‹ Les trois filles de la BibleChapitre 57 sur 71 · I. Graelz, Sinaï et Golgotha · texte numérisé non relu

I. Graelz, Sinaï et Golgotha

dans l'avenir concilier l'esprit biblique avec l'esprit moderne, servir de pont aux trentecinq siècles écoulés entre ces deux avancements et ouvrir une voie nouvelle au spiritualisme de l'homme.

Avec l'école d'Alexandrie apparut l'interprétation allégorique.

« — Il ne faut pas, dit Aristobule, prendre « au pied de la lettre le langage figuré de la « Bible.

u — Dieu étant partout, son apparition « sur le mont Sinaï ne signifie que la revête lation de sa grandeur et de sa majesté « aux êtres chétifs du monde terrestre.

« — La création en six jours démontre « la marche progressive et régulière qui se « manifeste dans la nature,

« — De môme que le repos du septième « jour signifie la permanence et l'harmonie de « la création. » (Sinaïel Golgotha de Graetz.)

Philon fut la gloire de l'école d'Alexandrie. — Ses travaux philosophiques le firent, de son vivant, surnommer le Platon juif, ses travaux théologiques réformistes, s'ils avaient été généralement admis, auraient suivant toute probabilité fait triompher à Rome l'esprit de Jérusalem. — '

Depuis ce temps, l'étude de la loi signifia l'interprétation de la loi. — Les docteurs de la loi enseignaient à interpréter la loi, la vie nouvelle entra dans le judaïsme, — et les conquêtes de la science et de la philosophie s'assimilèrent librement en lui.

Alors de grands docteurs se succédèrent. Ce fut d'abord Akiba. —

Le futur martyr de Bethar, continuant, élargissant, fructifiant la méthode d'Hillel et d'Eliezer, appliquant le texte biblique aux circonstances de la vie, fixa les principes de la loi orale , réunit ensemble ceux que la discussion avait consacrés, -et posa les premiers fondements de la Michna.

Juda le Saint compléta l'œuvre. Usant de son pouvoir de nassi, — chef de la nation,

— il opéra de grandes réformes, — encouragea l'élude de la loi, — et, de concert avec les sages et les savants de son époque, rédigea la Michna ou répétition de la loi.

La Michna contient six parties intitulées

— des Semences, — dès Fêtes, — de la Famille, — des Dommages, — des Choses saintes — des Purifications.

La Michna, c'est le choix et la fixation de la tradition orale.

La Guemara achevée l'an 500 par Rabina fut le complément de la Michna. —

A dater du Talmud, renseignement par l'interprétation est érigé en système.

Ce système , il est vrai , s'égara d'abord , et le subtil prit souvent la place du rationnel et du sensé ; mais au moyen même de ces écarts et de ces excès, l'esprit humain continua de s'affranchir et de préparer la venue de la libre critique.

Le Talmud est un composé de tous les documents, de toutes les opinions des écoles juives.

Le Talmud donne asile à tous les systèmes, — à toutes les interprétations, — et prenant ainsi son lecteur pour juge , lui abandonne le soin de conclure, — d'interpréter les sujets en discussion.

Le Talmud admet les treize règles de l'interprétation de Rabbi Ismaël.

Au temps d'Abika, Rabbi Ismaël avait dit : « La loi peut s'expliquer de treize manières différentes, savoir :

1. En tirant une conséquence de mineure à majeure ou de majeure à mineure ;

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