Scène V M. Martel entre et dit cPune voix grave
Citoyens ! le comité constitutionnel est assemblé ; en ma qualité de secrétaire de ce comité, et par ordre de son président, je vous somme de vous y transporter sans délai, pour délibérer sur des mesures qui ont rapport au salut de la patrie.
i. Win ter.
P. — Ecoutez donc, citoyen M., tâchez donc de voir si, dans votre comité constitutionnel, vous ne pourriez pas trouver moyen de me faire payer un à compte seulement.
M. — Je vous dirai, citoyen Editeur, que nous n'avons aucun fonds quelconque. Nous travaillons et agissons sous la garantie de la 91e résolution, qui nous assure que la prochaine session, ou convention, nous remboursera amplement toutes nos dépenses. Je vous renvoie au texte de la résolution susdite, qui doit être pour nous tout le texte de la loi. D'ailleurs, vous savez par expérience que la législature ne manque jamais à de telles promesses, surtout lorsqu'elles sont faites à ceux qui doivent appuyer ses bévues.
Ils quittent tous V appartement.
P. — Et moi je vous envoie à tous les diables ! Une bande de ba . . . ds qui me tiennent ici depuis deux heures de temps. Allons, finissons ce maudit paragraphe. Tiens, garçon, porte cela tout de suite à l'imprimerie. Hélas ! si quelque mouchard allait rapporter la farce qui vient de se passer à Y Ami du Statu Quoy ce serait bien le reste.
Avouez-le, Monsieur P., en lisant ce que dessus, ne seriez-vous pas tenté de croire qu'il y avait en effet un mouchard parmi vous ? Eh bien, songez-y, et regardezvons sans rire, si vous le pouvez, comme Louis-Philippe et Talleyrand, les plus honnêtes gens d'outre-mer.
Un Ami du Statu Quo^ Québec, 25 avril 1834.