‹ Les trois chapeaux; comédie en trois actesChapitre 52 sur 59 · ADOLPHE, BAPTISTE · texte numérisé non relu

ADOLPHE, BAPTISTE

Adolphe est assis à gaache; Biptiste est debout de l'autre côté du bureau; ils ont chacun une épée à la main qu'ils frottent avec du papier d'émeri.

ADOLPHE

Ainsi, Baplisie, tu as bien retenu mes instructions... S'il m'arrive malheur, tu partiras pour Blanc-Misseron, et tu remettras à ma vieille tante la lettre dont je t'ai chargé pour elle... C'est la seule parente qui me reste, mon ami... c'est elle qui m'a tenu lieu de famille!. ..Tu la verras. ..Elle n'est pas belle, loin de là, oi elle te recevra sans doute irès-mal, car elle a le plus vilain caraciôre... Mais c'est égal, di>-lui que ma dernière pensée a été pour elle... ça lui fera toujours nlaisir!...

BAPTISTE

Bien, monsieur Adolphe. (Apnrt, s'essuyant les yeux.) Pauvre garçon !

Ah!... Tu iras voir aussi mon vieux professeur, monsieur Courtevue; c'est lui qui m'a appris tout ce que je sais... il ne m'a pas appris grand'chose, par exemple... mais, en revanche, il m'a

beaucoup baltu!... Ça n'cmpôche!... Dis-lui aussi que ma dernière pensée a éié pour lui... Il verra que je no suis pas un ingrat!

BAPTISTE

Bien, monsieur Adolphe '

ADOLPHE

Enfin... passe deux ou trois jours à Blanc-Misseron, et dis à tous ceux qui le parleront de moi : (S'nttendrissani.) Sa dernière pensée a èl6 pour vous!... (lommo ça, il n'y aura pas de jaloux.

BAPTISTE, pleurant.

Voyons, monsieur Adolphe, ne dites pas des choses comme ça, ou je vais recommoncor à phurer!

ADOLPHE, sp levant.

Recommencer!... Tu as donc déjà pleuré?

BAPTISTE

Je crois bien... Quand le marchand m'a montre ces deux épécs, je n'ai pu m'cmpccher de penser que l'une d'elles était destinée à vous traverser, et alors, vous comprenez...

ADOLPHE, frissonnant.

Eh bien, merci!...

BAPTIST E.

Ah! il ne faut pas m*en vouloir, monsieur Adolphe; c'est un pressentiment... ça ne trompe jamais, mais ça ne se commande pas !

ADOLPHE. ■>

Très-bien... Mais, une aulro fois... je te dispense...

BAPTISTE

Même que le marchand a U\chomcnt abusé do ce que les larmes m'aveuglaient pour me fourrer ces deux vieilles épées!

ADOLPHE

Si vieilles en effet que jo rononci' ù les dérouiller... cl que je vais en acheter d'autres. Si les témoins de mon adversaire viennent, prie-les d'attendre, je reviens à rinslanl!.,,

BAPTISTE

Soyez tranquille, monsieur.

ADOLPHE, sur \o point de sorlir.

Monsieur Dupraillon n'est pas encore rentré?...

BAPT ISTE

Non. monsieur.rr

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