‹ Les trois filles de la BibleChapitre 4 sur 71 · Sixième aux Mahométans, p · texte numérisé non relu

Sixième aux Mahométans, p

î. Sixième aux Mahométans, p. 47.

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pourra posséder alors de la nature divine, de l'immortalité de l'âme, du libre arbitre, des règles de la justice et du devoir; en un mot, tout le catéchisme; j'entends le catéchisme de l'avenir. On y introduira aussi les noms des grands hommes dont la mémoire, après un siècle d'épreuve, restera consacrée par la reconnaissance publique. Ce sera comme un petit cours d'histoire édifiante et de. morale en action.

On devine dès à présent au prix de quels sacrifices les trois filles de la Bible seront admises à signer le traité de paix et le contrat d'union qui leur sont offerts. Les sacri fices qu'imposent à l'Autriche les armes victorieuses de sa sœur la Prusse pâliront à leur être comparés.

Que le judaïsme (car c'est à lui, comme au plus ancien, de donner l'exemple), que le judaïsme abandonne ses pratiques innombrables, sa casuistique subtile, ses jeûnes,

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ses abstinences, son repos sabbatique, son baptême de sang, pour revenir au monothéisme pur dont Moïse a été dans le monde le premier révélateur, et dont la race d'Israël, dispersée sur toute la terre, est comme le missionnaire universel; qu'il se souvienne qu'il n'y a de circoncision efficace que celle du cœur; que les jours consacrés au Seigneur sont tous ceux où notre âme s'élève vers le ciel sur les ailes de la méditation ou de la prière; que le culte le plus agréable à Dieu se compose de bonnes œuvres et de bonnes pensées; enfin qu'il se dise à luimême que le Messie prédit par les prophètes n'est pas autre chose que la raison, dont, le règne se confond avec celui de la justice et de la vérité.

Le christianisme devra reconnaître qu'il n'est que la fleur et la plus pure substance du judaïsme, et que ce qu'il y a de divin en lui, ce n'est pas la personne du Christ, mais

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sa parole et sa pensée, expression fidèle de la pensée de Moïse et des prophètes, résumé éloquent de la morale et du dogme monothéiste. En ouvrant les yeux à cette vérité, il renoncera nécessairement au dogme de Tincarnation, il cessera d'adorer Dieu sous une forme humaine, il se fera une idée plus jusle des rapports de l'âme avec son créateur, il rendra h la raison et à la liberté les droits dont il les a laissé dépouiller par la révélation et la grâce; aux vaines discussions de la théologie il préférera la pratique des vertus chrétiennes, devenues le fondement de la vie publique et privée.

Ces recommandations s'adressent avant tout à l'Église catholique, accusée par M. Rodrigues d'avoir méconnu à ce point l'enseignement du Christ, qu'elle a substitué à sa doctrine une doctrine absolument contraire, et qu'elle a étouffé sous le poids d'une tradition immuable, déposée dans les mains d'une

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autorité sans contrôle, le libre esprit, l'esprit de progrès qui respire dans les Evangiles. H y a dans les Trois Filles de la Bible un chapitre2 qui pourrait être intitulé les Antinomies du Christianisme et de l'Eglise.

Voici maintenant ce qu'on attend des sectateurs de l'Islam. Par leurs croyances les plus essentielles comme par le sang qui coulait dans les veines de leur prophète et de leurs premiers apôtres, les mahométans sont les enfants d'Abraham, les frères d'Israël. Le flambeau du monothéisme, un instant éclipsé chez eux par l'idolâtrie, a été rallumé par l'auteur du Coran. Mais, leur première ferveur une fois passée, ils se sont endormis dans l'immobilité et dans la foi aveugle, ils ont sacrifié l'esprit à la lettre. 11 est temps qu'ils se réveillent et se remettent en marche ; il est temps qu'ils renaissent à la vie et à l'in-

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