‹ Les trois dictions [par] Georges Berr et Ren© DelbostChapitre 38 sur 91 · DU RYTHME D APRES LES POETES ET LES COMEDIENS HO · texte numérisé non relu

DU RYTHME D APRES LES POETES ET LES COMEDIENS HO

du sixième vers sont séparées par celles du quatriëiue et du cinquième vers. Ce rythme extérieur se répète douze fois : il a donc quelque chose d'uniforme et de régulier.

Enfin nous avons un rythme intérieur dans chaque vers et quelquefois débordant d'un vers sur l'autre, par le rejet et l'enjambement. C'est ce rythme intérieur qui constitue, dans la poésie, l'élément de variété, de nouveauté ; c'est lui qui suspend l'attention et la renouvelle. Ici ce rythme est prestigieux, coloré, imitatif, il va et vient avec le mouvement d'un volant sur une raquette, emprisonné et rebondissant entre les rimes avec des chutes imprévues.

Il s'élevait — à des hauteurs Telles

Quand je prends un élan, — lais-moi Bondir

Ces deux rejets font puissamment image : Et de même que l'acrobate avant de s'élancer frappe fortement la planche de ses pieds ; de même, la voix du diseur doit prendre un appui sérieux sur la rime avant de passer au mot rejeté dans le vers suivant.

Plus haut —, plus loîn — de l'ail^ — du bleu.

Ici la phrase se ramasse et procède par petits bonds cadencés, avant d'aboutir au saut final qui envoie le clown rouler dans les étoiles. Le diseiu' qui s'appliquerait à rendre le rythme de ce petit poème serait sûr d'arriver bien mieux à le comprendre qu'en s'attardant au fonds même de la poésie. Ici c'est par l'étude de la forme qu'on pénétrera le fonds.

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