‹ Les trois légendes de madame Saincte Anne [microform]Chapitre 41 sur 112 · LAN · texte numérisé non relu

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Fig. 42. Transport de la Sainte Maison, d’après Le not,

Il s'agissait de vérifier le fait. Le gouverneur de Dalmatie, l'évêque et trois notables de Tersatz, se rendent en Terre Sainte, Ils coñstatent que la maison de Nazareth a disparu précisément à l'époque du transport en Dalmatie, et que les fondements qui en

restent sont en juste proportion avec les mesures qu'ils ont prises sur l'édifice transporté.

De retour en Dalmatie, ils dressent du tout un procès-verbal,

qu'ils déposent aux archives de la ville, et unSpèlerinage commence.

Mais trois ans et sept mois après, le 10 décembre 1294, la sainte

maison était enlevée de nouveau par les anges, et transportée de l’autre côté de l'Adriatique, sur le territoire de Recanati, dans la marche d'Ancône; et là, s’enfonçant un peu dans le sol, elle s’arrêtait dans un bosquet de lauriers, d’où lui est venu son nom aujourd’hui si populaire de Lorette,

Comme à Bethléem, les bergers furent les premiers appelés à visiter la sainte maison, vers laquelie se fit ensuite le même mouvement de population qu'en Dalmatie. Mais les brigands s'étant mis à dépouiller les pèlerins, le mouvement se ralentit peu à peu, et le sanctuaire fut bientôt déserté,

Fig. 43. Basilique de Lorette.

Huit mois après, il était encore transféré à un mille plus loin, sur une colline découverte, appartenant à deux frères de Recanati. Il y eut là nouvelle affluence, plus riches présents, et la cupidité des propriétaires du sol, ne connaissant plus de bornes, fut sur le point de se porter au fratricide.

Les anges durent soustraire la sainte demeure à une telle profanation, et une quatrième et dernière fois, ils la transportèrent un peu plus loin, sur la route allant de Recanati à la mer, et la

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1ppelés à mouves s'étant à peu, et

plus loin, Recanati.

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une telle sportèrent mer, et la

déposèrent définitivement sur le terrain où s'élève la superbe église qui l'enveloppe aujourd'hui.

Une nouvelle étude constata cette translation miraculeuse que plusieurs siècles de miracles devaient ensuite divinement confirmer» pendant que les diplômes pontificaux et les offices commémoratifs l'éleveraient à une certitude religieuse.

Ainsi de l'Orient éteint, tombé aux mains des infidèles, à l'Occident lumineux, héritier des bénédictions dont la Palestine s'était rendue indigne, est passée la maison de lumière sanctifiée par les parents de la Vierge et par l’Incarnation du Verbe, A l'Orient toutefois restent le berceau de Bethléem et le tombeau du Christ, l'un et l’autre pour rappeler peut-être qu. celui qui est venu pour “Israël” son “élu”, entend bien le res: asciter un jour, fût-ce après de longs siècles de sommeil et de mort .

De Nazareth, leur résidence habituelle, Joachim et Anne venaient quelquefois à Jérusalem, et peut-être y passèrent-ils les dernières années de leur vie, depuis celle qui précéda la naissance de la Vierge jusqu’à leur mort.

La maison de Jérusalem, comme toutes les autres maisons de pasteurs, était située dans le quartier que l’on nommait, en hébreu : Pésetha, en grec: Probatique, deux mots qui signifient l’un et l’autre quartier où lieu des troupeaux. Ce quartier, bâti tout près du Temple, était, en effet, réservé à la garde ou à la vente des brebis et des agneaux destinés aux sacrifices,

La maison de saint Joachim était près de la piscine appelée aussi Probatique, du nom de ce quartier.

