ACTE PREMIER
respirer un peu l'air, et comme il était assez difficile de lui expliquer son itinéraire (elle demourait, m'avait-elle dit, rue Lafayette), je lui ofiris de la conduire moi-même jusque-là.
ADOLPHE
Et elle accepta?
DUPRÂILLON.
Après beaucoup d'hésilation... Au bout de cinq minutes, la glace était rompue, nous éiions les meilleurs amis du monde, et comme nous passions devant chez Brébant, l'idée me vint de lui demander si elle avait soupe, et si elle n'accepterait pas... Elle me répondit : Non !
ADOLPHE
Elle refusa?
DUPRAILLON.
Elle me répondit: Non, je n'ai pas soupe!
ADOLPHE
Elle accepta, alors?
DUPRAILLON, après un temps.
Après beaucoup d'hésitation.
ADOLPHE, lui tapant sur le rentre.
Eh! eh!...
DUPRAILLON, se défendant faiblement, et se levant.
Mais du tout, du tout.... C'est une honnête fille... El!e m'a raconté toute son exi-ience... A-t-el e eu assez de malheurs!... Elle devait même se marier il y a un an. Eufi i nous étions là à bavarder... môme qu'elle m'a di mandé mon nom et que je lui ai donne le tien, pour ne pas me comproa)ct:re...
ADOLPHE
Eh bien, dites donc... livrer mon nom en pâture à des filles légères!...
DUPRAILLON.
M'as-tu sauvé la vie, oui ou non.\.. Oui !... Alors je peux bien prendre ton nom!... Bref, nous étions là à bavarder, quand vers cinq heures du matin...
ADOLPHE
Elles élai nt longues, vos histoires!...
DUPRAILLON.
Au moment oii nous sortions, elle se sent prise d^une indisposition subite et s'évanouit.
ADOLPHE
Le Champagne?...
Sans duuio... Désolé de la voir lans cet 6tif, je me pr(5cipile pour aller chercher un m'diîciii. qijand... f»auuras! je manque du [lied la demie' e marche de ro><alier, cl je vais donner lôte baissée dans un groupe de messicuis qui discutaient sur le boulc\ard, à l'entrée du restaurant... « Ivrogne!... ■ dit l'un deux en me re|)0ussanl. Je perds l'équi ibre... mon chapeau tombe... je fais comme mon chipeaîi. . Furieux, je me relève, et, d'uQ mouvement brusque, je jelle le sien par terre 1
ADOLPHE
Ah! bigre! c'est une insulte, ça!
DUPRAILLON.
Il se précipite sur moi... une lutie s'engage... et la scène dégénérait en pugilat, quand j'cnien Is crier : t La police! »
ADOLPOK.
On vous arrête?...
DUPRAILLON.
Oh! non... par exemple !
ADOLPlli:, ù part.
Quel dommage!
DUPRAILLON.
Ce mot m'avait dégrisé, et, en mains d'une seconde, j'avais ramassé mon chapeau et j'étais d'jà loin !... .Mais jugez do mon malheur... c'est le chapeau di n.on adversaire que j'avais pris!
ADOLPHE
Tant mieux pour vous, s'il est plus neuf que le vôtre !
DUPRAILLON.
Mais, malheureux, tu sais l)i''n que depuis qu'on m'en a chipé deux je coMe ma carte au fond de mes chap(>aux. Ce monsieur conniil donc mon nom, mon adresse... Il est eapible do venir me de-nander raison de mon insulte... Ma femme ap[>rend tout, et l'aventure devient tragiipie' Eh bien... c'est ce qu'd faut éviter à tout prix !
Que faire?
DUPRAILLON.
Une seule chose . aller au divini de cette visite... Et c'est ici, mon cher ami, que je vais avoir à mettre voire obligeance à