‹ Les trois dictions [par] Georges Berr et Ren© DelbostChapitre 2 sur 91 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

Dans un temps où la grande majorité des écrivains délaisse le vers comme un instrument imparfait, conmie ime gêne dans la course furieuse vers la gloire à tout prix; quand on se défie des poètes dans les rédactions, dans les secrétariats de théâtre, à peu près comme les cyclistes et les chaufi"eurs se défient des gambades libres et des folles courses des enfants qui jouent sur la route blanche, inaccessibles au vertige de ^'itesse dans lequel les passants sont emportés ; alors que les pères du roman moderne se livrent, dans leurs préfaces, à des attaques aussi violentes que dénuées de sens contre la langue qui fut dite celle des dieux et qui maintenant n'est plus suffisante, à ce qu'il parait, pour rendre la surabondance, la complexité et la mobilité de la pensée moderne, il est consolant de savoir que des gens existent encore, à l'àme simple, confiante, qui aiment la poésie d'un amour désintéressé, qui cultivent l'art pour l'art même, voyant eu lui un but et non pas un moyen.

Les gens dont nous parlons, possédés, comme tous les apôtres, de Tardent désir de recruter de nouveaux prosélytes à leur foi, récitent dans leurs familles, dans des assemblées scolaires, dans des réunions publiques, les

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