‹ Les trois frères Van EyckChapitre 28 sur 29 · ANGLETERRE · texte numérisé non relu

ANGLETERRE

Partout où il meurt des hommes, il a fallu séparer des vivants ceux que la mort venait de frapper au milieu d’eux; «séparation terrible, dit un auteur, dont la » religion a fait un précepte chez tous les peuples et » dont elle seule aussi pouvait adoucir Pamertume (1). » Dans quelques pays on brûlait les morts , dans d’autres on les embaumait, mais l’usage le plus général était de les inhumer.

Dans l’antiquité payenne et notamment à Rome, il

O) c. De Brouckere et F . Tielemans , Répertoire de l’ administration et du droit administratif de la Belgique» Bruxelles, in-8°, depuis 1834, Verbo Cimetière .

parait que chacun était libre de se choisir le lieu de sa sépulture, pourvu que ce ne fût pas dans l’enceinte de la ville. La loi des XII tables contenait à cet égard une disposition prohibitive formelle, empruntée aux lois de Solon, le législateur d’Athènes (î). La république 11’accorda le droit de sépulture dans Rome qu’aux Vestales et à un petit nombre de citoyens qui avaient rendu des services considérables à L'État ; les familles Claudia et Publicola entr’autres jouissaient de ce privilège (2). L’usage des Romains n’était pas en général d’inhumer dans la terre nue : toute famille qui n’était pas entièrement dénuée de ressources, faisait construire, pour recevoir la dépouille de ses membres, un caveau, qu’on appelait sepulcrum ou monumentum familiare . Ces caveaux étaient généralement hors du commerce , comme disent les jurisconsultes , mais l’usage s’en transmettait d’héritier en héritier, et il était défendu de les détruire ou de les changer, à peine de violation (o). Quant aux pauvres qui n’avaient ni propriétés rurales, ni parents, ni amis dont ils pussent partager le tombeau, ils trouvaient leur dernier asyle, soit dans les sépulcres abandonnés , soit dans les terrains vagues qui bordaient la voie publique (4).

Les premiers apôtres du christianisme et les martyrs qui succombèrent à la persécution payenne, furent enterrés conformément à ces dispositions ; toutefois, afin de mieux soustraire leurs dépouilles à la haine et aux

(1) Encyclopédie etc . par une société de gens de lettres . Neufchastel, 1765, in-f°, v° sépulture .

(2) C’est la première disposition de la Tabula X , en voici le texte: a nemonem mortuum endo urbed nei sepeleitod neive ureitod. »

(5) Voir le Digeste: Lib. i, t. vin, L. 6 , t. 5. — Lib. 2, t. vi, L. 6, t, dernier. — Lib. 47, t. xn. De sepulcro violato , L. 6.

(4) C. De Brouckere et F . Tielemansr Répertoire etc . I. c.

insultes des persécuteurs , on les inhuma de préférence dans les lieux écartés et secrets, tels que les carrières abandonnées (1). L’Église qui ne considère la mort de l’homme que comme lin sommeil et qui continue à compter les fidèles défunts au nombre de ses membres, veilla néanmoins de bonne heure à ce que les corps morts fussent déposés dans un lieu de repos consacré à la prière et à la méditation par une bénédiction solennelle; le cimetière Ç>) doit donc être considéré comme une institution purement chrétienne (5).

Lorsque le triomphe du christianisme fut définitivement assuré , et que les chrétiens purent s’assembler librement et partout, on s’empressa de transporter les restes des apôtres et des martyrs à Rome, à Constantinople et dans toutes les villes qui avaient été les théâtres de leurs vertus. Des églises s’élevèrent ensuite dans les lieux où ces restes étaient déposés, et la vénération qu’ils inspiraient fit naître parmi les chrétiens l’idée de se faire inhumer autour de ces reliques, nonobstant la loi qui défendait les enterrements dans l’enceinte des villes et les défenses répétées des empereurs (4).

(1} Tout le monde connait les célèbres catacombes de Rome, (ftara, ri)///3oS‘, tombeau) ces galeries souterraines creusées dans les bancs de Pouzzolane, sur lesquels la ville est assise ; elles servaient à la fois de lieu de réunion et de cimetière aux premiers chrétiens; le S, Sacrifice s’y célébrait sur la tombe des martyrs. Après les persécutions , lorsque les chrétiens purent officier à la clarté du jour, ils restèrent fidèles aux usages que la nécessité leur avait imposés, et ces tombeaux, en forme de coffre carré-long, devinrent le modèle des autels de l’Eglise romaine, (2) En grec KOill7]TTjpLOV , de KOt/xaco, dormir.

(5) V. Walter f Lehrbuch des Kirchenrechts. Bonn, 1829, in-8o, p, 535. (4; L'empereur Adrien établit une amende de 4 pièces d’or contre les contrevenants et étendit cette peine aux magistrats qui auraient permis

Vers l’an 456 après J. C. l’empereur grec , Léon I, révoqua ces défenses par sa 55me constitution, qui est conçue dans des termes qui prouvent que ce prince cédait à l’enthousiasme religieux de son époque (1).

