‹ Les trois frères Van EyckChapitre 29 sur 29 · XV° SIÈCLE · texte numérisé non relu

XV° SIÈCLE

Walter mentionne parmi les dalles tumulaires de ce siècle, un monument fort remarquable, exécuté d’après les dessins d’un artiste flamand ; il se trouve à Newcastle et fut élevé à la mémoire de Robert Thornton, de sa femme et de ses enfants , il porte la date A. D. 4429. Les dimensions de cette dalle sont extraordinaires, et la gravure en est très -soignée.

XVIe SIÈCLE.

Les auteurs anglais font mention de deux dalles flamandes qui se rapportent à ce siècle, ce sont:

A Jpswich , dans l’église de St- Mar y quay ou key.

Le monument de Thomas Pownder, de sa femme et de sa famille, portant la date de 4525.

A Londres, dans l’église dite Church of Jllhallows. Le monument de Andrew Eryngar et de sa famille ; il porte la date de 4556.

Ces deux dalles paraissent avoir été gravées par le même artiste; comme celles exécutées par des artistes flamands dans les siècles antérieurs, elles sont remarquables par la correction du dessin et la netteté de l’exécution.

Cette énumération est, nous en sommes persuadés, très-incomplète (4); ce n’est que dans quelques années

■f 1459 et de Jackemine Vander Brucghe f 1423. Il y a aussi dans l’église de St-Jacques des fragments de dalles de cuivre du xive siècle, qui présentent les mêmes caractères.

(1) Ainsi nous trouvons dans le 11e vol., p. 12, du célèbre recueil périodique anglais, intitulée: Archeologia ; London , in-4° (il date de

quand la plupart des dalles tumulaires de cuivre, disséminées par toute l’Angleterre, seront connues et comparées entre elles. Alors on pourra apprécier la part glorieuse qui revient aux Flamands dans la perfection d’un art, dont l’histoire a été négligée jusqu’à ce jour sur le continent, peut-être par la raison que ces dalles y sont devenues extrêmement rares.

Puisse cette courte notice, en attirant l’attention de nos archéologues sur des monuments , trop longtemps méconnus, d’une branche de l’art de la gravure qui atteignit en Flandre son plus haut développement, sauver d’une destruction imminente quelques-unes de ces dalles de cuivre ou incrustées de cuivre qui gisent encore , oubliées, dans plus d’une de nos églises (1). Pour s’intéresser

1770 et ses publications se poursuivent jusqu’à nos jours), que vers la fin du siècle dernier on découvrit un grand nombre de dalles tumulaires de cuivre d’un travail flamand, a great nomber of flemish brass pièces, dans les localités suivantes: au château de Caerphyli, dans le pays de Galles, à la cathédrale de Landoss, et dans l’enclos de la Old free school de Leicester.

Nous n’avons pas eu le temps de parcourir pendant notre séjour en Angleterre, les nombreuses et volumineuses histoires des différents comtés de ce pays, mais nous savons qu’on y trouve fréquemment des gravures de dalles tumulaires de cuivre, et dans le nombre il doit s’en trouver qui furent exécutées par nos compatriotes.

On peut encore consulter sur ce sujet la Quarterly review, vol. v, p. 357.

(1) A la note 2, p. 25, nous avons parlé des dalles de cuivre qui se voient encore aujourd’hui à Bruges. Toutes celles que nous connaissons dans cette ville, ont été convenablement restaurées et redressées contre les murs latéraux, hormis une seule qui fait encore partie du pavement de l’église de Notre-Dame; elle se trouve à quelques pas du bénitier et y couvre la sépulture d ' Alexandre du Bolqueet f 1485, et de son épouse Barbe De Vos f 1511. On y voit six écussons d’armoiries. Nous espérons qu’il suffira de la signaler ici , pour en provoquer le déplacement.

