‹ Les trois filles de la BibleChapitre 7 sur 71 · Pages 86 et · texte numérisé non relu

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2. Voyez, dans l'Alliance religieuse universelle, année 4866, une série d'articles sur la Crise du protestantisme.

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offre un résumé fidèle des opinions qu'elle défend : « Religion rationnelle et progressive fondée sur les lumières naturelles. Libre examen, raison, conscience, autonomie individuelle. »

Est-ce à dire que nous soyons obligés de souscrire aux conclusions du livre de M. Rodrigues? Faut-il croire que la raison, en interprétant selon les lois les vieux textes bibliques, soit sur le point de créer une religion universelle? Nous ne le pensons pas. Avec le libre usage de la raison on peut fonder une philosophie, on ne fondera jamais une religion. La religion et la philosophie sont deux choses essentiellement distinctes; elles répondent à deux états de l'àme humaine complètement différents, et sitôt qu'on veut ou les mêler ou les asservir Tune à l'autre, on enlève à chacune d'elles son caractère propre, le principe même qui lui donne la vie et l'existence, on les dénature, on les dis-

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sout, on les détruit toutes les deux. La philosophie réclame une liberté sans limites, car la première condition est de ne céder qu'à la force irrésistible de l'évidence. Aussi les textes, les traditions, les livres consacrés par la vénération des peuples n'entrent-ils dans ses spéculations qu'après qu'elle les a transformés dans sa propre substance ou quand elle s'est décidée à les considérer comme la simple expression de certains états, de certains phénomènes naturels de l'esprit humain dont il lui a été donné de chercher les lois. C'est ainsi qu'a pris naissance la philosophie des religions, qui n'est qu'une partie de la philosophie elle-même. La religion, au contraire, ne subsiste que par la foi, ce qui revient à dire qu'elle a besoin de dogmes et de mystères. La vérité pour elle n'est point la découverte laborieuse de l'homme, mais le don gratuit de Dieu; elle la croit descendue du ciel par des voies qui ne sont

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point celles de la nature, par conséquent elle ne peut se passer de surnaturel , et il faut qu'elle le place à la fois dans les dogmes et dans la manière dont les dogmes ont été révélés, dans les mystères et dans les miracles. Sans mystères, l'intervention divine était superflue, puisque la raison humaine aurait pu trouver ce qu'elle est en état de comprendre. Sans miracles, l'intervention divine n'aurait pu se manifester en dehors des lois ordinaires de la nature.

Tout ce que nous avons dit de la religion s'applique exactement au culte, qui en est une partie inséparable. Le culte se modèle sur le dogme et se développe ou déchoit avec lui comme le corps avec l'âme, comme le langage avec la pensée. On ne le crée pas à volonté dans un but préconçu, si louable et si utile qu'il puisse être. Quand il ne jaillit point spontanément de la foi comme une eau vive de sa source ,. il a cessé d'exister et

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n'offre plus à nos yeux qu'un vain spectacle, comme la fameuse procession de la Convention nationale le jour où elle inaugura le culte de l'Être suprême, comme les offrandes de fruits et de fleurs déposées par les théophilanthropes sur les autels profanés, ou comme ces messes pompeuses célébrées encore aujourd'hui avec le concours des célébrités du théâtre, à l'occasion du mariage ou des funérailles de quelque grand de la terre. Refusez, par exemple, à la prière jtoute efficace sur la volonté divine, toute influence sur les destinées de l'homme; répandez cette conviction qu'elle n'est qu'une forme de la méditation ou ne doit être qu'une forme de l'enseignement, aussitôt l'on cessera de prier, ou plutôt, en dépit de vous et de vos doctrines, on priera, on pleurera aux pieds du souverain de l'univers, on demandera grâce et secours « au père qui est dans le ciel. » Tant qu'on ne pourra pas adresser avec jus-