Dès lors les cimetières à l'intérieur des villes furent légalement établis, et l’usage d’enterrer les morts dans les églises a dû se généraliser en Orient. Dans les pays de l’Occident, il semble que l’ancienne défense des empereurs romains fut respectée, du moins plusieurs décisions des conciles et les capitulaires des rois Francs n’y admettaient d’exception qu’en faveur des princes, des patrons et des hauts dignitaires ecclésiastiques (2).

Il est à remarquer que lorsque le privilège de l’inhumation dans les églises fut étendu à d’autres personnes, on n’y admettait néanmoins dans le principe, que ceux qui jouissaient de la réputation d’hommes vertueux et de bons chrétiens (3); mais, par la suite, ces limitations

d’enterrer dans l’enceinte des villes ; il voulut encore, pour nous servir de l’expression du jurisconsulte Ulpien, que le lieu de la sépulture fut confisqué et profané et qu’on exhumât le corps ou les cendres de celui qui y aurait été enseveli. Ce décret fut renouvellé depuis par Dioclétien et Maximilien, l’an 290 de l’ère chrétienne. V. Encyclopédie , 1. c.

S. Augustin (354 — 430) fut consulté sur la question de savoir s’il pouvait être avantageux d’avoir sa sépulture près de la dépouille d’un saint j et sa réponse affirmative ne permit pas de douter que dès cette époque le besoin de partager le tombeau des apôtres et des martyrs ne fut généralement senti. — V. De octo Ducilii quœstionibus , — quœst. n, de retract . Lih, ii, c. 64. — Cité par De Brouckere et Tielemans , Répertoire , l. c.

(1 ) Cette constitution , qui se trouve dans le codex , porte pour suscription: Ut cnique tam intra civitates quam extra mort nos sepelire liceat,

^2) V. Walter , Kirchenrecht, o. c. p. 274 et 335. Cet auteur cite à l’appui, c. 18, c. xiii, 9, 2, ( conc, Mogunt, t. a. 813 ) c. 15 , cod. (conc. fiannet, c. a. 895) capit. Reg. Franc. Lib. î, c. 153.

(3) S. Augustin assure que ceux qui veulent êlre enterrés dans l'église,

ne furent plus respectées. Sous le pape Grégoire-le-Grand (f 1085), l’usage d’enterrer les fidèles dans les églises et autour des églises parait être devenu général en Europe, et il fut consacré pendant des siècles, par le suffrage de toutes les nations chrétiennes.

Quoique l’on ait objecté plus tard contre les lieux d’enterrement au centre de villes populeuses, on doit cependant reconnaître que rien n’était plus propre à éveiller des sentiments grands et solennels que d’avoir à traverser l’asyle où reposent les fidèles trépassés.

« Si l’esprit humain, dit un auteur, peut concevoir » quelque consolation quand la mort nous sépare de ceux » qui nous sont chers, si les terreurs du tombeau peu- » vent être dissipées, ce n’est que par la croyance que » cette communion spirituelle entre les vivants et les morts, » grâce à laquelle les prières des survivants soulagent » les âmes souffrantes des décédés. Combien de fois le « chrétien pieux n’est-il point porté à prier pour son » frère décédé, lorsque (à l’église ou en traversant le » cimetière) il voit ces mots gravés sur sa tombe: au » nom de la charité, priez pour mon âme. Orcite pro » anima (1). » C’est ce que le grand poète florentin

malgré leur vie scandaleuse , rendront compte à Dieu de leur présomption. — V. J . Mason Neale et Benj, Webh, du symbolisme dans les églises du moyen-âge. Trad. en français. Tours, 1847, in-8°, p. 556.

Dans le 4me livre des dialogues de S. Grégoire (t 715), il est question d’un homme dont la vie avait été très-infâme et qui fut enterré dans l’église de Sl-Faustin à Brescia; on y lit que la nuit suivante S, Faustin apparut au gardien de l’église et lui dit: a Annoncez à l’évêque qu’il mourra dans trente jours, à moins qu’il ne fasse enlever de l’église le corps de ce pécheur. — Même ouvrage , p. 555.

Voir aussi un passage du même Pape cité dans la note page 16, note 1.

(1) V. IV. Pugin , les vrais principes de V architecture ocivalo ou chrétienne, édité par II. King, traduit en français par Lebrocquy. Bruges, 1850, in-4w, avec pl. — p. 193 et 198.

du xiii* siècle, a si bien exprimé dans ce passage de son immortel poème la Divina comedia .

Como> perché di lor memoria sia y Sovi’a’ sepolti le tombe terragne Portan segnato quel y ch1 2 3 egli era pria :

Onde li moite voltè se ne piagne Por la puntara délia rimembranza Che solo a pii da delle calcagne (1).

Pendant le xvme siècle, siècle de réaction contre l’esprit du moyen-âge, on protesta, au nom de la santé publique, contre cet usage séculaire qui, dans les cités populeuses et en l’absence de toutes précautions, avait donné lieu à de grands abus (2). Dès lors on commença

(1) C’est-à-dire: a Afin que leur mémoire demeure, les tombes con- » struites au pavé des églises montrent le portrait des ensévelis tels » qu’ils étaient jadis; si bien qu’on se prend maintes fois à pleurer » tout poigné par ce souvenir, qui ne fait sentir son aiguillon que dans » les cœurs pieux. » La divina comedia di Dante Alighieri. Canto XVI del Pourgatorio.

