‹ Les trois comédies du "Statu quo" 1834 [microforme]Chapitre 36 sur 41 · Que, depuis sa prétendue réforme, le · texte numérisé non relu

Que, depuis sa prétendue réforme, le

Conseil Législatif a renouvelé d’une manière plus alarmante pour les habitants de cette Province, et en particulier dans son adresse à Sa Majesté, en date du premier Avril mil huit cent trente-trois, sa prétention à n’avoir pour mission que de donner de la sécurité à une classe particulière des sujets de Sa Majesté en cette Province, comme ayant des intérêts qui ne pouvaient être suffisamment représentés dans l'Assemblée, dont les sept-huitièmes des Membres, dit-il très erronément, sont d’origine Française et parlant la langue Française; que cette prétention est une violation de la constitution, et est de nature à susciter et à perpétuer entre les diverses classes des habitans de la Province, des méfiances, des distinctions et des animosités nationales, et à donner à une partie du Peuple une supériorité injuste et factice sur l’autre, avec l'espoir de la domination et d’une préférence indue.

Dans l’idée de lord Aylmer, le Conseil législatif n’était constitué que pour la protection de l’élément anglais, à raison de son infériorité numérique dans la Province. Etait-ce une raison pour s’entourer, dans son Conseil exécutif, surtout de ministres d'extraction anglaise? Pourquoi montrer si peu de confiance aux Canadiens français ? N'eût-il pas été plus diplomatique et aussi plus

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sage d’admettre dans son ministère un plus grand nombre des nôtres, choisis parmi les plus capables et les plus influents? La responsabilité ministérielle eût été ainsi partagée entre les deux races dans une proportion plus équitable, et la Province aurait été mieux gouvernée.

20.— Que par cette prétention, le Conseil Législatif, après une réforme donnée comme devant le lier plus étroitement aux intérêts de la colonie, en conformité aux désirs du Parlement, appelle, comme l’un deses premiers actes les préventions et les rigueurs du gouvernement de Sa Majesté sur le peuple de cette Province et sur la Branche Représentative de sa Législature; et que par cette conduite le Conseil Législatif a fait perdre au Peuple ce qu’il lui restait d’espoir de voir le Conseil Législatif agiren harmonie avec la Chambre d'Assemblée

tant que sa constitution reposera sur les bases actuelles.

La nomination des Conseillers étant laissée à la discrétion des gouverneurs, ceux-ci s’occupaient peu de s’assurer si leurs protégés possédaient toutes les qualifications requises. Les hommes qui leur convenaient le mieux étaient ceux qu’ils pouvaient mener et ramener à leur guise.

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