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lice à l'humanité entière le reproche qu'on faisait à Fontenelle, tant qu'on ne lui aura pas donné un cerveau à la place du cœur, la prière et la foi auront en elle une source intarissable. Or, la prière et la foi, c'est l'essence même de la religion. Sans doute le caractère immuable que s'attribuent les religions dans la persuasion où elles sont qu'étant l'œuvre de Dieu, rien ne manque h leur perfection , ce caractère ne les empêche pas d'avoir leurs révolutions et leurs retours, autrement dit, leurs réformes, leurs époques de progrès, tout comme les philosophies. Ainsi il y a loin de la loi des patriarches à celle de Moïse, de la loi de Moïse à la doctrine des prophètes et à la foi de l'Évangile. Progrès ou non, l'Église primitive ne ressemble pas à celle du moyen âge, ni l'Église du moyen âge à celles qui ont été fondées au xvie siècle. Oui, mais c'est la foi elle-même, non la raison , qui a développé , transformé ou

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réformé la foi. La religion a suffi à ses destinées, sans appeler à son aide une puissance rivale. Luther» Calvin, Mélanchthon, pour ne parler que de ceux-là, étaient des théologiens, des chrétiens fervents et même fanatiques, non des philosophes. On sait comment le théologien Calvin a traité le philosophe Michel Servet. Des philosophes qui ont réformé une religion et qui ont réussi dans cette entreprise, qui ont conquis à leur œuvre l'adhésion des masses populaires, l'histoire ne nous en offre pas un seul exemple.

Qu'est-ce donc que ce rationalisme que nous voyons aujourd'hui en Allemagne, en Angleterre, en France, en Hollande, aux États-Unis, envahir avec audace toutes les Églises protestantes ? Ce ne sont pas des philosophes qui se constituent en réformateurs de la théologie, ce sont des théologiens, des ministres de la religion, qui, grâce à l'usage du libre examen, poussent la réforme des

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croyances religieuses jusqu'à ne plus laisser aucune distance entre elle et la pure philosophie. Ils ont beau répudier le nom de philosophes, ils le sont par le fait et ne peuvent pas être autre chose; mais ils le sont d'une manière inconséquente. Ils établissent que l'Évangile est un livre comme un autre, c'està-dire une œuvre humaine, composée & différentes époques par des hommes qui n'étaient exempts ni de préjugés, ni de passions, ni d'erreurs. En même temps ils se croient sûrs d'apercevoir dans la doctrine évangélique la perfection souveraine et immuable de la sagesse divine. Jésus-Christ, pour eux, n'est qu'un homme moralement uni à Dieu, c'està-dire comme toute créature humaine pourrait l'être. Cela ne les empêche pas de le représenter et même de l'invoquer comme le médiateur nécessaire entre Dieu et les autres hommes, comme celui à qui il faut être uni D&r la foi pour être sauvé. En dehors des lois

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religion, ou, pour parler avec plus de précision, entre la raison absolument indépendante et la foi au surnaturel , ce choix n'est pas uniquement un acte de la pensée; le sentiment, l'éducation, le caractère, un certain tour particulier de l'imagination, n'y ont pas moins de part que l'intelligence; il vient du cœur encore plus que de l'esprit, et si je ne craignais pas d'offenser des convictions délicates en donnant à toutes ces influences impersonnelles un nom vénéré dans la théologie, je dirais que ce choix est l'œuvre de la grâce autant que du libre arbitre. Sachons donc respecter les diversités inévitables de la nature humaine; n'essayons pas d'appliquer à l'œuvre de Dieu, infinie et insondable comme son auteur, la mesure étroite d'un système, d'un parti, d'une Église ou d'une école. Il y a d'ailleurs, entre les systèmes philosophiques et les dogmes religieux, une foule de points de vue intermédiaires qui,

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pour rester à l'état d'opinions individuelles, n'en contribuent pas moins à rapprocher les deux extrêmes et à les mettre en communication l'un avec l'autre. Grâce à ce courant créé par la liberté, et qui ne peut subsister sans elle, les conquêtes irrésistibles de la raison pénètrent, malgré tout, dans la foi, et les nobles élans de la foi, en se communiquant h la raison, l'empêchent de se corrompre et de se dégrader dans un vil matérialisme.

Ad. Fiianck.