Avant lui le saint Pape Grégoire s’était exprimé dans le même sens relativement à la pratique d’enterrer les morts dans les églises: cum peccata gravia non deprimunt , hoc prodest mortuis f si in ecclesia sepe liant ur , quod eorum proximi , quoties ad eadem sacra loca conteniunt , suoram quoque sepulcra aspiciunt , recordantur etpro eis preces fundunt. — Nicol i , resp. ad Bulgaros . N° 99 , cité par De Feller, Mélanges etc. 4 vol. in-8°, Louvain, 1822, — n, 210, en note.

(2) Sans parler ici des considérations d’hygiène et d’une bonne police que l’on fit surtout valoir, l’extension abusif que l’usage d’enterrer les

morts dans les églises avait pris, donnait lieu à une violation incessante des sépultures, a Ce qui me fait opiner pour l’abolition de celte pratique, » écrivait, en 1783, l’abbé de Feller, c’est cette exhumation continuelle b des morts tirés du lieu d’un repos inviolable, pour faire place à d’autres

dans quelques pays à supprimer, à de rares exceptions près, les inhumations dans les églises, et à reléguer les cimetières situés à l’intérieur des villes à une certaine distance des murs (1).

« et leurs cendres employées à la réparation des rues ou à la fécondation » des terres : crime de lèse-humanité au premier chef, outrage fait à la » partie corporelle de l’homme qui rejaillit sur l'esprit immortel qui » l’anime. » De Feller , Mélanges, 1. c,

(1) En Espagne l’inhumation des fidèles dans les églises fut défendu dès le xme siècle, par le célèbre code des Siete partidas du roi de Castille don Alonzo , surnommé le savant. — Y. Partida 1, tit. 13, l. 2.

Sous Carlos III, don Ramon Cabrera a publié une dissertation historique pour combattre l’extension qu’avait prise de son temps la pratique d’enterrer dans les églises. Depuis 1833, il est défendu dans ce pays d’enterrer les morts dans les villes, il n’y a d’exception que pour les évêques et les religieuses professes; les premiers peuvent être inhumés dans les églises, les secondes dans les cimetières de leurs couvents.

V. Ortiz de Zuniga} Elementos de derecho administrative) , 3 vol. in-12, Grenada, 1843, — n , p. 74. — Voir Additions À.

En France , d’après les auteurs de l’ Encyclopédie, o. c. et M. Durosoir, auteur de l’article inhumation , dans le Dictionnaire de la conversation , (Bruxelles, 1844), ce fut vers l’an 1200 que s’établit dans ce pays, l’usage d’inhumer dans les églises les fondateurs et les .principaux bienfaiteurs, mais nous avons vu, p. 14, que cet usage date de plus loin; plus tard cette faveur fut vendue à prix d’argent, et tout membre d’une famille riche y eut sa sépulture. Depuis longtemps on réclamait contre cette pratique lorsque en 1763 , le parlement de Paris ordonna aux marguilliers et fabriciens de toutes les paroisses de son ressort , de remettre des mémoires entre les mains de M. le procureur-général sur l’état des cimetières; par suite intervint le 12 mai 1765, un arrêt de règlement, par lequel le parlement défendit d’enterrer dans les cimetières existants dans la capitale, à compter du 1 janvier 1766. Ce règlement n’a point eu son entière exécution; mais l’objet n’en a pas été perdu de vue: le roi Louis XVI a répété la défense par une déclaration du 10 mars 1776, enregistrée par le parlement le 21 mai suivant. — C’est le décret du 23 prairial an XII qui régit aujourd’hui cette matière en France. V. Merlin , Répertoire 7 v° cimetière , N° XII.

En Italie il y a des cimetières ou campi-santi isolés des églises trèsanciens, témoin celui de Pisa, fondé au commencement du xme siècle.

Relativement au style ou à la forme des tombeaux, il a varié selon les temps et les lieux: sans nous arrêter

Mais dans ce pays on dresse plus volontiers les tombeaux contre les murailles, qu’on ne les range sous le pavement; c’est ainsi que les plus anciennes basiliques ont conservé jusqu’à ce jour un dallage en mosaïque byzantine qui remonte à l’époque de leur construction. Dans la Lombardie et notamment à Padova et à Verona, nous avons trouvé, dispersés dans toute la ville, d’anciens tombeaux du xive ou au xv® siècle, en forme de sarcophages portés par des colonnettes, tantôt isolés tantôt adossés aux angles des rues, voir même au-dessus de portes, de la façon la plus singulière. — Parmi les cimetières modernes, établis à une certaine distance de l’enceinte des villes, nous citerons ceux de Bologna et de Brescia, à cause de leur étendue, de leur aspect imposant et du soin qui piéside à leur entretien.

