A PARIS
amours-propres personnels ou des entêtements d'école et de doctrine? Non, mais le sentiment dés intérêts les plus généraux de l'Amérique et de la France auxquels les intérêts du genre humain sont présentement suspendus -
Il ne sera donc pas nécessaire de nous presser sur les pas de M. Wilson pour lui crier < Justice >, pour lui demander •: Justice pour la patrie >. Ce vœu national a été présenté avec clarté et fermeté aupré- ' sident de la République américaine par le président de la République française. Nous en avons placé l'essentiel À la manchette de l'Action française*, tioua l'avons fait suivre de la réponse donnée par l'hôte de la France. Celle-ci énonce, immédiatement, explicitement, sans autre forme d'examen, une première série d'assurances dans l'ordre moral. Elle promet
1. Le'PrÉsident Poincarè au Président Wilson : ■ ... Votre noble conscience prononcera sur ces forfaits < S'ils restaient sans sanclion et s'ils pouvaient se renouveler, les plus belles victoires seraient vaines. Monsieur le Préiàident, la France a lutté, patienté, peiné pendant quatre longues années...
> Ce n'est pas pour être exposée à des recommencements d'agreasion qu'elle s'est résignée à tant de sacrifices. Ce n'est pas non plus pour laisser des oj'iminels inipunis relever la tête et préparer de nouveaux assassinats que, sous votre forte impulsion, l'Amérique s'est armée et a travei-sé l'Océan. •
Le Président Wilson au Président Poincarè :
" J'apprécie comme vous. Monsieur le l'iésident, la nécessité de. prendre, en décidant des résultai de la guerre, des mesures telles que, non seulement ces aotes'de terreur et de spoliation seront flétris, mais que l'humanité entière restera avertie qu'aucun peuple ne pourra oser de pareils outrages 'i certitude d'un juste châtiment, ■
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au peuple coupable un châtiment. Cette sanotioo €n suppose une autre : si le oriminel est ' puni, rinnocent dépouillé et meurtri sera dédommagé, et des garanties effectives le mettront i l'abri de tout retour d'épreuves qui seraient désormais Insoutenables.
M. Woodrow Wilson destine A c l'humanité en général » la sécurité et la liberté de la vie. M. Poincaré requiert pour la France, pour l'Amérique, pour tous les Alliés ■ le mutuel appui dont nons avoos ' besoin les uns et les autres pour faire prévaloir nos droits ». On peut entrevoir en effet dans l'avenue des siècles la perspective d'un ordre nouveau. Cet ordre ne se réalisera qu'au moyen de précautions fortes, souscrites, combinées, épaulées par tous. L'orateur de la Feance y a insisté avec force, et il a "bien raison! Noua n'avons pas le droit de faire danser nos fantaisies sur un million cinq cent mille tombeaux que la guerre a ouverts sut la terre française. Nous n'avons pas !e droit d'oublier que ces tombes ont été creusées par l'esprit d'illu,sion, d'utopie, de chimère; si elles avaient eu le sens de la réa-. lité; les générations et, comme on dit, les c classes > qui grandirent sur notre .sol durant vingt ans pour . cette hécatombe seraient encore pleines de vie parmi nous. Si leur deuil ne nous apprenait pas là prudence et la réflexion, à quelles enchères - sanglantes devrait être achetée la future sagesse?
La réponse de M. WiUon a été naturellement imprégnée d'un état d'esprit un peu différent. En- admirer l'idéalisme serait insuffisant. Le fait est que la généreuse et vaste conception du président américain
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a'eatdéreloppéesurune terre lointaine: cette terre semble parfois n'avoir pris Ba part des oiauz de la guerre que parce qu'elle l'a bien voula, la pensée de M, Woodrow Wileoii a bénéficié d'un semblant de liberté et d'immunité par rapport aux menacée du gérmaniBme. Mais cette pensée est trop nette et trop directe pour se laisser décevoiP à des apparences. Li'homme civiliflé et cultivé d'outre-mer était-il à l'abri de ce germanisme qui menaçait tout, l'ouest américain, le Bud brésilien, l'ensemble des races humaines? M. Woodrow Wilson n'a pas cédé au seul penchant pliilosophique lorsqu'il a universalisé le problème, il l'a vu et posé absolument tel qu'il était. L'Allemagne aspirait & la domination de la terre, c'est la terre entière que M, Wilson a voulu libérer.