« La religion, dit M. Franck, ne subsiste que par la foi. —

« Le caractère immuable que s'attribuent les religions ne les empêche pas d'avoir leurs révolutions et leurs retours, autrement dit, leurs réformes, leurs époques de progrès tout comme les philosophies. »

Donc, la religion progresse; donc, il n'est

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pas d'orthodoxie, — puisque l'hétérodoxie d'aujourd'hui devient l'orthodoxie de demain ; — donc les religions de l'enfance humaine céderont la place à la religion de la virilité humaine.

« Oui9 ajoute M. Franck, mais c'est la foi elle-même, non la raison qui a développé, transformé ou réformé la foi. » —

Eh quoi ! oserai-je peut-être répondre ,' eh quoi ! Abraham, Moïse, les prophètes, Jésus, Mahomet, n'étaient pas des philosophes, ils n'étaient que des théologiens !

Eh quoi ! Abraham trouvant dans l'harmonie de la création l'unité de Dieu — et substituant aux sacrifices humains la circoncision, — Abraham n'était pas un philosophe !

Eh quoi ! MoTse, révélant le décalogue et tous les grands principes sur lesquels reposent les sociétés d'aujourd'hui, — Moïse n'était pas un philosophe !

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Eh quoi ! les prophètes sacrifiant la lettre du Pentateuque à son esprit, — Jésus déclarant que l'homme n'a pas été donné au sabbat, — Mahomet disant : Ne faites point de violence aux hommes à cause de leur foi, — n'ont été que des théologiens et ce ne sont pas des « philosophes ayant réformé une religion, ayant réussi dans leur entreprise et ayant conquis à leur œuvre les masses populaires ! »

« Regardons autour de nous seulement, ajoute le maître, dans le siècle où nous vivons nous trouverons autant de science, autant de génie ou de talent, autant de force intellectuelle dans un camp que dans un autre. »

Soit, — mais que sert de s'appuyer sur une égalité qui n'existait pas hier et qui n'existera plus demain ?

Cinquante années ont suffi pour conquérir au mouvement la moitié de la force intellectuelle de notre époque, — le flot qui l'ap-

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porta reculera-Ml d'épouvante, — ou resterait-il désormais en place afin que se continue cette égalité chimérique?

« La religion et la philosophie sont demat choses absolument distinctes; elles répondent à deux états de rame humaine complètement différents, et sitôt qu'on veut ou les mêler ou les asservir Fune à Vautre, on enlève à chacune d'elles son caractère propre9 le principe même qui lui donne la vie et V existence; on les dénature, on les dissout ^ on les détruit toutes les deux. »

La religion et la philosophie sont deux choses distinctes; — soit, — mais leur réunion, loin d'enlever à chacune d'elles son caractère propre, — fortifie chacune d'elles et est pour toutes deux l'occasion et la source d'un nouveau progrès.

Chaque fondateur de religion a personnifié cette réunion.

Le sentiment théologique ne représente

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pas la religion, et quoiqu'il en occupe sou vent la place, il ne doit pas être confondu avec elle.

Le sentiment tbéologique donne la démonstration de ce qu'il faut croire et pratiquer d'après les révélations de chaque religion.

La religion est fondée sur les inspirations du cœur et de la raison.

Les inspirations du cœur donnent le sentiment naturel qui porte l'homme vers Dieu, — la raison donne la philosophie.

C'est ainsi, d'après nous, que le sentiment religieux et le sentiment philosophique réunis forment la religion.

Le sentiment religieux donne la solution des problèmes que la raison seule ne pourrait résoudre, — la raison empêche ce sentiment de s'égarer.

L'un se complète par l'autre, l'un ne peut que s'égarer sans l'autre, — et la réunion de ces deux états de l'âme est non-seulement salutaire, mais indispensable. —

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« Le déisme ri est pas un dogme, » dit M. Franck. — Pourquoi, si ce n'est parce qu'il n'implique que le seul sentiment philosophique de la connaissance de Dieu ?