En Allemagne dans la plupart des États, les cimetières sont rélegués hors de l’enceinte des villes. Il est à rémarquer que Nurnberg supprima dès 1519, dans l’intôrèt de la salubrité , le cimetière de l’église de St-Sébald, situé au centre de la ville, pour en établir un nouveau, celui de St-Jean, à 1/4 de lieu des portes: ce cimetière est peut-être le plus ancien de ce genre qu’il y ait en Europe. D’autre part, il est des villes dans l’enceinte desquelles on continue à enterrer les morts; nous en avons été témoin en 1845, à Prague, au cimetière des Juifs et à Salzbourg près de l’église où se trouve le tombeau du fameux Paracelse.

En Angleterre y on inhume journellement les morts dans des cimetières que possèdent à l’intérieur des villes toutes les paroisses, églises et chapelles; on y fait remonter cet usage au vue siècle. A Londres, quelques paroisses ont des cimetières récemment établis dans les faubourgs; nous citerons entre autres le beau cimetière de l’Ouest, mais on continue à ensevelir à l’intérieur de la ville; en 1848 nous avons vu enterrer au cimetière de l’église de Westminster.

Dans les Pays-Bas , une société de sciences Zélandaise a mis au concours en 1785, la question suivante: quels sont les inconvénients de l’usage d’enterrer les morts dans l’enceinte des villes et dans les églises , quels sont les moyens d'y obvier? Parmi les mémoires qui lui furent adressés à cette occasion, il en est un dû à la plume de Joh-Did. Van Leeuwen, qui reçut la médaille d’or en 1785. Ce travail, sans intérêt sous le rapport historique, envisage la question exclusivement sous le rapport administratif et hygiénique; il a été inséré dans le recueil des Mémoiies delà dite société, intitulé: f^erhandelingen van het genootschap der icetcnschappen te Plissingen , 1769 — 92, 15 vol. in-8°, Middelbourg, — xn, p. 5. Dans le même volume on trouve, à la page 87, un

ici aux vastes nécropoles de l’Égypte , aux superbes mausolés de la Grèce, aux tombeaux massifs des Romains, ni même aux tertres tumulaires de gazon plus modestes, mais non moins durables de nos ancêtres (1), nous dirons qu’au moyen-âge, l’usage d’inhumer les morts dans les églises et autour des églises exerça une certaine influence sur la forme même des tombeaux. En effet, on a dû éviter de gêner la circulation dans les nefs et d'offusquer la vue de l’autel: delà, ces dalles ou tombes plattes enchâssées dans le pavement même du temple; delà, ces tombes en forme d'autel, placées dans l’épaisseur des murs ou dans les parties les plus retirées de l’église; delà enfin , ces cryptes et ces chapelles bâties tout exprès pour servir de lieu de sépulture à des dynasties entières (2). On doit se rappeller ici que c’est de l’époque

autre mémoire sur la même matière par Cornelis Terne; enfin, à la page 216, il y a l’indication d’un grand nombre d’ouvrages et de dissertations écrites sur ce sujet, avec des extraits d'autres mémoires non couronnés.

En Belgique, l’empereur Joseph II porta un édit, à la date du 26 juin, 1784, dont l’article I est conçu en ces termes: «Personne, de quelqu’état, » condition, rang ou dignité que ce puisse être, soit laïque ou ecclésias- » tique, séculier ou régulier, de l’un ou de l’autre sexe, ne pourra » dorénavant être enterré dans une église , chapelle , oratoire ou autre » édifice couvert, soit à la ville soit à la campagne. »

C’est de cette époque que datent nos cimetières actuels ; ils furent régis depuis par les lois françaises. — Voir Additions B.

(1) On peut consulter sur les tertres tumulaires des anciens habitants de la Flandre, détruits de nos jours, dans les bois aux environs de la ville de Renaix, les travaux de M. l’avocat E. Joly, qui s’occupe avec succès de nos antiquités celto-germaniquesj différents articles sur cette matière ont été publiés par lui dans le dernier volume du recueil intitulé: Messager des sciences historiques de Belgique , qui s’imprime à Gand.

(2) C’est surtout en Espagne que ces chapelles sépulcrales, destinées à renfermer les tombeaux des rois ou des grands sont fréquentes; on

dite de la renaissance , que datent ces fastueux monuments funéraires qui encombrent et défigurent nos églises gothiques. Les profanes allures et les emblèmes payens de ces tombeaux , feraient presque douter, si on ne le savait d ailleurs, que ce soient des sépultures chrétiennes; ils n’ont pas peu contribué à faire perdre à ces temples ce caractère de grandeur et d’élégante simplicité qui en a fait dans tous les temps et dans tous les pays des édifices religieux par excellence.

Il parait que les plus anciennes sépultures chrétiennes étaient ornées d’une croix ou couvertes d’une simple dalle sur laquelle on avait gravé ce signe de la rédemption; bientôt on y associa les insignes de la dignité ou de la profession de la personne qu’on recommandait au souvenir: tels étaient le fuseau, l’emblème de la mère de famille; le calice ou l’anneau qui indiquaient le prêtre; le marteau du forgeron et le casque du chevalier (1). On y ajouta plus tard l’image de l’homme dans une position couchée, les mains pieusement jointes dans une attitude de prière, revêtue du costume que portait le vivant. Cette figure d’abord simplement gravée au trait dans la pierre , s’en détacha bientôt en bas-relief et devint dans la suite une statue de grandeur naturelle (2).

