‹ Les trois filles de la BibleChapitre 37 sur 71 · LE BERCEAU DE L'ISLAM · texte numérisé non relu

LE BERCEAU DE L'ISLAM

Mes Frères en la connaissance de Dieu,

Ainsi que nous, vous tenez d'Abraham les pures notions de l'adoration d'un Dieu unique.

Cependant, il fut un temps où, méconnaissant ses salutaires enseignements, vous êtes retombés dans l'idolâtrie, et vous vous êtes livrés au culte abominable de Al-lat —

de Àl-ouzza, et de ses deux stupides filles.

Puis, descendant plus bas encore, vous vous êtes avilis par le fétichisme — et vous avez successivement adoré les objets les plus vulgaires de la nature.

Alors, un jour, réunis autour d'une de vos idoles, vous célébriez une cérémonie religieuse, — c'était une grande fête, — et tous les ans, à jour fixe, vous vous assembliez et conversiez entre vous, ainsi que vous en aviez pris l'habitude.

Ce jour, quatre de vos fidèles se retirèrent à l'écart et, sous le sceau du secret, ils se communiquèrent les pensées qui les agitaient.

Zeid, filsd'Amr, était l'un de ces hommes, — les trois autres étaient Varaka, Othmann

et Oubeidallah, — parents et alliés du futur grand prophète.

Kt Zeid dit à Varaka, à Othmann et à Oubeidallah :

« Nos frères sont dans l'erreur, et ils méconnaissent la vraie religion de leur père Abraham; — pouvons-nous, comme eux, tourner autour d'une pierre qui n'entend ni ne voit rien, — et qui ne peut faire ni aucun bien, ni aucun mal? — cherchons une foi meilleure.

— Cherchons une foi meilleure, répondirent Varaka, Othmann et Oubeidallah. »

Et ils abandonnèrent leur patrie.

Et ils voyagèrent en pays étrangers, afin de retrouver la religion des Hanifes, la religion véritable d'Abraham.

Mais aucune des religions de ce temps ne put les satisfaire.

Car les prescriptions minutieuses du culte israélîte étaient contraires à leurs habitudes.

Et les inconséquences des dogmes du culte chrétien étaient contraires à leur raison.

Alors ils revinrent dans leur pays.

Et ils racontèrent au jeune Mahomet, leur parent, quelle avait été leur espérance et quelle était leur déception.

Puis Zeid reconnut en Mahomet une grande âme.

Et Zeid enflamma l'esprit de Mahomet.

Et Zeid vanta la gloire de donner à son peuple une religion pure de tout paganisme.

2*1 LES Tlul» MLLES

EX Zeid démontra que cette religion, en réunissait tous les Arabes sous un seul et mèine chef, engendrerait l'unité nationale.

Et que l'unité nationale assurerait à jamais la force, la sécurité et la grandeur de leur race.

Et après que Zeid avait parlé, Mahomet réfléchissait*

Cependant Zeid offrait publiquement ses adorations au Dieu d'Abraham.

Le dos appuyé sur la Caaba, il adressait chaque jour ses conseils et ses reproches à ses compatriotes, et il leur disait :

« Je suis le seul parmi vous 'ous qui suive la religion d'Abraham.

« O Allah ! si je savais quelle est la forme

d'adoration qui te platt le mieux, — je la pratiquerais. — Mais, hélas ! je ne la connais, pas. »

Puis Zeid, le poète Zeid, célébrait, dans les termes les plus précis, le Dieu unique, le miséricordieux qui pardonne les péchés, qui soutient les bons et châtie les méchants.

Il attaquait le culte des idoles et regrettait le temps où il avait rendu hommage à Lat, à Ouzza et à ses filles.

L'homme qui a fait une faute, disait-il encore, peut se relever un jour, comme l'arbuste flétri peut reverdir, quand la pluie Ta ranimé.

C'est la piété et non la puissance qui assure à l'homme la vie et la félicité éternelles.

Ces poésies ont été conservées par Ibn-

lshac et par Ibn-Hisham, et leur authenticité ne peut être révoquée en doute.

Enfin, enfin, mes frères, Mahomet apparut dans toute sa splendeur et dans toute sa gloire, — et l'idolâtrie fut à jamais chassée de vos foyers.

Mahomet ne paya pas d'ingratitude les enseignements de Zeid, il ne méconnut pas sa grandeur, — et, lorsqu'il annonça qu'il avait vu Varaka sur le bord d'un des fleuves du paradis, et qu'il y jouissait d'un bonheur inaltérable, il en donna pour raison que c'était parce que Varaka, de son vivant, répétait sans cesse que sa religion était celle de Zeid et que son Dieu était, celui de Zeid1.

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