Or cette piscine est celle dont parle saint Jean, au cinquième chapitre de son évangile :

1 Propter servum meum Jacob et Israël e/ec/um menum. Isaïe, XLV, v. 4.

* Sur la Santa Casa : Milochau, Wasareth et Lorette (in-120, Casterman, 1865) ; Benoît XIV, De festis, à l’art. de la Zranslation de la S. Maison de Lorette, dissertation résumée par Petitalot,. Za Wierge- Mère (2 in-120, Paris. 1869), t. 1, p. 205, ss. ; Mayÿnard, La Vierge {éd, Didot) ; Mislin, Zes Saints lieux, etc,

“Il y a, à Jérusalem, dans le quartier de la Probatique, une piscine appelée en hébreu Béthsaïda (c'est-àdire maison de miséricorde), laquelle a cinq portiques.

“ Là gisait une grande multitude d’'infirmes, d’aveugles, de boiteux, de paralytiques, qui attendaient Fig. 45. Piscine de Bethsaïda, l'agitation des eaux. |

‘Car l’ange du Seigneur descendait à certains moments dans la piscine et agitait les eaux, et le premier qui descendait dans la } piscine, après le mouvement des eaux, était guéri de quelque mal qu'il fût atteint.

“Et il y avait un homme qui comptait déjà trente-huit ans de maladie.

“Jésus l'ayant vu gisant, et sachant qu'il souffrait depuis longtemps, lui dit : ‘“ Veux-tu être guéri ?”

“ Le malade lui répondit : “ Seigneur, je n’ai personne qui me ‘“ porte à la piscine, lorsque l’eau a été remuée ; et pendant que j'y “ vais, un autre y descend avant moi.”

“ Jésus lui dit : ‘ Lève-toi, prends ton grabat et marche.” “ Et aussitôt cet homme fut guéri, et il prit son lit, et il marcha.”

C'est au seuil même de la maison de saint Joachim,—disons aussi de la maison de sainte Anne,—que Notre-Seigneur accomplit ce grand miracle, et ce nom de ‘“ Maison de la miséricorde ” qu'on donnait à la piscine, convient bien à la Sainte elle-même, ca: grdce et wiséricorde, dit saint Jean Damascène, se ressembient de bien près 1.

La maison des deux saints époux n'avait, du reste, rien qui pût attirer les regards. ‘“ Elle était, selon l'usage de la Palestine,

1 $, Joannis Damasceni, De fide orthodoxa, lib, IV, cap. XIV ; Migne, Patrol, gr., t. XCIV.

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Sainte-Anne de Jéru

Fig. 46.

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en partie creusée dans le roc, qui, dans ce quartier de la ville, s'élevait alors en amphithéâtre vers les remparts, en partie fermée par un mur de maçonnerie. La maison de la sainte Vierge à Naza-

reth, la bergerie où Notre-Seigneur naquit à Bethléem, étaient de c même, en partie, creusées dans le roc. ‘“ Je le remarque, dit Mon- d seigneur Lavigerie dans une étude magistrale sur Sainte-Anne de s

Jérusalem, je le remarque, parce que c’est leur humilité même qui a nous a gardé ces précieux monuments de notre foi. Si Anne, si

Marie eussent habité les palais des rois, si Notre-Seigneur y fût né, te leurs de meures seraient en vain cherchées aujourd’hui par la piété FA des chrétiens. Où sont les palais de Jérusalem? Bâtis par la main En

des hom mes, ils sont devenus ce que dévient l'œuvre des hommes:

\ , « : : : AT es ruine et poussière. Mais Dieu, quand il bâtit, fonde sur le roc, ss Voilà pourquoi la maison de sainte Anne nous a été conservée: de Fundata enim erat supra firmam petram. Ce ‘# C'était dans cette pauvre maison de “leurs ancêtres” qu'habitaient les deux saints époux, lorsqu'ils venaient à ' Jérusalem toi pour la vente de leurs brebis ou pour la célébration des fêtes de fél l’ancienne loi; là qu'ils priaient ensemble, ‘“ étant tous deux assidus bé 1» LA H . L4 4 s .

au Temple ',” au témoignage de saint André de Crète ; ce qui, selon pet

cré Cr éta Mè NO DE Cu

la remarque de Combefis, son savant traducteur, leur était facile, à cause du voisinage de leur habitation,