Le monothéisme est un dogme parce qu'il implique à la fois le sentiment philosophique et le sentiment religieux de cette connaissance. —

« Que devient le culte? — Sur quels fondements repose-t-il, du moment quon cesse d'y voir une institution divine ? —

Il s'épure, il devient plus digne du Créateur en reposant sur la vérité au lieu de reposer sur des fables; — en reposant sur un sentiment naturel développé par l'intelligence et la raison humaine, au lieu de reposer sur un sentiment de crédulité que rien ne justifie, et qui ne justifie ni ne prouve rien.

Oui. — Le culte se modèle sur le dogme; — il se développe ou déchoit avec lui comme le corps avec l'âme, comme le langage avec

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la pensée. — On ne le crée pas à volonté dans un but préconçu si louable et si utile qu'il puisse être. — Quand il ne jaillit point spontanément de la foi, comme une eau vix%e de sa source * il a cessé d'exister, et n'offre vlus à nos yeux quun vain spectacle.

Mais c'est précisément parce que le culte, se modèle sur le dogme qu'il faut édifier la foi sur le monothéisme, afin que de cette foi sensée le culte jaillisse spontanément comme une eau vive de sa source.

Et de cette œuvre ressortira naturellement le bienfait de l'unification des religions.

La religion de Moïse et la religion de Jésus ne pouvant se réformer, s'épurer, s'accomplir d'après la pensée de chacun de leur fondateur, sans arriver à un résultat conforme, à des formes de culte identiques, — et conséquemment, sans s'unifier. —

M. Franck termine en disant : « Les conquêtes irrésistibles de la raison pénètrent mal-

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gré tout dans la foi, et les nobles élans de la foi, en se communiquant à la raison , l 'empêchent de se corrompre et de se dégrader dans un vil matérialisme. —

Si la raison de l'homme le conduit au matérialisme, la raison est un leurre et les conciles ont eu raison de la proscrire et de l'enchaîner.

Si la foi, — la foi en des mystères, — la foi en des miracles ; — si cette foi est nécessaire, alors c'est en elle que repose le spiritualisme, alors c'est elle qui représente l'opposé du matérialisme.

Oh ! mon maître, si la foi vraie et la raison suprême, — le sentiment religieux et le sentiment philosophique ne se réunissaient naturellement pour former le spiritualisme^ inspirer les grandes âmes, et ouvrir un avenir sans bornes k la religion comme à la philosophie, oh! mon maître, ne faudrait-il pas inventer de les réunir?

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Puisse M. Franck ne trouver dans cette réplique un peu chaleureuse que les sentiments de respect et d'admiration que doivent ressentir vis-à-vis de lui

Un élève à son maître, un enfant à son père, A son supérieur le moindre petit frère.

HlPPOLYTE RODIUGIES.

12 septembre 18M.

Les trois Filles de la Bible sont incontestablement la juive , la chrétienne et la mahométane.

La protestante n'est , jusqu'à présent , qu'une secte chrétienne divisée elle-même en plusieurs sectes.

Quand elle aura abandonné la divinité de Jésus, reconnu la révélation indirecte, et discerné dans cette révélation les vérités éternelles d'avec les vérités relatives aux épcfques

auxquelles elles ont apparu et aux races aux-

quelles elles ont été adressées, elle sera devenue alors la quatrième fille de la Bible, — quatrième par ordre de date.

Nous réunissons aujourd'hui les cinq parties déjà publiées de ce travail ; — la sixième partie, relative à la mahométane, — au point de vue réformiste, — est en préparation.

La réforme est effectivement la grande aspiration de noire temps.

Le protestantisme ne fut qu'un germe. — Arrêtée dans sa croissance, la plante n'a pu donner qu'un bouton ; sa fleur même ne nous suffirait plus aujourd'hui : c'est le fruit que nous demandons, et ce fruit, c'est la moralisation de l'homme.

La moralisation, tel doit être, tel est le but de la religion moderne.

