APOCRYPHES — PÈRES DE L'ÉGLISE — ECRIVAINS DIVERS—PRÉDICATEURS
A Légende hagiographique de Madame Saincte Anne pouvait
peut-être—en ce livre comme dans le fait—se composer de
deux parties—parties distinctes pour qui voudra se donner
la peine de distinguer: l'une racontant cette Légende ou
Vie même ; l’autre s’occupant des écrivains divers qui l'ont ## avant nous relatée ou ##ferpretee.
Les premiers,—nous l'avons vu,—sont les auteurs de ces écrits, dits évangiles apocryphes, dont nous avons longuement parlé au commencement de ce volume, et que nous avons traduits ligne par ligne et mot pour mot, ce qui nous dispense de tout autre détail.
Mais ces grands maîtres en tout art, toute science, toute piété, qu'on appelle les Pères de l'Eglise, - hommes prodigieux qui trouvaient du temps pour tout: pour baptiser, @. confesser, prêcher, écrir des livres, diriger des diocèses AM et quelquefois gouverner des royaumes ; qui en trouvaient même pour s'occuper et parler de Madame Saincte Anne,—comment, même s'ils nous sont connus par quelques passages de leurs écrits, ne pas à tout le moins les réunir ici en groupe pour les saluer collectivement une dernière fois, et prendre congé d’eux ?
Et les théologiens, les mystiques et les orateurs, et tous ceux qui, par le livre ou par la parole, ont prouvé leur dévotion pour la
Sainte en lui faisant une part de leur vie, comment aussi ne pas leur donner encore un souvenir, surtout si, par là, nous pouvons réparer quelques oublis ?
Et les autres, plus dévots encore, plus convaincus et plus ardents, qui ont voulu offrir à la mère de la Vierge un livre tout fait d'elle et tout fait pour elle, les auteurs de ces Vies et Légendes où la foi et la piété tiennent parfois un si noble langage, n'ont-ils vraiment laissé aucune page qui puisse nous intéresser, et ne pourrons-nous pas, au moins ceux-là, les traiter moins sommairement, c'est-à-dire, leur consacrer un chapitre? Sainte Anne n’a guère d'autre histoire que la piété de ses amis, et parmi ceux-ci, ne faut-il pas compter ses biographes ?
Et enfin, puisque ‘un sonnet sans défaut vaut seul un long poème, ” et sans doute aussi quelques bonnes strophes tout un livre, ces grands travailleurs, à leur tour, qu'on appelle les poètes, qui savent seuls ce qu'un vers—un bon—coûte de peine, et qui en ont fait dix vingt, trente, cent, et des bons, et des meilleurs, pour la chère Sainte, comment pourrions-nous ne pas leur tenir compte de leur bonne volonté ? La bonne volonté! Si nous n'avions pas peur de profaner un si divin souvenir, nous penserions à ce jour, à cette nuit plutôt, où le ciel regardant et embrassant la terre, n'a su rien trouver de plus grand, de plus digne de l’homme que celà, nous voulons dire l'effort persévérant, la reprise à vingt fois et à cent fois de l’œuvre vingt fois et cent fois manquée.
Donc aux poètes aussi, nous donnerons un chapitre, —auteur ne pouvant faire davantage pour ceux qui lui sont chers,
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