Au xme et au xive siècles, les tombiers formaient une classe d’artisans fort nombreuse : ils avaient des maga-

ïes trouve adossées à presque toutes les grandes églises de ce pays. Nous nous bornerons à citer la capilla del condestable de la cathédrale de Burgos, la capilla de los Velezàe la cathédrale de Murcia, et les capillas renies des cathédrales de Toledo, de Sevilla et de Grenada; dans celte dernière on voit le tombe magnifique de notre comte de Flandre Philippe-le-Benu, qui alla régner et mourir en Espagne.

(1) V. Mason neale et B. JVebb, o. c, — p. 200,

<2.) Y. Didron, o. c, — 1, p. 147.

sins de dalles de métal, de marbre, de pierre plus corn» mune, de pierre incrustée de métal rehaussée d’émail, de pierre incrustée de marbre , toutes prêtes à l’avance et où il ne manquait que le nom et les armes (1).

Les dalles tumulaires de cuivre ou incrustées de cuivre, semblent avoir été très-généralement en usage dans le nord-ouest de l’Europe du xine au xyh1 2 3 4 * 6 siècle. Nous savons qu’il en existait un grand nombre dans le Danemarck (2), en Allemagne (5), en France « où il n’y », avait guère, dit Monteil , de cathédrale ou de grande » église, qui, avant la révolution, n’eût des tombes en » lames de fer ou de laiton , comme on peut le voir » dans l’histoire particulière des villes, au chapitre des j» églises (4). En Flandre, l’abondance de la matière

(1) V. Monteil } Histoire des Français de divers états. Bruxelles, 1845, in-8°, — xiv® siècle, vol. n, p. 148,

(2) V. Klerenfeld } nobiles Daniœ , cité à l’article Brass, du Glossary

etc. o. c.

(3) Y. l’art. Brass du Glossary etc. o. c. Aujourd’hui ces monuments semblent assez rares audelà du Rhin, où l’on trouve beaucoup de tombeaux couverts de bas-reliefs ciselés en bronze, dans un style propre à ce pays; nous avons néanmoins trouvé de fort belles dalles en cuivre, dans une chapelle du Dom de la petite ville de Meissén , en Saxe ; elles font partie, croyons-nous, de la série des tombeaux des aieux de la maison régnante: il en existe d’autres à Aix-la-Chapelle. A Cologne on a fait placer en 1837 , une nouvelle dalle tumulaire en cuivre, de grande dimension, cousacrée à la mémoire du dernier archevêque; conformément à ce qui se pratiquait au moyen-âge, elle a été enchâssée dans le pavement du chœur de la cathédrale. — V. A Glossary. o. c. v° Brass.

(4) V. Monteil y 1. c. en note En France, les tombes en cuivre sont

devenues d’une excessive rareté , presque toutes celles qui avaient échappé aux dévastations du xvie siècle, ont été envoyées à la fonte durant la révolution de la fin du xvme, Il en existe encore un fort beau spécimen à l’abbaye de St-Denys , près de Paiis, c'est la tombe élevée à la mémoire de Jean de France, fils de St-Louis f 1247; elle est ornée d’émaux,

mais n appartient pas, à proprement parler, à la catégorie des dalles

première et l’habilite' des artistes dans toutes les branches de Fart, a dû les mettre en vogue de bonne heure; on y porta la ciselure à la plus haute perfection. Nous savons en effet qu’au moyen-âge la Belgique avait en quelque sorte le monopole de la fabrication du laiton: la Dinanderie (1) était pour ce pays un article d’un commerce considérable, notamment avec l’Angleterre,

plattes ciselées, dont nous nous occupons; c’est un travail de repoussé qui se rattache plutôt aux produits des fabriques de Limoges (opéré Lemovtcino. ) V. une gravure de ce monument , accompagnée d’une Notice historique, dans le vu® vol., p. 202 des Annales de Didron .

Il existe dans la célèbre bibliothèque d’Oxford, dite Bodleian library , des dessins d’un grand nombre de monuments de cette espèce, que l’on voyait autrefois en France et qui sont aujourd’hui détruits.

Les tombes gravées de pierre sont encore fort nombreuses dans ce pays, beaucoup remontent au xme siècle et sont l’objet d’intéressants travaux de la part des archéologues; voici le titre de quelques ouvrages récemment publiés, qui prouvent l’intérêt qu’on attache aujourd’hui en France à ces monuments :

Dalles de St-Nicaise de Rheims , par P. Turbé et Maquart t in-8°, texte et planches.

Dalles historiées de la cathédrale de St- Orner, par Emm. JVallet , in-4°, texte et planches.

Dalle tumulaire de Chalons , in-8®, en couleur.

Dalle tumulaire de Libergier.

Dalles historiées à St- Ré mi de Rheims , par Turbé et Maquart.

Tous ces ouvrages se trouvent chez Victor Didron, libraire à Paris.