à leur conservation, il suffît de songer que la plupart datent d’une des époques les plus brillantes de la civilisation

A Gandj il existe une petite dalle de 2° classe, avec 10 écus d’armoiries émaillés, dans le mur près d’une porte latérale de la cathédrale de St-Bavon; elle est consacrée à la mémoire de Francoys van tVyckhuus | 1599, et de son épouse, dame Marie van Pollinckhove , f 1585. — Dans l’hospice de St-Laurent de la même ville, on voit les figures de fVenemare y ^ 1325, et de son épouse, Margriete Sbrane f 1352, avec leurs armoiries provenant d’une dalle de première classe; (ce monument a été publié deux fois, d'abord dans les Annales Belgiques des sciences y arts et littérature . Gand , in-8°, — année 1823, page 96; puis dans le Pade mccum du peintre f par Félix Devigne; Gand, 2 vol. in-f°, 1835 à 40, — h, pl. 40). Une petite dalle de 2e classe, consacrée à la mémoire de Jehan Money et de Jehane Lemaire , portant la date de 1454, se trouve dans le cabinet d’un amateur à Gand.

Outre ces dalles de cuivre qui sont à l’abri de toute dégradation ultérieure, nous croyons devoir signaler ici les suivantes, encore enchâssées dans le pavement et exposées par conséquent à un piétinement journalier, fatal à leur conservation.

A Damme, dans la chapelle de l’hospice de Ste-Marie, il existe une dalle de la lre classe; l’inscription porte: Hic jacet f rater Joannes de Fonte oriundus de Lessina in partibus hanonie cundâ curatus eccle. beate Marie de Dam. qui obiit ano 1531 die novembris primo. Au milieu de la pierre on voit sur une plaque de cuivre, le portrait du défunt en costume ecclésiastique, un calice sur la poitrine; à sa droite il y a une fontaine, sans doute par allusion à son nom , à sa gauche un monogramme.

(Cette dalle qui est dans un état de conservation à peu près parfait, a été placée, par suite du repavement de la chapelle, dans le mur).

A Iprcs } nous avons vu , il y a quelques années, dans le dallage de l’église de l’hôpital situé sur la grand’place, une grande dalle de la lre classe, portant, sauf erreur , la date de 1487. Dans la même église, une table de cuivre avec armoiries et une longue inscription à caractères en relief, est incrustée dans le mur latéral du côté du midi.

A Melsele , dans le pays de Waes, on voit dans le pavement de la belle église de ce village une petite dalle de la lre classe , portant la date de 1500. Elle a beaucoup souffert depuis qu’elle a été publiée dans l’ouvrage de Vanden Bogaerde, H et land van tVaes. St-Nicolaes , 1825, 3 vol. in-8", — ni, p. 218, pl. v, fîg. 2.

A Viclxte y près de Courtray, d’après une note que nous devons à l'obligeance de M. le vicaire R.,..,, il existe une grande dalle de cuivre

flamande; qu'elles sont devenues extrêmement rares, non seulement dans le pays , mais par tout le continent euro-

qui semble devoir être rangée dans la 2° classe. On y voit la figure d’une dame, de grandeur naturelle, ayant les mains jointes; au-dessus de sa tête deux anges tiennent chacun un écu d’armes; l’inscription , en vieux caractères flamands dits gothiques , qui encadre la dalle, est très-lisible. Ce monument, qui ne compte pas moins de 7 pieds 1/2 de long, sur 5 pieds 3 pouces de large, est à peu près intact et dans un état de conservation d’autant plus étonnant, qu’il est par sa situation, comme les dalles de Damtne , d'Ipres et de Melsele , exposé à s’user beaucoup, la place qu’il occupe dans le pavement étant une des plus fréquentées de l’église.

Nous prions ceux de nos lecteurs qui connaissent l’existence dans notre pays, de dalles tumulaires de cuivre ou incrustées de cuivre, autres que celles que nous venons d’énumérer, de bien vouloir nous en donner connaissance. Nous nous ferons un devoir de les signaler à l’attention des archéologues, dans le récueil des Annales de la société à' Émulation t dans l’espoir que l’on ne tardera pas à prendre les mesures que réclame la conservation de ces intéressantes reliques d’un art dans lequel ont excellé nos ancêtres. Perdu aujourd’hui pour nous, il ne faut pas, ea présence du goût qui se manifeste en Flandre pour l’ornementation religieuse du moyen-âge, désespérer de voir renaître un jour à Bruges, comme à Cologne, ce genre de monuments funéraires, dans lesquels on peut, à la sévérité de style qui leur convient, allier toutes les richesses de l’art. — Voir dans l’ouvrage cité de Pugin quelques dessins de dalles incrustées de cuivre avec les costumes.

