Scène VI
CrÊmazi, e7ttra7it tout transporte, — Point tant de gaité, messieurs; tout est au diable, tout est perdu . . .
Les autres, ensemble. — Qu'est-ce? qu'estce?
CrÊmazi. — Tout est découvert, messieurs.
Hamel. — Dites donc, enfin.
CrÉmazi. — Bli bien! d'abord, le sieur Neilson, lui-même, n'a-t-il pas eu la gaucherie d'avouer qu'en effet les patriotes tenaient le porteur et le censeur de nos écrits ! Puis il
publie qu'il ne veut plus de nos écrits Sa
liste de souscription lui tient au cœur.
JOHNNY DuvAL. — Lui, nous trahir ! l'ingrat ! Qui, depuis deux mois, a rempli sa gazette? Son père avait bien raison de dire qu'il ne faut jamais se fier à un Ecossais.
Crêmazi. — Mais ce n'est pas le pis . . . Toi, Roy, qu'as-tu donc fait ? Il paraît qu'ils ont vu sur ton pupitre cette pièce, écrite de ta main, commentant cette phrase : Noîis avouons qu'en cette occasio7i^ M. Papineau a eu tort.
Hamel, s^ adressant à Roy. — Quoi ! cellelà que je t'avais dictée ! En temps et lieu, ce sera le sujet d'une admonition.
JOHXNY DuvAL. — Vous paraissez en avoir un goût tout particulier, M. le président.
CrÉmazi. — Mais vous, M. Hamel ?
Hamel. — Comment, moi ? . . .
CrÊmazi. — Eh ! oui, vous . . . Quel vacarme avez-vous donc fait ici, avant notre arrivée, qu'ils vous ont si bien entendu dans la ruelle? Tout le monde savait déjà qu'on s'assemblait ici, ce soir, avant qu'on y fût rendu. Ils ont apposté des espions, et déjà les procédés de cette veillée-ci sont dans la bouche de tous les patriotes. C'est le sujet de toutes les conversations.
Glackemeyer. — En voilà bien des vôtres, M. le Président ; je vous l'avais ben dit.
JOHNNY DuvAL. — Eh bien! M. le Président, il faudra vous admonéter.
Glackemeyer. — Et c'est justice ! à la prochaine assemblée . . .
Roy. — Mais s'ils allaient en faire une comédie, de tout cela î
Thomas Amiot. — Il ne fait pas bon ici, je m'en vais, moi. S'il fallait être pris en comité, ce serait bien le reste. Au reste, je cours expédier un envoi de certain article dont il paraît qu'il y a une grande demande à Montréal ; je vais faire un joli lucre. Adieu.
JOHNNY DuvAL. — Adieu, aussi, Messieurs ; chat échaudé craint Peau froide . . . Tâchez de vous en bien tirer.
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GlackemryER les stiit en murmurant entre ses dents. — Ah 1 . . . mé, que c'est drôle, mé qu'cé dur d'être du Stattc quo / . . .