(1) On appelle Dinanderie , les grandes œuvres de chaudronnerie historiée. Cette orfèvrerie de cuivre se fabriquait au moyen-âge , surtout à Dinant et plustard à Middelbourg en Belgique. On exécutait au marteau les figures des personnages dont on décorait les plats, les bassins, les coquemards. Michelet, dans son Histoire de France, vol. vi, p. 156, 171, 202, dit que, dès l’an 1112, «les Dynans potiers d’arain » étaient célèbres. — V. Didron, Annales etc. vol. ni, p. 259, et un intéressant article de Mr le chanoine De Smet , sur Middelbourg en Flandre, dans le Messager o, c, année 1856, page 555.

où les Flamands paraissent avoir importé celte industrie vers le milieu du xvne siècle (1).

L'emploi de lames de laiton ou de cuivre pour l’ornement des sépultures parait dater en Flandre du commencement du xme siècle (2); néanmoins la plupart des dalles que l'on y connaît encore aujourd'hui datent du xixe, du xye et du xvie siècle, et dans le nombre il y en a qui, pour la beauté du style et la netteté de l'exécution, doivent être placées au premier rang parmi les monuments de ce genre (3).

La Grande-Bretagne est sans contredit le pays de l'Europe-Occidentaîe , où les dalles tumulaires de cuivre se trouvent aujourd'hui en plus grand nombre.

Des auteurs anglais donnent à ces monuments une origine orientale (4) ; d'après eux , l’usage de ces dalles aurait été introduit en Europe par les artistes byzantins,

(1) Ch. Boutell j Monumental brasses etc. o. c. — p. 5.

(2) Charles Boutell , Monumental brasses etc. o, c. — p. 4.

(3) Les plus belles dalles tumulaires de cuivre, qu’il y ait à notre connaissance en Flandre, se trouvent à Bruges, dans les églises dé Saint-Sauveur, de Notre-Dame, de St-Jacques et de l’hôpital de St-Jean; on peut consulter à cet égard l’ouvrage publié par Mr Gaillard, intitulé: Bruges , son histoire et ses monuments. Bruges, 1847, in-8°; aux pages 122, 170, 208, 227, 252, 267, 345, 355 etc., mais il est à remarquer que plusieurs des dalles qu’on y mentionne n’existent plus. — Voir aussi l’Inventaire publié par les soins de Mr l’abbé Carton, dont nous avons parlé dans la note 1, p. 137.

Des monuments de celte espèce paraissent avoir été également assez nombreux dans les autres parties de la Belgique; il y a quelques années, un directeur de ventes à Anvers, Mr V. , offrait aux amateurs pour un prix à peine supérieur à la valeur intrinsèque du métal, une série de quatre magnifiques dalles de cuivre de la grande dimension, provenant, à ce qui parait, d’une ancienne abbaye du Brabant.

(4) A Glossary etc, o, c. verbo Brass .

qui appliquaient d'ordinaire , comme on le sait, leurs figures sur des fonds d’or. Quoiqu’il en soit, on désigne en Angleterre sous la dénomination de Brasses (de brass , bronze, airain) , des lames de cuivre ou plutôt de laiton découpées ou entières , sur lesquelles on a gravé des emblèmes, des armoiries, des figures ou des inscriptions, pour les faire servir à orner les monuments commémoratifs des défunts.

Quand on examine de près ces plaques d'un alliage métallique fort dur, on trouve que les traits y étaient profondément gravés et remplis originairement d’une substance résineuse d’une couleur noire et d’un ton mat. Ces larges lignes se détachaient admirablement sur la surface éclatante du métal bruni ou damassée, voir même doré. Les armoiries dont on reproduisait parfois les couleurs à l’aide d’un émail solidement fixé dans l’épaisseur du cuivre, contribuaient singulièrement à faire concourir le pavement, avec les verrières et les peintures murales, à la décoration des églises. Ces dalles, en effet, n'encombrant point la circulation , avaient l’avantage de pouvoir être enchâssées au beau milieu des chœurs et des nefs ; vues d’ordinaire sous un angle de réflexion , leurs brillantes surfaces métalliques semblaient faire jaillir la lumière des tombeaux et produisaient un effet saisissant dans l’ombre mystérieuse de ces sombres cathédrales du moyen-âge.

Les brasses , ou dalles tumulaires de cuivre, doivent être divisées en deux classes : la première et la plus nombreuse comprend les dalles de pierre de taille , soit marbre, soit grès, dans lesquelles la figure du défunt est découpée en silhouette dans une lame de métal , ainsi que différents ornements : les armoiries , emblèmes , inscriptions en ruban, gravées sur autant de pièces distinctes sont incrustés et rivés séparément dans des intailles correspon-

dan tes dans la pierre , nommée casements par les auteurs anglais (1).

La deuxième classe parait avoir été moins nombreuse , mais elle renferme les spécimens les plus beaux et les plus riches. On y comprend ceux de ces monuments qui se présentent sous l’aspect de grandes plaques de cuivre, d'une seule pièce ; mais qui en réalité sont souvent composée de plusieurs lames rapportées ensemble, dont les joints sont dissimulés avec une grande habilité dans la profondeur des traits. La figure du défunt, ordinairement de grandeur naturelle, y est réprésentée, debout ou couchée, dans une de ces attitudes conventionnelles que nous explique l’iconographie du moyen-âge. Les contours vigoureusement accusés, se détachent d’ordinaire sur un fond imitant les dessins de ces gracieuses tapisseries gothiques , qu’on retrouve sur la plupart des tableaux flamands du xvme et du xvime siècles. On y voit parfois des armoiries ou des symboles, les emblèmes ailés des quatre évangélistes , des banderoles ornées d’inscriptions , de devises ou de textes sacrés que l’artiste faisait sortir de la bouche ou plaçait entre les doigts des personnages ; une inscription très-laconique, en lettres onciales au xme siècle, en caractères dits gothiques à dater du xivc, encadre d’ordinaire le monument.

