Que les accusations qu'a portées con
tre la Chambre d'Assemblée le Conseil Législatif, recomposé par le Gouverneur en chef actuel, seraient criminelles et séditieuses, si leur nature même n’en détruisait le danger, puisqu'elles vont à dire que si dans sa libéralité et sa justice, le Parlement du Royaume- Uni accordait la mesure que cette Chambre a instamment demandée pour la Province, et qtte dans ce moment solennel, à la suite de l’examen des dépêches du Secrétaire d'Etat pour ie Département Colonial, et à la veille d'Elections générales, elle répète et renouvelle, savoir, un changement dans la constitution du Conseil législatif en le rendant Electif, le résultat de cet acte de justice et de bienveillance serait d'inonder le Pays de sang.
Il est naturel de croire que le Conseil législatif ne voulait pas se suicider, ni accepter de bon cœur le coup de mort que la Chambre d’assemblée voulait lui porter. Cependant, il allait trop loin quand il affirmait que le fait de rendre le Conseil
électif aurait eu pour résultat d’inonder le pays de sang.
30. — Que par sa dite Adresse à Sa Majesté, en date du 1°" Avril dernier, ie Conseil Législatif impute à cette Chambre d’accuser calomnieusement le Représentant du Roi de partia-
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lité et d’injustice dans l'exercice des pouvoirs de sa charge, et de calomnier délibérément les officiers de Sa Majesté, tant civils que militaires, comme une faction combinée portée par l'intérêt seul à lutter pour le soutien d’un gouvernement corrompu, ennemi des droits et contraire aux vœux du Peuple: sur quoi cette Chambre déclare que ses accusations n’ont jamais été calomnieuses, mais sont vraies et fondées, et que le table: 1 fidèle du gouvernement exécutif de cette Province, dans toutes ses parties, se trouve tracé par le Conseil Législatif dans ce passage de son Adresse.
Le gouverneur n’était pas aussi partial qu’on le disait. Qu'il y eut des abus, des malversations dans l’administration, cela sautait aux yeux de tout le monde. Mais le gouverneur, même le mieux disposé à l'égard des Canadiens français, n’était pas capable de mettre un terme à ces abus aussi vite qu'il l’eût désiré. Il ne pouvait, du jour au lendemain, renvoyer d'office quarante ou cinquante fonctionnaires anglais, parce qu’ils étaient Anglais, pour les remplacer par des Canadiens français, et par là donner à chaque nationalité une part portionnelle au nombre dans la distribution du patronage officiel,