“ Un mot de saint Epiphane, rapproché de circonstances d’ailleurs assurées, permet d'ajouter un gracieux détail à ce que nous savons de l'habitation des deux saints Patriarches, Joachim et Anne se séparaient quelquefois : l’un se rendait au milieu de ses troupeau x, dans les montagnes de la Galilée, l’autre attendait dans la Ville sainte; et saint Epiphane dit à cette occasion : “ Joachim

priait alors sur ses montagnes, et Anne dans son jardin*”: ce qu'il qui faut entendre sans hésitation de leur maison de Jérusalem ; car c'est une après ces prières qu'Anne va à la rencontre de Joachim à la Porte est-

1 $S. Andreæ Jerosolymitani, archiep. Cretensis, 2 Wativ, B. M. V. sermo L— Migne, Patrol, gr,, t, XLVII, col. 818,

> S. Epiph., De laud, S. Marie Deiparæ oratio.—Migne, Prtrol. gr, t. XXII, <ol. 1282,

la ville,

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Dorée ;, à quelques pas du Temple et de la Probatique, c'est-à-dire de leur demeure.”

Un modeste jardin s'ajoutait donc à la maison de sainte Anne, comme il était naturel pour une bergerie ; et une tradition pieuse de Jérusalem veut qu'un arbre y ait été planté par Marie et qu'il se soit conservé jusque bien longtemps après les Croisades *, Cet arbre aurait été un olivier, symbole de la paix et de la douceur.

Aujourd’hui encore, un vieil olivier, bien des fois séculaire, se trouve devant l’église de la Sainte. Est-ce le même que celui du moyen âge ? A-t-il, comme les oliviers de Gethsémani, survécu à tant de causes de destruction et de ruine ? On ne saurait le dire, Mais il est bien là, car sainte Anne est vraiment “l'olivier fécond de la maison de Dieu,” que ‘“ l’on reconnaît à ses fruits.” C’est la pensée des saints Docteurs ; et peut-on trouver un plus parfait éloge pour Celle dont le fruit de bénédiction a été la Mère de Dieu ?

Ces souvenirs sacrés sont célébrés à l’envi par les Pères. “Que toutes les créatures se réunissent, dit saint Jean Damascène, pour féliciter avec joie et louer la bienheureuse Anne de son enfantement béni ! Elle a engendré au monde un trésor qu'aucune puissance ne peut lui ravir. O couple heureux d'Anne et de Joachim, toute la création vous est redevable! Par vous, en effet, elle offre au Créateur le don qui surpasse tous les dons, la chaste Mère qui seule était digne du Créateur..…...Salut, à Probatique, temple sacré de la Mère de Dieu! SALUT, à PROBATIQUE, MAISON DES ANCÊTRES DE NOTRE REINE! SALUT, Ô PROBATIQUE, TOI AUTREFOIS BERGERIE DE JOACHIM, ET MAINTENANT ÉGLISE DU TROUPEAU SPIRITUEL DU CHRIST, ET IMAGE DU CIEL *.”?

Ecoutons encore Monseigneur Lavigerie évoquant les souvenirs qui donnent à cette humble maison de Jérusalem une consécration, une gloire divine. Aussi bien, l’histoire de sainte Anne ne nous est-elle précieuse que parce qu'elle prépare celle de Marie et de Jésus,

l Adrichomius, Z#eatrum Terre Sanctæ, in-fol, s. 1, ni d., p. 167. : Les pèlerins du moyen âge parlent souvent de l’arbre du jardin de sainte Anne,

4 S. Joann, Damasceni, Zom, Zin Nativ. B. V. AL; Migne, Patrol, gr, t. XCVI, col. 670.

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“ Marie, dit-il, hérita de cette maison de ses ancêtres, et la garda jusqu'à sa mort, ou tout au moins jusqu'à la passion de son

Fils.