Les dalles de cuivre de cette deuxième classe, dont la valeur intrinsèque en métal était souvent fort grande, sont considérées par les auteurs anglais comme originaires de la Flandre et propres à ce pays; ils les désignent souvent sous la dénomination de flemish brasses, tandis qu’ils considèrent en quelque sorte comme nationales,

(1) V. Waller, o. c, — p. 8.

english brasses, les dalles de pierre incrustées de cuivre que nous avons rangées dans la première classe (1).

L’usage de ces dalles tumulaires de Tune et de l’autre espèce parait avoir passé de la Flandre en Angleterre vers le milieu du xni® siècle, il y persista jusques dans le xyii° (2), pendant près de 400 ans! A la différence de ce qui se voit sur le continent, on y rencontre plus souvent ces dalles, lorsque la disposition des lieux le permettait, sur des tombeaux élevés en forme d’autel, mais d’ordinaire elles font partie du dallage même des églises.

Les plus beaux spécimens que l’on trouve dans les différentes parties de la Grande-Bretagne ont été dessinés et ciselés en Flandre, d’autres furent exécutés en Angleterre par des Flamands , d’autres enfin par des artistes nationaux. Ces derniers, d’après les cartons de ces anciens maîtres de l’école de Bruges, «auxquels, dit un auteur » anglais, nous sommes d’ailleurs redevables des dessins

(1) V. Waller , o. c. p. 8. — V. Glossary etc. o. c. article Brass. Les dalles de la première classe semblent avoir été aussi nombreuses en Flandre que celles de la deuxième classe; c’est ce que nous prouvent les traces d’incrustation que conservent ces grandes dalles de pierre bleue que l’on voit partout aux abords de nos vieilles églises et notamment à Bruges près de Saint-Sauveur, de Notre-Dame, au quai de la Main d’Or; à Damme et dans ces anciens villages de la côte de Flandre, si peuplés et si florissants au xiv® et au xv° siècles.

(2) La plus ancienne dalle incrustée de cuivre dont il soit fait mention dans les auteurs anglais que nous avons consultés, est celle qui fut placée sur le tombeau de Joceline, évêque de Wells f 1242, au milieu du chœur de la cathédrale de cette ville. V. A Glossary , o. c. v° brass. — J. Brittan, The history and antiquities of de cathédral church of Wells. London y 1847, in-12 , p. 117.

Un des derniers et des plus remarquables monuments de cette espèce existe à Chigwell dans le comte de Essex; on y a représenté la figure de S. Hurmet, archevêque de Yorck f 1631.

:> originaux de plusieurs figures peintes sur les screens (1) » et les tabernacles, et de ces nombreux monuments » sculptés en relief ou creusés dans la pierre, que Ton » trouve dans les vieilles cathédrales de l’Angleterre (2). » Ces dalles se trouvent le plus fréquemment dans les parties de la Grande-Bretagne qui, par suite du commerce des laines, avaient les communications les plus directes avec la Flandre. Elles se distinguent aisément à la première vue par le style et la correction du dessin , de celles qui sont dues à des artistes anglais: d’un simple trait profondément et hardiment tracé, le ciseleur flamand fait ressortir une figure d’homme, de femme, d’enfant à faire envie aux plus mâles et aux plus gracieuses figures des vases grecs et des intailles égyptiennes. L’habilité dans la disposition des draperies, si remarquable chez les peintres de l’ancienne école de Bruges, s’y retrouve toute entière. Leur origine flamande est généralement reconnue par les

tl) Voici la définition que donnent de ce terme anglais MM. Waller, o. c. p. 24. « In ecclesiastical architecture the word screen dénotés à « partition of stonef tcood or métal , usually so placed in a church as » fo shut out an aile front the choir; a primate chapel from the transeps; a the nave from the choir ; the high altar from the east end of the building ; » or an altar-tomb from one of the public passages , or large areas of » the church . »

Cette espèce d’écran en pierre, en bois ou en métal qui se rencontre fréquemment dans les églises de l’Angleterre est ordinairement couvert de peintures, de sculptures ou de ciselures de grand mérite et souvent très-anciennes.

(2) V. Waller , o. c. p. 25. On sait qu’à plusieurs époque? des émigrations d’artisans flamands s’établirent en Angleterre et y importèrent des procédés industriels inconnus jusqu’alors. Il est fort possible que l’auteur anglais entend faire allusion ici à ceux de nos compatriotes qui s'établirent au xivmo siècle dans le comté de Norfolk; il est certain que parmi eux se trouvaient les artistes qui exécutèrent entr’autres monuments une châsse très remarquable pour l’église de Norwich.

auteurs anglais (1); elle résulterait d’ailleurs à Févidence de ce fait, qu'il est arrivé que des lames de cuivre, détachées de la pierre, ont présenté au revers des traces incontestables d’origine étrangère et même des inscriptions en langue flamande (2).

