‹ Les trois chapeaux; comédie en trois actesChapitre 28 sur 59 · SCÈNE XVI DUPRAILLON, BAPTISTE · texte numérisé non relu

SCÈNE XVI DUPRAILLON, BAPTISTE

DUPRAILLON, à lui, eu se promenant.

Sacrifier Adolphe! jamais!... Baptiste...

BAPTISTE, qui est entré depuis un instant.

Monsieur.

DUPRAILLON.

Rendez la carte à ce monsieur... qu'il s'adresse autre partf... et apportez-moi mon chapeau de feutre !

BAPTISTE , à lui-même.

Pauvre demoiselle!

II sort.

DUPRAILLON.

Voyons... je cours rue Pigalle, 7, chez ce spidassin... ce tigre de Durand! Qui aurait cru ça d'un poëte ! (criant.) Baptiste, mon chapeau de feutre!

BAPTISTE

Voilà, monsieur! (ll lui donne un chapeau de feutre blanc.) VoUS ne

savez pas quand monsieur Adolphe rentrera... Un commissionnaire vient d'apporter une lellre pressée pour lui; c'est d'une jeune lille, a-t-il dit. ___^

DUPRAILLON.

Une lettre, donne!

BAPTISTE, à part.

C'est d'une gantière de la me de Trévis\

DUPRAILLON, à lui-même.

M. Adolphe Témidart... c'c^i pour Adolphe! (se ressoavemnt. } Mais j'ai donné son nom pou- le mien, celte nuit!... Si c'était

3i LES TROIS CHAPEAUX

pour moi! (il hésite à ouvrir. ) Ma foi ! il m"a sauvé la vie^.. Je puis bien... (il l'ouvre.) Ah! gra .d Dieu! (Usant.) t Je conn.'iis » la ca ise de mon indisposiiion... Des liens sacres e.xistcronl » bicnlôl enlre nous. Aii! j'en suis hirn heureuse, mon ami, » car je vous sais trop honnôic homme pour craindre un seul in- » slani que vous ne fassiez pas voire devoir... » (aux aboU.) Commonl! mon devoir... des liens sacrés... celle nuit... mais c'esl impossible. . . c'est du chantage. ^Reprenant) « Arrivez au reçu » de ma lettre, je vous ailen<ls. » Signé: A. Amanda ! (Accablé.) Eh... c'est complet! Elle m'atiPiid, elle m'a birn dit qu'el'e dnmeurait rue L^fayette... mais quel numéro?... et la rue Lafcivelle esi longue... Allons, il n'y a pas à hésiter... si je ^arde elle est capable de venir me relancrr ici ! X^

Il prend des billets de banque dans un tiroir et les met dans sa poche. BAPTISTE, A lui même.

Qu'est-ce qui se passe encore?

DUPRA I L LON , arpentant le théAire et cherchant autour de lui. — Baptiste le suit m.ichinalement.

Je vais d'abord rue Pigalle, ci ez Amanda... porter mr-s excuses... cl chez Durand, rue Lafayeile, lui faire comprendre luil n'est pas possible que, celte nuit... Baptiste I... Mon chapeau !

BAPTISTE, ahuri.

Monsieur, je le Chordie. . (L'a^iercovant sur la tète de DupraiUon.)

Mais monsieur en est coifté !

DUPRAILLON, très-vite.

Ah oui !... Un chapeau sur le dos... un duel sur latcler.Tune frmme sur les bras... ei une carie au fond... il y a de quoi la perdre!

BAPTISTE

La carte?

DU Pn A ILLON.

Non, la tôte!

BAPTISTE

Monsieur la retrouvera !

DUPRAILLON,

La carte ?

Non. la Icmmel

BAPTISTE

DUPRAILLON.

Tu m'ennuies!... va-l-en au diable! Ah! quelle journ<'c!. sacrebleu, quelle journée !

Il sort CD courant par le food.

BAPTISTE

El moi qui me croyais dans une m lison Iranquillc l

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