Édifier la religion moderne sur l'accomplissement des religions issues de la Bible;

Faire ressortir que de leur accomplissement , d'après la pensée de chacun de leurs fondateurs, doit jaillir leur unification ;

Démontrer aux israélites que l'époque de leur mission monothéiste est arrivée, qu'ils doivent s'y dévouer; séparer vigoureusement leurs lois administratives et locales de la loi religieuse de l'humanité; prendre la tête de la réforme, s'appuyer sur la philosophie, consacrer ainsi le pas scientifique et philosophique accompli de nos jours , et procéder à la conquête du pas moral dont le besoin devient une souffrance ;

Représenter aux chrétiens que leur immobilité est funeste; que, grâce à leur habile compromis avec le paganisme et à leur ad-

mirable organisation, ils ont. il est vrai, répandu par toute la terre l'idée de Dieu,

Mais qu'ils sont maintenant en complet désaccord avec la science moderne ; qu'il est temps que PÉglise mette ses commandements en harmonie avec la religion enseignée par Jésus ; qu'il est temps de réaliser sa parole, de la choisir dans les trois années de son enseignement et non dans la journée de son entrée triomphale à Jérusalem, et de reconnaître ainsi le Dieu unique, source de toute vérité ;

Leur rappelant en outre que jamais Jésus n'a prêché une religion dont il dût être l'objet ; et que, jusqu'à l'établissement de la réforme, c'est-à-dire pendant quinze siècles, l'Église a été divisée sur le dogme de la di vinité de Jésus;

Exhorter les protestants à suivre enfin la

voie dans laquelle les ont engagés leurs glorieux fondateurs, voie qui répond effectivement à la pensée de Jésus , c'est-à-dire au mépris des formes vaines et à la recherche de toute vérité;

Kl enfin , appeler la philosophie au rôle pratique qui lui appartient dans notre transformation religieuse et sociale :

Telles sont les pensées qui ont inspiré ce travail.

La grande réforme s'affirme chaque jour davantage, le monde de l'idée lui appartient déjà, et le fait ne peut tarder à se manifester d'une manière éclatante.

Fidèle à sa mission, la nation juive donnera-t-elle le signal?

Effrayés de la chute des formes vaines,

les chefs des religions issues de la Bible s'opposeront-ils à toute épuration de culte?

Avertis par le sentiment général , les chefs politiques prendront-ils habilement la direction supérieure du mouvement des esprits?

Telles sont les questions vivantes de notre époque.

Leurs solutions peuvent sans doute être ajournées, — il n'est plus possible de les faire avorter.

La science religieuse s'est fondée de nos jours avec un ensemble et un éclat incomparables.

Déjà la lumière a frappé les derniers vestiges de l'idolâtrie.

fc

Déjà les fraudes pieuses des anciens temps ont été signalées avec une sûreté et une profondeur incontestables,

Déjà l'idée juste de Dieu a pénétré dans tous les cœurs.

Tout présage donc la chute définitive des formes vaines et l'apparition des formes moralisatrices de l'homme.

Jacob-Hippolyte RODRIUUES-HENRIQUES.

Fromont, août 186.1.

AVANT-PROPOS

La liberté de conscience porte dans ses flancs l'union des trois Filles de la Bible.

Nous pensons que les esprits élevés des trois religions, — les préparateurs de l'avenir, — doivent commencer l'œuvre , et nous espérons que la religion juive, fidèle à sa mission, donnera le signal.

Dans quelle proportion cette union peutelle être tentée aujourd'hui?

Que faudra-t-il encore de préparations et de temps pour que les questions de détails,

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les discussions théologiques et les pensées d'absorption soient définitivement écartées? Nul ne peut le prévoir.

Mais il est un dogme qui nous est commun, — l'unité de Dieu.

11 est une déchéance qui nous est commune, — les pratiques religieuses.

Préparons ensemble la réforme des pratiques du passé, et réunissons-nous sous le drapeau commun de P unité de Dieu et de la conformité des pratiques religieuses.

J'ai essayé d'indiquer ici les pratiques rationnelles qui pourraient réunir les trois Filles de la Bible.

Je les livre aux méditations de nos chefs et de nos frères.

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Puisse cette œuvre, dégagée de tout intérêt personnel , de toute vanité , être entreprise résolument, afin que disparaisse ce trouble des consciences , cette décadence morale qui contraste si péniblement avec les progrès scientifiques, industriels et artistiques de notre époque.

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