INTRODUCTION XIX
M. Giiyaii ajoute comme conclusion de ces quelques lia^nes :
« Le langage rythmé du vers constitue ■d©fi€- bien une nnisique, quoique la hauteur des sons n'y varie pas autant que dans la musique habituelle et ne puisse y être notée avec exactitude. »
Nous nous réservons de revenir sur ce dernier ])oint dans un autre chapitre. Il nous suffît pour le moment d'établir l'importance de Télément rythmique dans la diction. Nous appuierons l'opinion d'un savant par un exemple emprunté à l'un des plus grands poètes du siècle et de l'Europe moderne, à Victor Hugo.
Nous ne pensons pas qu'un musicien se soit amusé à uliHser, au cours d'une symphonie ou d'une sonate, toutes les mesures connues et usitées des musiciens; Victor Hugo, grand amateur de tours de force, s'est dit un jour qu'il convenait de faire entrer dans un poème tous les rythmes familiers aux poètes contemporains, depuis le vers de deux pieds jusqu'aux vei-s de douze. Dans ce but, il choisit un thème assez banal, l'illustra avec plus ou moins de négligence ou de bonheur, se préoccupant très peu de l'affabulation, pour réserver toute son attention aux mètres et au rythme. Voici la genèse probable des Djinn.^.
L'affabulation en est maigre. Un nuage de Djinns — les Elfes de l'Orient? — passe au-dessus d'une maison dans laquelle se lamente et supplie un homme au front chauve. C'est tout.
Le poète qui, plus tard, nous montre si aisément, si puissamment les choses concrètes, qui d'une belle image évoque la lune.
Celte faucille d"or dans le champ des étoiles,