‹ Les trois aspects du président Wilson: la neutralité, l'intervention, lChapitre 95 sur 132 · M. WILSON AU SÉNAT · texte numérisé non relu

M. WILSON AU SÉNAT

21 janTier 1919.

Nous ne regrettons pas d'avoir rappelé, l'autre ■ jour, le tour excellent des discours prononcés, pendant la guerre, par M. Antonin Dubost. Décidément, le vieil AUobroge parle bien. Son allocution au président américain dans le déjeuner sénatorial d'hier lui fait honneur ainsi qu'au pays.

. VîsUïlem'ent, M. le président du Sénat a tenu k parler au oom de la France et non d'un régime ou d'un parti exclusifs. Il a marqué la continuité nationale. II s'est, déclaré, avec le Sénat, continuateur d'une < histoire qui compte déjà quinze siècles ». A la bonne heure! Et le c soyez bienvenu, vous et vos idées • ne manquait pas d'allure non plus.

Il a proposé à M. Wilson un autre excellent point de vue, celui de l'Allemagne étemelle qui explique tout, substitué à celui de « l'autooratie > qui n'éclaire rien. Il y a des autocraties pacifiques ; exemple le malheureux tsar Nicolas. Y a-t-il des Gouvernements allemands qui aient laissé la paix au genre humain? Non. Jamais. Au temps de son anarchie la plus sauvage, la plus barbare et bégayante, l'Allemagne était déjà, il y a deux mille ans, la perturbatrice du monde. M. Antonin Dubost, né, je crois, au bord d'une voie romaine du Dauphiné, la définit telle qu'elle est : « race de proie », faisant &a c poussée séculaire i„ il eût pu dire : millénaire, < race qui semble elle-même poussée par quelque obscur.

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quelque ancestral besoin de - migration >. Devant oette race, à courte distance de cette poussée, se trouve placée notre patrie. Telle est sa destinée et sa fatalité. Ce mot, souvent impropre, est ici où il faut. Fondons, établissons un ordre nouveau, soit. Organisons le monde suivant les généreux projets du président Wilson : « Cet ordre nouveau devra toujours s'appuyer sur une force quelconque... Cette force, la France en sera, en définitive, la sentinelle la plus avancée et la plus exposée >.. Que ce nouvel ordre nous libèredu* cauchemar del'invaçiont; mais, pour le moment, près de 1.400.000 Français • viennent encore de donner leur vie i, faute d'être sufiîsamment protégés ! On les protégera? Soit, Et tant mieux. Mais pas d'excès de conQanee : voici que, pour une part de l'Europe, à la guerre étrangère succède l'anarchie, c'est-à-dire t la haine et la discorde > et toujours les coups. Ce que nous voyons doit nous rendre prodigues et hardis dans la multiplication des défenses.

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