuive, que l'iin parle paix de justice ou paix de puissance, le résultat ne change poinb La situation matérielle et la situation morale contiennent les mêmes ai^antages pour nous.
Soyons aussi 'ardents, aussi énergiques, aussi sages que nos ennemis: ils ont joué des principes démocratiques et de l'évangile de M. WilBon pour