‹ Les trois aspects du président Wilson: la neutralité, l'intervention, lChapitre 81 sur 132 · M. WILSON ET LE PAPE · texte numérisé non relu

M. WILSON ET LE PAPE

ronce, mais auquel il sera très sage de proposer une DOUveUe alliance religieuse sur le modèle que notre Auguste Comte a déjà rêvé » ; mais en formulant nos souhaits, nous ne pouvions nous aveugler : il existe des vœux contraires, quelquefois animés d'une véritable passion. Eh ! bien, souhaitons cette fois que la passion se calme et que le fanatisme ne se mêle de rien. M. Woodrow Wilson agit en sage de la Grèce, M. Jean Carrère met cet acte en vers dans le Temps : attendons, espérons les meilleurs effets possibles de cet exemple de sagesse et de la musique qui l'accompagne. Tout irait tellement mieux en Europe si des idées qui veulent examen et réflexion, étaient traitées en idées pures et non violentées à coupa d'adjectifa qualificatifs!

— Mais ne voyez-vous pas que la cause alliée va être desservie auprès de M. Wilson par le Vatican?

— Dans ce cas, ce serait que les Alliés se seraient bien mal servis auprès de lui. Montrez à M. Wilson tout ce qui doit lui être montré, instruisez-le de ce qu'il doit savoir, pénétrez-le du sentiment, des vérités qui nous animent et nous transportent. Il sera armé et équipé pour déposer entre les mains du pape les arguments de fait que le pape ignore peut-être et ainsi il l'amènera, si toutefois un tel voyage n'est point superflu, au point de vue des Alliés qui y gagneront comme nous.

Bref, là comme ailleurs, c'est la méthode positive qu'il Importe d'appliquer et de fidre appliquer. Des contradictions discourtoises, des polémiques venimeuses nuiraient surtout à nous. Rien n'empêche d'être inflexible sur les intérêts vitaux de la France.

Nous le sommes ici. Nous exigeons tout notre dû. Cela empôohe-t-il d'examiner lea objections qu'on nous prépare ? Cela oblige-t-il à noua créer de nouvaux ennemis? Non, non, causez, causons, faisons causer. Recueillons l'avis, le conseil de chacun. Ce sera le moyeu d'avoir la paix désirable. En voit-on an autre? Pas moi.

15 ddccmbre I91S.

Assis, dans le iandau présidentiel, face aux troupejB . qui présentaient les armes et face au peuple qui lui offrait une indescriptible ovation, M. le président Wilson a fait hier matin une entrée glorieuse et qui ne sortira d'aucude mémoire. L'histoire morale de cette grande journée se décompose ensuite en deux actes : les discours de l'Elysée, l'ambassade Renaudel.

M. Renaudel est un homme peu intelligent, se disant mandataire d'un parti qui ne lui a même pas 'renouvelé le mandat illégal de 1914. Porteur d'un papfer couvert d'idées absurdes, il a lourdement essayé d'établir l'importance de sa personne et de sa fonction. Il a iostitué un fastidieux parallèle entre les thèmes wilsoniens et les thèses de son parti. M. Wilson lui a répOD du poliment qu'il « ne suffisait pas rd'établir des principes >, il fallait trouver les voies de réalisation.

Cette substantielle et topique réponse confirmait le pronostic donné la veille par Pierre Veher : « Le présidenta ses directives, il ne s'y tiendra pas obstinément s'il les juge mauvaises. *

Et le rédacteur du New-York Herald disait plus loin :

En ce moment, .la propagande allemande veut s'appuyer sur les déclarations que U. Wilson fît en dëoem'

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brel9i6; elle espère ainsi modifier l'état d'esprit du Congrès; c'est une manœuvre bien médiocre.

Depuis cette date, la religion humanitaire du président a été éclairée; si ses principes sont restés les mêmes, leur application a pu se modifier à mesure que des renseignements plus précis parvenaient & la Maison-Blanche.

Lorsque le président Wilson aura considéré de près les infamies et les forfaits allemands en territoire belge et français, chacun pourra voir' ■ si ces principes n'ont pas évolué depuis décembre 1916 >.

Ce coup droit porté à la propagande allemande s'applique évidemment à la propagande de ceux qui estiment leur pays < lié » par la gratitude et l'houneur à toute syllabe de tout article de ce programme wilsonien, dont l'évolution fut si . bienfaisante ! , M. Gauvain est l'un des doctrinaires qui veulent ainsi nous « lier *. M. Pierre Renaudel en est un autre. On n'est pas étonné de les trouver ensemble et les deux font la pure : ce serait pour le malheur de leur pays, si les destinées de la France ne passaient haut, très haut, par dessus de telles misères I

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