“On ne peut douter qu'elle n'y demeurât, lorsqu'ils montaient au Temple pour les fêtes, C'est ce qu'affirme, d'après les traditions anciennes, l’un des plus savants critiques qui aient écrit sur la Terre sainte. Il dit que Marie y demeurait encore ‘au temps de la passion de son Fils !,”

“Que de conséquences, intéressantes pour la maison de sainte Anne, nous pouvons donc tirer des récits même du saint Evangile!

“ C'est là que fut porté Jésus, lorsqu'on le présenta au Temple, au jour de sa circoncision,

“C'est là qu'il demeurait, lorsque ses parents le perdirent, durant leur voyage à Jérusalem, et le trouvèrent tout près, dans l'enceinte même du Temple, dont le voisinage explique le récit évangélique.

“C'est là qu'il se retirait pour échapper à la foule, comme il le fit, sans doute, le jour où il accomplit son grand miracle de la Probatique et où l’on ne put le retrouver que plus tard, dans le Temple, parce que, tout d’un coup, “il avait disparu de la foule qui était dans ce lieu.”

“C'est là qu'il venait jusqu'au temps où commencent les grandes scènes de la Passion. Alors la pauvre maison souterraine de Bézétha ne suffit plus. Il faut une plus vaste demeure, et il envoie ses disciples la choisir dans le quartier de Sion.

“ Mais, sans recourir aux conjectures, si naturellement qu'elles s'imposent, c'est chose merveilleuse de voir comment la maison de sainte Anne est, à Jérusalem, entourée en quelque sorte d'une auréole sacrée par les plus grands souvenirs de notre foi.

‘“ À quelques pas à peine, l'enceinte du Temple, avec sa ngue

1 Adrichomius, p. 153, in op. cit. Il convient de citer le texte entier à cause des références que nous y avons déjà faites :

Domus S, Annæ aviæ Christi, in qua, una cum Joachim conjuge suo, cum festa Hierosolymis ageret, hospitabatur, ubi et uterque obiit. Hic B, Maria Virgo concepta est; atque ibidem passionis Christi tempore mansit. Ubi postea pulchrum in honcrem sanctæ Annæ ædificatum est templum.

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histoire qui est celle de la religion du vrai Dieu dans le monde. Dans cette enceinte, le rocher où, au témoignage de saint Jérôme et de toute l'antiquité, Abraham se prépara à immoler son fils, figure de l’immolation du Fils de Marie, En remontant un peu vers le nord, le palais de Pilate et toutes les scènes de la Passion: le tribunal, la Scala Sancta que montèrent deux fois les pieds ensanglantés de Jésus, l'Ecce Homo, la Flagellation, tout cela dans la rue même où se trouvait la maison de sainte Anne. car Marie est née, Anne a quitté ce monde dans la maison qui commence la voie douloureuse. ‘“ Si quelqu'un, dit le Sauveur, veut être mon disciple, qu'il prenne sa croix et qu'il me suive ‘!” Et qui l’a jamais mieux suivi que son aïeule et sa Mère, qui cependant le précédaient ?

- : ‘# Vers le sud, on est | bientôt hors ce la ville, car Sainte-Anne est contre les murs mêmes de la cité. On a devant soi Gethsémani, où commença l’agonie du Sauveur et le lieu où il enseigna aux apôtres le Votre Père, la prière divine; et plus haut, dominant tout, le lieu où il monta au ciel ; puis, en revenant vers la ville sainte, le tombeau de Marie, d’où elle s’éleva glorieuse comme son Fils,

“N'ai-je pas raison

de dire que la maison de

sainte Anne est enve-

loppée d’une auréole ? Et

quelle auréole plus mer- Fig. 47. Sainte-Anre de Jérusalem, façade. veilleuse !

1 S. Hieronymi Comment, in Feremiam, lib. V, cap. XXVI. Venetiis, Zerlati, 1767, t. IV, p. 1026.

* Luc, IX, 23.