(1) Voir Waller j Boutel etc. o. c. et une article du Gentleman’s magazine de 1829, — p. 299.

(2; Voir l’article Brass du Glossary etc • o. c.

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Foici V indication, par ordre chronologique , de quelques dalles tumulaires de cuivre , que l’on trouve dans les différentes parties de V Angleterre et qui furent ciselées ou dessinées par des artistes Flamands,

XIVe SIÈCLE.

Les archéologues Waller signalent sept dalles de cette époque, elles existent encore aujourd’hui et doivent, d’après eux, être attribuées à un célèbre artiste flamand dont on ignore le nom, mais que Gough, dans son admiration, appelle le Cellini du xive siecle.

Ce sont:

A Lynn dans le comté de Norfolk.

Le monument d’Adam de Walsokne et de sa femme f A. D. 4349.

Dans Y église de l' abbaye de St-Alhan.

Le monument de Fabbé Thomas De la Mare, décédé vers 4360.

A Newarke dans le comte de Nottingham.

Le monument de Alan Fleming f A. D. 4364 (4).

(1) Afin de donner une idée au lecteur du style de ces monuments, nous reproduisons ici, d’après une planche de l’ouvrage de Waller, la figure du personnage gravée sur la dalle ; c’est peut-être un descendant de ces valeureux Flamands qui accompagnèrent Guillaume de Normandie à la conquête de l’Angleterre et dont plusieurs familles du nom de Fleming , se font gloire de descendre.

Le monument de Robert Braunche et de sa femme

A Topcliff, près de Thirck, dans le comté de Yorck. Le monument d’un jurisconsulte et de sa femme f A. D.

A North Mimms près de St-Alban.

Le monument d’un prêtre en costume ecclésiastique.

A Wenüexj dans le comté de Yorck.

Le monument d’un autre prêtre, revêtu également de

ses habits sacerdotaux.

Sur ces deux dernières dalles on voit figurer le calice, symbole de la digriité des défunts; il est à remarquer que ce vase sacré s’y trouve représenté dans la même position que sur les monuments analogues qu’on voit en Flandre et d’une façon différente de celle qui était usitée en Angleterre.

A ces sept dalles , qui sont de la même main , et paraissent avoir été importées toutes gravées de la Flandre (1), il faut en ajouter une huitième, qui semble avoir été exécutée par le même artiste; elle se trouvait autrefois à Lynn Regis, et n’existe plus aujourd’hui, mais elle a été conservée en gravure par Cotman, d’après un dessin de Gough.

C’était le monument de Robert Attelathe A. D. 1378.

Ces dalles de cuivre sont régardées comme les plus belles de l’Angleterre; elles présentent une si frappante similitude avec celles que l’on conserve à Bruges, dans la cathédrale de Saint-Sauveur , que Boutell n’hésite pas à dire qu’elles ont été exécutées par le même artiste (2).

(1) Ces dalles ont en général an plus 10 pieds de long sur 5 de large.

(2) Voici les termes mêmes dont se sert cet auteur. Monumental Brasses and slabs , — p. 21.

Parmi les dalles de moindre importance ciselées durant le même siècle, par des artistes flamands ou d’après leurs dessins , on compte encore les suivantes :

Dans l’église de Jveluy , comté de Essex.

Un monument qui porte la date de 1370.

Dans l’église à'Elsing , comté de Norfolk.

Le monument de Hugh Hastings qui mourut A. D. 1347.

Cette dernière dalle, gravée avec un fini remarquable , n’est plus aujourd’hui dans un état parfait de conservation ; mais elle n’en conserve pas moins un grand intérêt, à cause du soin qu’a mis l’artiste à reproduire avec tous ses détails le costume des chevaliers du temps , et du parti qu’il a tiré de l’application de l’émail pour les armoiries.

Dans l’église de Rothwell , comté de Northampton.

Le monument de l’archidiacre William de Rothewelle , f A. D. 1361.

« Among the pecuîarities of treatment common to ail these brasses, » with the works of the same artist yet remaining at Bruges, the manner » in which the mooth is expressed in ail the principal effigies is very » remarkable , in the diapers , embroideries and ornamental accessories » also , animal forms abound, in connexion with a strikiüg predomi- » nance of triplicity in the arrangement of parts and details: and the » various architectural membres are characterisedbyan elaborated richness » combined with the most élégant lightness. #

A la page 25 il ajoute:

<& The cathédral of Bruges contains some examples which in every » particularity of sin , desing, and style of workmanship resemble the » brasses of St-Albans and Lynn , and are without doubt the production » of the same hand. »

Nous pensons que l’auteur anglais fait allusion ici à la dalle tumulaire de Wouter Coopman f 1587, qui se trouve à la cathédrale de Bruges dans la chapelle des saints Crépin et Crépinien. Un autre monument dans le môme style, que l’on voit à droite de l’entrée de la chapelle des fonts baptismaux , fut consacrée à la mémoire de Joris de Munter

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