‹ Les trois légendes de madame Saincte Anne [microform]Chapitre 3 sur 112 · AU LECTEUR · texte numérisé non relu

AU LECTEUR

Voti compellit necessitas, a dit un vieux Trithème dont

Notre livre aussi est la suite d'un vœu.

Une femme était malade,—maiade à mourir, —et en effet les médecins ne lui donnaient plus que quelques jours de vie.

Un Père fut appelé—on devine son nom. La femme avait réuni autour d'elle ses cinq enfants, des enfants plus ou moins en haillons, car elle était pauvre et clouée sur son lit

| depuis onze mois.

Le Père lui dit ce qu’elle savait déjà : “ Que dans trois jours... .etc.”—" Père, répondit-elle simplement, en montrant ses cinq enfants, vous voyez bien que je ne puis pas mourir! Ils disent, eux, que c’est fini, mais ce n’est pas possible. Vous, prêtre et religieux, croyez-vous en sainte Anne? Ce sera bientôt sa fête. Voulez-vous me promettre de faire une neu-

Ù vaine avec moi ? ”

Le Père promit.

Rentré chez lui, cette promesse le hanta. Il se mit à genoux, fit le signe de la croix, et écrivit ceci sur une carte :

‘“ Bonne sainte Anne, ma mère, autrefois, m'a prêché confiance en vous: si vous me guérissez cette malade, je travaillerai pour vous dix ans.”

Au quatrième jour de la neuvaine, la femme était à toute extrémité. Le prêtre lui porta une dernière fois “le bon Dieu”, la prépara à la mort, et, comme il était appelé ailleurs

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