“ Encore deux souvenirs qui m'ont touché, continue Mgr. Lavigerie :

“ Sainte-Anne se trouve entre lieux monuments dont l'un est en ruines et dont l’autre ne laisse plus de traces visibles à l'œil du pèlerin, mais qui parlent éloquemment tous deux de miséricorde et de repentir, L'un est le sanctuaire élevé sur le lieu où Madeleine obtint le pardon de Jésus, en couvrant ses pieds de parfums et de larmes ; l’autre est le lieu où saint Pierre, après sa chute, vint verser dans la nuit, ces larmes amères ont parle le saint Evangile! Il semble que ces deux grands coupables, figures de tous les pécheurs, soient venus chercher le voisinage de la maison d'Anne et de Marie,

pour mieux obtenir le pardon de Jésus,

A part ces deux habitations de Nazareth et de Jérusalem, les parents de la Vierge semblent en avoir possédé une autre à

Fig. 48. Ruines de l'Eglise Saint-Joachim et £ainte-Anne à Séphoris, Séphoris. La tradition fait de celle-ci, tantôt la maison paternelle

1 Lavigerie, Sainte-Anne de Jérusalem, dans le Bulletin de l'œuvre de saint Augustin : — aussi à pat, en brochure.

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l'un est l'œil du corde et adeleine ms et de nt verser ngile! Il Jécheurs le Marie,

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ut Augustin :

de saint Joachim, tantôt, et plus souvent, la maison paternelle de sainte Anne, Æxr Sephori Anna, dit Jean de Wurzbourg*; Saphoria civitas Anne, dit à son tour Vincent de Beauvais”,

Lisons maintenant une belle page de Monseigneur Darboy. Car pourquoi, ici encore, ne laisserions-ncus pas parler ceux qui ont eu le bonheur de voir ? Et que voulez-vous qu'il dise, le pauvre sauvage, perdu là-bas dans ses quelques arpenis de neige? 11 a bien entendu une fois qu’on disait :

Voici mon Orient, peuples, levez les yeux !

Et depuis, de tout son cœur, certes, il a désiré de lever les yeux et de voir.…...mais..... Mais il faut lire, disions-nous, une belle page de Monseigneur Darboy :

“ De Saint-Jean d’Acre au lac de Tibériade, on traverse la gracieuse plaine de Zabulon, bordée à droite et à gauche, de collines qui s'élèvent en pentes douces et semblent vouloir marquer les ondulations de leur surface par des bouquets de la plus riche verdure. Après avoir franchi la chaîne de montagnes qui se rattache au Liban, et court, du nord au midi, jusqu'aux sables de l'Arabie Pétrée, on se trouve au village de Saphora (Séphoris), débris

! De Thiberiade retournant contre occident a VI. lieues pres et de Cana Galilée à 11. lieues contre ie midi est la ville de Séphoron dessus laquelle est ung beau chasteau de laquelle ville on dit que Joachim pere de la vierge Marie fut né.” —Breydenbach, dans le rare et curieux ouvrage connu sous le titre de ‘Zes saintes peregrinations de Jérusalem,” mais en réalité sans titr:. On lit à la fin du volume : Cy finit les saîs voyages et pelerinages de la saîcte cité de hiérusalem et dumont synay a madame saincte K‘therine vierge et martyre en ce lieu sont compris et contenus, Imprimé le Xvi11 jour de frevier (sic) l'an mil CCCCLXXXIX (in-40, sans lieu),

* Secundo milliario a Nazareth, Sephoris civitas est, via quæ ducit Acho. Ex Sephori Anna, Mater Mariæ Matris Domini nostri, In Sephori etiam dicitur fuisse nata beata Virgo Maria.---Sed teste Hieronymo, ut ait in Prologo Sermonis illius quem fecit ad Heliodorum de Nativitate sanctæ Mariæ, inipsa civitate Nazareth nata esse dicitur ; et quidem in eodem cnbiculo ubi et postmodum ex obumbratione sancti Spiritus ad angelicam salutationem :oncepit, Joannis Wirzburgensis presbyteri Deseriptio Terre sancte, Migne, Patrol, lat., t. CLV, col, to57.

