ACTE PREMIER
ISABELLE, très-aimab'.e.
Je suppose, monsieur, que vous faites partie du cercle de mon mari, puisque c'est en sortant de là qu'il a pris votre chapeau !
SYLVnSTP.E, étonné.
Gomment, c'est...
DUPRAILLON, Tivement.
Certainement, ma bonne amie, cerlainemcnl. (bo* i Sylvestre.! ne me démentez pas, je vous en supj.lie !
SYLVESTRE, étonné, à part.
Il ne veut pas qu'on sache qu'il a éié chez Clerbois... Qu'estce que cela signitie ?
ISABELLE
Charmant cercle, monsieur, où l'on no rencontre que des gens d'esprit, des littérateurs, des prêtes... N'est-ce pas, monsieur?
DUPRAILLON, suppliant, bas à Sylvestre.
Dites oui !
SYLVESTRE, ahuri.
Des poêles, en effet, madame.
ISABELLE, à part.
Il a tressailli! comment m'assurer? (uaut.) J'ai connu plusieurs familles Durand, monsieur.
DUPRAILLON, à part.
Quel supplice!
SYLVESTRE
Ah! VOUS avez... (a part.) Quelle drôle de conversation! (iiaut.) Et moi aussi, madame.
ISABELLE
Naturellement.
SYLVESTRE, à part.
Pourquoi ça, nalurellemcul?
DUPRAILLON, Tivement.
Ma chère amie, il esi...
ISABELLE, faisant signe à DupraiUon de se tnire.
Mais pardon, monsieur, serait-il indiscret de vous demander quel ei votre prénom? ^
SYLVESTRE
Mon petit nom! du tout, madame: Eugène... Eugène Sylvestre... pour vous servir!
ISABELLE, à part.
CVst lui! Eup:ène-Sylvosirc Durand! Ali! il n'y a que les poclos pour avoir de ces noins-là! (EKut.) Goniaîiil, c'est \ous!
SYLVESTRE
Oui, madame, c'est moi!...
Ah! monsieur, je bénis l'Iicurcux hasard qui m'a fait fuire
votre connaissance;
SYLVESTRE
C'est moi, madame, qui... (a pari.) Elle a une convers ilion décousue, mais c'est une chinnanie femme!
ISABELLE
Vraiment, je ne pourrais vous exprimer le plaisir que -'ai eu ce iiialid à parcourir votre livre!
SYLVESTRE, snluant.
Oh! nn lame, vous me flallez ! (a part.) C'est ma femme qui va clrj éto inée d'-ip^irendre le succès de mon Irai lé!
DUPRAILLON.
M> bonne nmie, la conver.-^ntion si charmante de monsieur vous fait oublier que nous abusons sans doute...
s Y LVESTRE.
Mais, du tout...
DUPRAILLON.
Le icmps de monsieur esi pn-cieux, et comme Adolphe ne revient pas, il est prob ible q-i'il aiirnd monsieur chez lui !
ISABELLE
Mon mari a raison, et je vous demande mille fois pardon; mais j'ai si rarement l'occasion de causer a>cc un homme d'c>prit.
DUPRAILLON, à pTt.
Eh bi( n, merci !
Vous me comblez, mada-in- !
Adieu, nio-isicur.
fl V L V I.^ TRE,
Adieu, madame.