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LES DROITS DE LA FEMME

A Madame Chéliga-Lœvy.

Madame,

Mon opinion sur les droits des femmes est bien fixée et depuis longtemps. Je l'ai énoncée dans différentes brochures comme Les femmes qui tuent et les femmes qui volent, et La recherche de la paternité. Je veux que les droits civils et politiques des femmes soient exactement ceux des hommes puisque leurs devoirs sont les mêmes. Paient-elles l'impôt comme les hommes? Les poursuit-on comme eux quand elles ne le paient pas? Si elles n'acquittent pas leurs dettes, si elles ne font pas honneur à leur signature de commerçantes, si elles ne paient pas leur loyer, leur saisit-on leurs meubles et les vend-on? Si elles dérobent des rubans ou des dentelles dans un magasin, les conduit-on chez le commissaire de police et de là en police correctionnelle? Quand on pense que Jeanne d'Arc ne pourrait pas aller déclarer à la mairie l'enfant de sa voisine ni voter pour les conseillers municipaux de Domremy dans ce beau pays de France qu'elle aurait sauvé. Nous nous vantons d'écrivains illustres comme M"'^ de Sévigné, M'"* de Staël, M""' Sand et nous ne leur accordons pas les mêmes droits civils et politiques qu'à leurs cochers. Nous

allx.vndul; du.ma.s i ils

donnons aux jeunes filles la mémo instruction qu'aux jeuiit's lioninies, nous créons des lycées très coûteux où elles deviennent professeurs et sont chargées de répandre la lumière et la vérité sur toutes les questions historiques, économiques, polilicpies, scientiiiques du monde, et le jour où se présente une occasion pour elles de prouver le proi,'rès de leur intelligence, le jour où il y a une élection où les intérêts du pays dont elles savent si bien l'histoire sont engagés, on les prie de rester chez elh^s et c'est le portier qui vote. Où est cette fameuse libération de la femme apportée |)ar le Christianisme dont la Vierge Marie fait cependant tous les frais? Les ti-oubadours prétendent que les femmes perdraient beaucoup de leurs grâces à cet exercice de leurs droits nouveaux. Avec cela que la bicyclette les rend gracieuses! Vous oubliez, nous disent certains personnages graves, qu'elles sont dispensées du service militaire. Mais elles ne sont pas dispensées de faire les enfants sans lesquels il n'y aurait pas de guerres, ce qui vaudrait inliniment mieux, de les porter pendant neuf mois, de les mettre au monde au milieu de douleurs abominables, de les allaiter, de les veiller, de les élever pendant des années et de souffrir toutes les transes imaginables quand on les leur prend pour les envoyer à la frontière ou au delà. Tous les arguments (ju'on vous oppose sont des reliquats du droit roLiain dont le droit naturel aura bieniùt raison.

La femme est-elle une créature agissante et pensante, de même origine oa de même forme que l'homme, sauf une petite différence, toute à son avantage d'ailleurs? Faisons-nous d'elle l'être sacré par excellence, comme mère, comme épouse, comme fille? Lui imposons-nous en même temps autant de devoirs, et, dans certains cas, plus de responsabilités (ju'à l'homme? Oui, alors déclarons-la et conslituons-la, civilement et politiquement, l'égale de l'homme. Quant à son égalité sociale et morale avec

nous, nous n'avons pas à nous en occuper, clic s'en chargera bien toute seule, et au train dont vont les choses, ça ne sera pas long. Bien fous sont ceux qui ayant voulu la liberté pour l'homme n'ont pas prévu qu'il faudrait la donner aussi à la femme.

Veuillez agréer, Madame, l'assurance de mes sentiments les plus respectueux.

liOMAN:

Aventures de quatre femmes et

d'un perroquet (184G-1847,

6 vol.)- La Dame aux camélias (1848,

i vol.).

Césarine 1 1848).

Le DocleurServans ( 1 849, i vol. ) Antonine (1849, i vol.).

Le lloman d'une femme (1849,

4 vol.).

Tristan le Roux (18.o0, .3 vol.).

Trois hommes forts ( 1 85 1 , 4 vol . ) Diane de Lijs et GrangeUe ( 1 85 1 ,

3 vol.).

Rerenants (1851).

Le lii-qent }îustel(i8DÏ, 2 vol.).

La Dame aux perles (1853, 4 vol.).

Contes et nouvelles (1853).

Sophie Printemps { 1853, i vol.).

Ce qu'on voit tous t<.'s jours (1853).

La Vie à vingt ans (1854).

L'n cas de rupture (1854).

La Balte d'argent, conte fantastique (1855).

L'affaire Clemenceau, mémoire de l'accusé (1806).

Thérèse, La Maison du vent.

Histoires vraies, otc. (1875).

Ilka, avec illustrations do Marold (189.5).

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