TROISIÈME FOMEDIE DU “STATU QUO
EPITRE DÉDICATOIRE AUX AulS pu STATU QUO
Messieurs,
Le succès d'une première production dû en grande partie à la bonne grâce dont vous savez prendre un badinage et surtout à la grande réputation des acteurs, m’invite à revenir une seconde fois sur la scène dramatique, et à vous dédier en toute humilité un nouvel essai dans le genre de de composition dont vous êtes les inventeurs. Marchant sur vos traces, je ne puis me trouver qu’en bonne route. J'ai la sotte vanité de ne vouloir point vous en céder quant au nombre des compositions,
et de tenter autant de faibles imitations que vous avez produit de chefs-d’œuvre.
Le nombre et l'importance des personnages, qu’à cette fois j'amène sur la scène avec une partie de leur éclat, je m'en flatte, devra heureusement subvenir à ce qui me manque, et me soutenir dans une carrière où il est si difficile de mériter deux fois la palme. Puisse votre patronage, puisse votre bienveillance, qui a éclaté surtout au sujet de ma première pièce, m'être encore favorables, et me faire échapper à la froideur et aux injustes dégoûts, avec lesquels le public a accueilli votre second chef-d'œuvre. Vous me saurez d’ailleurs gré de mes efforts, lorsque vous saurez, qu’informé avec douleur qu’un fâcheux contre-temps aurait troublé votre existence précieuse, je me suis hâté de faire tout ce qui était en moi pour égayer vos chagrins, et dissiper votre mélancolie. Voilà quel est mon but; puissé-je ne le point manquer, et contribuer pour ma part à votre amusement.