3 Vincentins Bollovacensis in Sfeculo historiali, ib, 31, cap, 62, ita scripsit : ‘* Porro ad decem leucas a Tyberiade sita est Nazareth Galilææ, et inde ad duas in via quæ ducit ad Acon, sita est Saphoria civitas Annæ matris beatæ virginis Mariæ, - Acta SS., t, VI juli, p. 236.

d’une cité qui fut longtemps vaste et florissante, Les Romains lui avaient donné le nom de Diocésarée, un grand nom parce qu'ils en avaient fait une grande chose, la première ville de la Judée après A Jérusalem’, Au moyen âge, elle put contempler, du haut de ses re...parts, la célèbre bataille où la royauté de Guy de Lusignan J périt, non pas sous le cimeterre de Saladin, car le glaive ne put dompter la bravoure des Francs, mais dans des torrents de flammes qui s'élevaient des herbes incendiées par l'ennemi et que le vent portait, avec des flèches musulmanes et des torrents de poussière, aux yeux des croisés. Il y a soixante ans, un des généraux de la révolution fit luire dans les mêmes plaines l’épée victorieuse de la France, et plus heureux, non plus brave, vengea le sang de nos magnanimes ancêtres.

“ Mais ce qui rend Saphora célèbre, ce n’est pas son souvenir de grandeur profane, ni sa couronne de ruines, ni son site agréable, ni ses horizons splendides ; c'est que le christianisme a rempli ces Îieux d'une gloire impérissable et y a placé une source d’émotions vives et puis-

Fig. 49. Ruines du Château de Séphoris, santes qui coulera, sans tarir, jusqu’à la fin des siècles,

1 Sepphoris, était, à l’époque de la guerre des Juifs contre les Romains, l'une des principales villes de la Galilée, au centre de laquelle elle se trouvait, Consacrée auparavant à Auguste par Hérode Antipas, elle s'appelait également Diocésarée, nom qui indique qu’elle avait pris à la fois pour patrons Jupiter et l'empereur. Après la chute de Jérusa- > lem, le grand Sanhédrin se refugia à Sepphoris, avant d’aller s'établir à Tibériade.—U ne communauté chrétienne s'y forma ensuite, et un évéché appartenant à la Palestine seconde y fut créé, Guérin, Za Zerre-Sainte (2 in-40, 1882), t. 1, p. 300.

nains lui qu'ils en lée après it de ses Lusignan > ne put » flammes e le vent poussière, ux de la euse de la g de nos

ais ce qui phora célè- 'est pas son de granfane, ni sa e de ruines, te agréable, __ horizons des ; c'est ristianigme li ces lieux loire impéetya placé rce d'émoves et puisqui coulera,

ains, l'une des crée auparavant om qui indique chute de Jérusa-

ibériade.—U ne à la Palestine

“ Saphora fut la demeure de Joachim et d'Anne, parents de la Vierge; trois heures de marche dans les montagnes conduisent de cette ville à Nazareth, où le V-*be s'est fait chair, et où quelques traditions placent même le berceau de la Vierge Marie, Qui pourrait fouler sans un tressaillement de joie et d'amour ce sol privilégié où le salut du monde a germé et fleuri ? Ces hauteurs furent l’escabeau qui soutint la majesté de l'Eternel lorsqu'il abaissa les cieux et toucha la terre ; c’est dans ce foyer étroit que le christianisme bâtit son aire; c'est de là qu'il prit son essor pour parcourir le monde, De ces collines descend, depuis dix-huit siècles, un fleuve de foi et de charité qui a purifié les esprits, réchauffé les cœurs, adouci les lois, où toute parole a besoin de se tremper pour avoir quelque force, où toute âme va puiser la vie et trouve un doux rafraîchissement. Du creux de ces vallons sortit la liberté véritable, la civilisation moderne, le respect du droit, le discrédit de la force, la conscience invincible de notre dignité spirituelle et le secret des

grandes destinées ,

Mgr. Darboy, Les Femmes de l'Evangile (nlle éd., s. d, 2 in-120), t, 11, p. 245.

