‹ Les trois comédies du "Statu quo" 1834 [microforme]Chapitre 30 sur 41 · SCÈNE I · texte numérisé non relu

SCÈNE I

HAMEL—Se promenant seul dans son étude.

— Oh! Oh! que l’honneurest une belle chose !

Qu'il est glorieux d’être homme d'Etat, et de se voir, dans les occasions les plus difficiles, le bras droit et l’aviseur de celui qu gouverne! Voilà pourtant le rang que j'occupe, le poste où je me suis élevé. Ciel! quand j'y pense, je ne me possède plus; le cœur me vole, la tête me tourne. Je doute presque que ce soit une réalité. Toutefois, ne serait-ce qu’un songe ? ne m’abuserais-je pas? Est-il bien vrai que je sois avocat du Roi? Si je rêvais, quel désappointement! Mais non, ce n’est point le cas, je sens bien que jesuis un grand homme. Les grandes idées, les vastes plans, les eaux avis, tout ça roule dans ma tête. Hélas! faut-il qu’une réminiscence importune vienne m'arracher à cette douce rêverie!

Souvenir cruel! barre, admonition, orateur discourtois, que vous me pesez sur le cœur!

Non, non, jamais je ne l'oublierai, cette affaire... Que c'était dur, que c'était humiliant

pour moi!... C'était la première fois qu'on requérait mes services, j'en étais fier, je m'étais piqué d'honneur, je l'avais travaillé nuit et jour, ce funeste avis: et voilà comme la chose est tournée ! Se peut-il que j'aie eu la faiblesse de mesoumettre ? Moi, l’Avocat du Roi, m'être laissé gronder aux yeux du public ! Comment le gouvernement at-il pu se résoudre à laisser souffleter ainsi un de ses premiers officiers ? Plus j'y réfléchis, et plus je me désespère.

Que n’ai-je eu le courage de renvoyer ma commission, de me séparer du monde entier, d'aller m’ensevelir dans mon Isle! Mais non, restons; il faut que je me venge ; il faut que je les calomnie,il faut que je les persécute, ces Patriotes. Les Amis du Sfatu Quo s'assemblent ici ce soir ; je le jure, je me vengerai, je ‘ne venge- Taie

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