VIII LETTRE-PREFACE
rythmique est plus difficile à acquérir, et pour la bien faire goûter il faut avoir l'oreilUe musicale. C'est la sensibilité qui donne la diction expressive.
Mes théories eurent la bonne fortune de vous intéresser, il vous sembla qu'elles valaient la peine d'être développées.
Vous êtes fin diseur... Depuis des années, vous faites valoir à l'étranger les beautés de la langue française ; vous enseignez aux Allemands, aux Hollandais, aux Italiens, comment il faut interpréter Hugo, Lamartine, Musset, Sully-Prudhomme et Verlaine, et si vos conférences font connaître là-bas nos grands poètes nationaux, votre diction savante les fait aimer. Vous instruisez en amusant, et c'est la bonne formule. Je me rendis donc très vite à vos bonnes raisons. Nous causâmes souvent, discutâmes quelquefois, et, page à page, ce livre s'édifia. Nous l'offrons au lecteur en toute modestie. Notre excuse est que nous goûtons éperdument l'art de bien dire, que nous fûmes, de ce fait, pleins de bonnes intentions, et que, si l'on trouve nos idées mauvaises, nous pouvons affirmer du moins qu'elles nous sont chères ! ! !
Georges Berr.