SCÈNE IV DUPRAILLON, ADOLPHE
DUPRAILLON.
Assf^yons-nous et dcoutezmoi !
ADOLPHE, à part, étouffant un biîillement.
Ça va être gai!...
Ils s'asseyent sur la causeuse.
DUPRAILLON.
Adolphe, nous ne sommes nbis des étrangers l'un pour l'autre... Vous m'avez sauvé la vie, et je ne l'oublierai jamais.
ADOLPHE
Ne parlons plus de cela, je vous en prie!
DUPRAILLON.
Mais, comme noblesse; reconnaissance oblige, et je me croi*
rais coiipablfi si je vous mén.igeais les marques de ma confiance, cl si je chargeais un aulre que vous de h drlicale mission dont je vais vous enirelenir. (Lui prenant les mains ) Vous comprenez bien cela, n'est-ce pas, mou ami... Vous Clcs hourcusemenl de ces natures d'élite auxquelles nulle délicatesse n'échappe.
ADOLPHE
Je comprends cela, (ui serrant la main.) Mcrci. (a part.) Dcpuis que je lui ai sauvé la vie, c'est lou< les jours des corvées nouvelles...
DUPRAILLON, après sToir regardé autour de lui.
Mon ami, cette nuit j'ai déraillé!
Vous avez été en chemin de fer?
DUPRAILLON, à lui-même.
Adorable naïveté! (Haut.) Hélas ! non, c'est sur le chemin de la vertu que j'ai déraillé?
ADOLPHE, Tive-nent, et se rapprochant.
Vous! Ah bah! Raconlcz-moi donc ça...avccdes détails.
DUPRAILLON.
Vous savez que je dînais hier chez Clcrbois... mon meilleur ami... après vous. U a une si bonne cave! Aussi, je Taime beaucoup... Clerbois... et sa cave au<si! En sortant de chez lui, o\ï le c'iuer s'était prolongé assez lard, j'éiais un peu... vous comprenez ?
ADOLPHE, avec un geste.
Oui... un peu.
DUPRAILLON.
C'est cela, (a part.) U c>\. tré— inlelligcnl. (Haut.) Je descendais les Champs-Elysées tout en sirtlolant, quand je vois s'approcher de moi la plus ravissante créalure, qui me dit d'un air tout • mbarrassé : Mon Dieu, monsieur, vous me paraissez si honnête et si bon, que je prends la lib né de m'adrcsser à vous pour vous demander un service.
ADOLPHE
Est-ce que vous lui aviez sauvé la vie, qu'elle...?
DUPRAILLON.
Comment...
ADOLpni:.
Non, je veux dire., s'agissail-il de lui sauver la vie?
Du tout! Celle pauvre enfant s'ctaii simi)lemenl égarée, el me priait de lui indiquer son chemin. Ma fui, je sentais le besoin de