Eu mt

s Dom. GHIRLANDAJO, (fresque de S. Maria-Novella, Florence.)

S. Maria- Novella, Florence.)

T après vingt ans de mariage, Joachim n'avait pu avoir d'enfant...”

“ Et il s'en alla sur jeûnant quarante jours plorant le Seigneur...

les montagnes au désert, et quarante nuits, et im-

“ Anne cependant, gémissant d’une double douleur, priait dans son jardin.

“Et à tous deux un ange apparut, leur annonçant la naissance prochaine d’une enfant de bénédicrion

C'est le résumé succinct des apocryphes,.

el | = ñ ÿ TT e] = À je) A < CA re Pr!

Les noms, quand ils sont Gonnés de Dieu, disent les choses : la mission, la destinée, le caractère, tout l'homme.

Le nom de Joachim signifie Préparation du Seigneur, et il nous

remet en mémoire une page du Père Faber qu'on aimera peut-être a retrouver ici:

S. Joachim chassé du Femple,

“Comment se fait-il que la préparation occupe une place teliement plus large dans les œuvres du Créateur que dans celles de la Créature ? Est-ce uniquement en faveur de la créature, ou n'est-ce pas la révélation de quelque perfection dans le Créateur ? C'est au coins une donnée sur son caractère qui fixe notre attention et n'est pas sans exercer une influence sur notre conduite,

Fig. 50.

Pourquoi Dieu a-t-il été si longtemps à préparer le monde pour l'habitation

de l'homme? Dans quel but l'antiquité reculée des rochers inani-

més ? Pourquoi ces vastes époques où croissait une végétation gigantesque, comme s’il n'était pas indigne des soins de son amour de se dépenser en richesse et en puissance pour des générations d'hommes qui n'étaient pas encore nées? Pourquoi la terre et la mer ont-elles été séparées de nouveau, et encore, comme si Dieu était un de ces artistes hésitants ou ennuyés, incapables de se satisfaire, parce qu'ils ne peuvent exprimer leur idée qu'après des essais maintes fois répétés? A quelle fin ont servi ces périodes séculaires où des monstres énormes peuplaient les mers et des êtres effrayants rampaient sur les continents ? Pourquoi l’homme est-il né si tard dans cette époque où ont vécu ces animaux parfaits dans leurs espèces, qui étaient ou ses prédécesseurs ou ses contemporains ? Pourquoi la terre devait-elle être un tombeau si rempli de tant de dynasties détrônées et de tribus éteintes, avant que la véritable vie, pour laquelle elle avait été créée, fût appelée à l’existence à sa surface ? Qui pourra le dire? Peut-être n’en fut-il pas ainsi? Mais, s’il en fut ainsi, ce fut sa volonté. Le délai de l’Incarnation est parallèle à ce que la géologie prétend nous révéler de l’arrangement, de l’ornementation de notre planète, et des retouches qui y furent faites, si l’on peut appeler retouches ce qui n'était certainement que le développement d’une vaste et tranquille uniformité

Ces hautes pensées du Père Faber s'appliquent admirablement à l'homnie prédestiné en qui Dieu préparait un nouveau monde, une création nouvelle, à savoir : la Vierge Marie,

Combien de temps dura cette préparation, —préparation immédiate pourtant cette fois ? En d’autres termes, s’il faut dire simplement les choses, pendant combien d'années se prolongea pour Joachim et Anne l'épreuve de la stérilité ?—Toutr la tradition assigne ici une période de vingt ans. Nous disons “ toute la tradition”, car sauf un contradicteur timide, d'autorité douteuse *, tous les écrivains, sous quelque dénomination qu'ils se rangent; tous les

1 Faber, Bethléhem (London, 1860, in-8o), p. 69, chapter 11,

? L'abbé Jamar, Marie, Mère de Fésus (in-80, Blles, 1872), p. 53: Depuis deux ans les liens du mariage unissaient les vertueux époux prédestinés de Dieu pour donner le jour à l’Immaculée et virginale Mère du Sauveur, quand. ...etc.

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