Aujourd’hui , à la vérité, nos cimetières sont relégués loin de nous , on ne les visite guère, et les rares inscriptions qu’on y trouve ne sont lues par personne; mais, ne pourrait-on pas établir dans nos églises le long des murs, et même à l’extérieur, des tablettes commémoratives qui seraient consacrées à la mémoire des paroissiens défunts? On y trouverait un genre d’ornementation extrêmement convenable pour un temple catholique. Nous sommes persuadés que les fidèles parcoureraient ces nécrologies murales, toujours avec intérêt et souvent dans une intention pieuse; les fabriques d’église y trouveraient de nouvelles ressources. Cette idée nous est venue en voyant à l’université de Valencia en Espagne, les noms des professeurs défunts, inscrits sur les murs des auditoires où ils ont enseigné; par là leur souvenir vit encore dans la mémoire des fils de leurs élèves, et stimule le zèle de ceux qui leur ont succédé dans la chaire. De même en Italie, les murs de la célèbre université de Padova,

péen; enfin quelles forment avec les miniatures, les plus anciens monuments du dessin de cette célèbre école flamande, que les chefs-d’œuvre des frères Yan Eyck, des Roger de Bruges et des Hemling signalèrent plus tard à l’admiration des siècles, et qui est aujourd’hui un des titres les plus incontestables de notre gloire nationale.

tant ceux des salles que des galeries du rez-de-chaussée et de l’étage, sont littéralement couverts des noms et des armes de ceux de ses élèves, qui au temps passé, y furent promus au grade de docteur. Nous y avons retrouvé plus d’un enfant de la Belgique, ce qui n’a rien d’étonnant, quand on se rappelle que cette université, comme celles de Paris et de Bologne, était très-fréquentée au moyen-âge par ceux de la nation flamande.

AdhHtions.

Æé Les cimetières actuels de l’Espagne et notamment ceux de Barcelona, de Toledo et de Sevilla, présentent un caractère plus original que ceux que nous avons vus dans d’autres pays. La sévérité du paysage, l’absence presque complète de végétation, les grandes lignes horizontales des bâtisses, tout y dispose l’âme du visiteur à des sentiments sérieux. Dans ces nécropoles des temps modernes, les morts dont la famille n’est pas dénuée de toute ressource, ont leur demeure dans les innombrables alvéoles ménagées dans dévastés carrés*long de maçonnerie à plusieurs étages. Toutes les sépultures s’y ressemblent et l’on y trouverait difficilement ces distinctions que la richesse et la naissance ont établi ailleurs.

JB. Ceux de nos lecteurs qui voudraient en savoir davantage, trouveront dans la volumineuse collection de Y Esprit des Journaux, publiée vers la deuxième moitié du siècle passé, un grand nombre d’articles relatifs à cette matière. Tels sont:

Année 177S. — Mois d’avril, p. 122, Du danger des inhumations dans les églises et observations médicales à ce sujet. — Mois de septembre, p. 17S. — Mois d’octobre, p. 159. — Mois de décembre, p. $07, $55 et $6$, Sur l'origine des sépultures dans les églises .

Année 177-4. — Mois de juin, p. 75, Sur les abus et les dangers des inhumations dans les églises .

Année 1475, — Mois d’octobre, p, 70, compte-rendu

d’un ouvrage qui fut publié la même année en Italie, sous le titre de Saggio etc. ou Essai sur le lieu où Von doit enterrer les morts . Venise , 1775.

Année 1777. — Mois d’août, page 190, compte-rendu d’une Lettre de M . M *** à M. J***9 sur les moyens de transférer les cimetières hors de l’enceinte des villes . Paris 1777.

Etc. etc. etc.

On peut consulter sur la législation, tant de la république que de l’empire français, en matière d’inhumation, le Traité de la police municipale, par le comte Napoléon de Champagny , Paris, 1847, in-8o, — ii vol. p. 581; à la page 548, l’auteur signale quelques exceptions à la prohibition d’enterrer dans les églises et dans les villes.

L’ouvrage du rév. Charles Boutell, intitulé, Monumental brasses of England , se publie par livraisons chez G. Bell, Fleetstreet à Londres; il n’a pas encore paru en entier.

Aux livres susmentionnés on peut encore ajouter les suivants:

The archeological manual , in-8°, ouvrage qui contient beaucoup de notices sur les brasses ou dalles tumulaires de cuivre.

