ACTE PREMIER
l'adresse.) A monsieur Durand, en ville, (a Baptiste.) 11 n'est venu personne pour moi?
BAPTISTE
Non, monsieur, non... (Le regardant.) Ah! mon Dieu ! qu'avezvous donc, monsieur?
DUPRAILLON.
Quoi
BAPTISTE
Vous avez la figure toute défaite!
DUPRAILLON.
Vr?imcnl! (a part.) Ce n'est pas étonnant, après une pareille nuiil
BAPTISTE
G'cst-à-dire que si je ne connaissais pas monsieur, je dirais qu'il a profité de l'absence de madame pour faire la noce.
DUPRAILLON.
Monsieur Baptiste !
Non... je dis : « Je dirais », mais... je ne dis pas.
DUPRA ILLON.
A la bonne heure! (a part.) Ce Baptiste est parfois d'une familiarité... 11 est vrai que je suis son parrain... mais il est bon de
le remettre quelquefois à sa place, (a Baptiste, voyant la fenêtre ou-
Tertp.) Ah çk ! es-tu fou de lai-ser cette fenêtre ouverte !
BAPTISTE
Pardon, monsieur; c'était pour la fumée (se reprenant.) du poêle, monsieur, du poêle!
DUPRAILLON.
Va me chercher mon bonnet grec.
BAPTISTE
Bien, monsieur.
Il entre chez Duprailloa.
DUPRAILLON, allant à la glace.
Il a raison, ma foi... j'ai bien la plus mauvaise mine... Pourvu que ma femme...
BAPTISTE, entrant.
\oici votre bonnet, monsieur. (Riant bêtement.) Hé... hé...
DUPRAILLON.
Qu'est-ce qui te fait rire?
BAPTISTE
Monsieur a voulu dissimuler avnc moi... mais j'avais bien dit... monsieur a profité de rabsonco de madame pour...
DUPRAILLON.
Encore!
BAPTISTE
Le lit de monsieur n'est pas dt'laill
DUPRAILLON, è part.
Maladroit! (naut.) Parbleu, j'ai souffert toute la nuit d'une rage de dénis.
BAPTISTE
Alors il a plu dans la clnmbre de monsieur, car les effets de monsieur sont tout fraîchement mouillés I
DUPRAILLON, à part.
Je suis pris.
BAPTISTE
Oh! monsieur, c'est bien mal: tromper ainsi madame, une si belle femme...
DUPRAILLON.
Qu'est-ce que c'est? (a pnn.) E'i, parbleu... suis-je assez naïf! (Lui donnant un louis.) Tcncz, voilà qui VOUS rappellera quc le silence est d'or!
BAPTnISTE, mpttnnt la picce en poche.
Gardez votre argent, monsionr... Je vous blâme, mais je ne dirai rien à madame... L'-s hommes doivent se soutenir entre eux!
DUPRAILLON.
C'est bien!
Oui, monsieur... les...
DUPRAILLON.
Assez, vous dis-je... ou je vous chasse.
BAPTISTE
Je me lais, (a pan.) Comme voilà bien le monde... C'est lo maître qui fait les bôtiscs, cl c'est le pauvc domestique qui reçoit la bourre. (Haut.) Ah! voici monsieur Adolphe I