The monumental effigies of Great Britain , by Thomas Hollis , publié par Nichol 25, Parliament- Street , à Londres. — C’est une continuation du beau travail de Stoddard , connu par l’exactitude des planches; il est cependant à remarquer que l’auteur s’occupe peu des brasses, la plus grande partie de l’ouvrage est consacrée aux monuments en marbre et en bois.

Un architecte, Monsr Bloie (?), a publié un volume in-4° contenant des gravures de monuments funéraires; dans le nombre il y a des planches coloriées qui reproduisent des dalles tumulaires de cuivre richement émaillées.

Nous regrettons de ne pouvoir indiquer d’une manière plus précise quelques-uns de ces ouvrages que nous ne connaissons que par des citations»

/>. Mc Goetghebuer à Gand, qui a réuni sur la topographie et les monuments de sa ville natale une collection de documents unique dans son genre, nous a fait voir une série de dessins exécutées à la plume par maitre Arent van fVynendale , mort à Gand en 1592, avec le titre de stede-schildere. Ces dessins représentent huit dalles tumulaires de cuivre, de la deuxième classe, que l’on voyait autrefois dans le chœur de Péglise des PP. Dominicains de la même ville, où elles paraissent avoir été dessinés par Fartiste qui a écrit sur un de ces dessins: Dese, met de seven naervolgende sepulturen laghen aile van coper te Jacobiten nu ( geseydt ) Predicheeren in den choor. Ces tombes furent apparemment détruites à Fépoque du pillage des églises de Gand, par les Calvinistes, en 1566. Voir le Belgium Dominicanum .

Les figures en pied des personnages armées de toutes pièces, gravées sur ces huit dalles, sont encadrées de bordures ornées d’écus d’armoiries et d’inscriptions que nous transcrivons ici textuellement:

Hic jacet Johannes diclus Busere de Bassevelde , ohiit anno Dm. xiiic xxvi , teriia die Aprillis. Orale pro anima ejus (1826).

Icy gist Robert de Flandres, bastaert chevalier , qui trespassa Fan de grâce mil cccc soissante , le jour sant Bartholomeus ; prie pour l'âme (1860).

Icy gist Jacquemaert de Leusele, escuyer , iadis huussier heritable de monsT le comte de Flandres, et trespassa le ixe jour de september l'an xmc sexlante et quatre ; priez pour l’âme de luy (1864).

Icy gist Pieterhin, iadis filli bastart de monsegner de Flandres, qui traspasa le tiers jour de mars m. cccc soissant et six . Pries pour l’âme (1866).

Hier licht Gillis van der Biest , die starf upt huus te Beveren , die starf int iaer Ons Heeren toe men screef xmc xcij, den xx dach van ougst . Bid over de siele — ende aile sielen (1 S92).

Sépulture van Baudouyn vuter Volderstrate , die starf int' jaer duust vier hondert (1400).

Hic jacet Dns LValterus de Hersele , Dns de Hersele , quy obiit anno Dni xmc xxxi, xviij h al . may,

Au Las de cette dalle qui n’a pas dè légende dans l’encadrement, on lit: Ad dextrum cornu altaris prope januam jacet quidam Dnus Uuytkerke.

A en juger par le dessin , ces dalles nous semblent inférieures quant au style, notamment dans les accessoires, aux monuments du même genre que Ton voit à Bruges; il est vrai, que le dessinateur ne parait pas avoir tenu rigoureusement à leur conserver le type de leur époque. L’album qui nous les a conservées, a pour titre: Memorie ende conste van meester Arent van LVynendale, te Ghendt overleden stede schildere zalig: den xvi november xvc xcntich, ende my Christoffel van Heurne , toecommen by coope ten sterfhuyse van den voornoemden Mx Arent , om de singulariteyt van dieu . Un peu plus bas, on lit la note suivante:

Albertus Dei gratia archidux Austriœ S . B . E . Gard. leg. de latere , Archiepûs Toletanus . Lusitanien prorex , Philippi cath . Hisp. Regis Belgicarumq . provinc . Gubernator, olim dum hic ageret per ,15 die s ad obsidionem Hulstensis civitatis in julio 1596, ut curiosa est omnium singularitatum , per D m Jacq . Phle de Vilain comitem de Ysenghem Dnm de Resseyhem etc. magnum œconomum suœ Celsitudinis per dies aliquot hœc visitavit in palatio seu sede Fpiscopali hujus civitatis Gandavensis residens .

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