‹ Les trois légendes de madame Saincte Anne [microform]Chapitre 94 sur 112 · EU · texte numérisé non relu

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partie du Xepertorium est aussi féconde que la première, nous atteindrons en doublant les nombres, le chiffre de cinq cents pièces environ, dont les deux tiers, sinon beaucoup plus, se rapporteront très directement à sainte Anne.

Pour ce qui est de notre collection à nous,—-si tant est que nous puissions nous servir d’un pareil mot,—elle est évidemment bien modeste, comparée surtout à celle que les indications de l'abbé Chevalier nous donneraient l'envie de réunir. Mais une hymne indiquée n’est pas une hymne trouvée, transcrite, insérée au cahier de références, et quiconque a fait des recherches, fût-ce en Europe, et dans les meilleurs endroits, sait que, souvent, on en revient quitte pour sa peine, La chose est encore plus à craindre, si, comme nous, on fait dans l'archaïque, avec un sujet qui peut ne pas plaire à tout le monde,

Mais revenons aux pièces que nous possédons, et avertissons tout d’abord que nous ne pouvons pas promettre de les distribuer dans un ordre absolument chronologique. À moins de faire sur chacune de longues—et nous ajoutons—peut-être d’inutiles recherches, i: est quasi impossible d'indiquer exactement leurs dates respectives, presque toutes étant anonymes, et l'hymnologie, jusqu’à ce jour, n'ayant pas fait ce travail, un gros travail sans doute, mais qu'elle aurait dû faire, puisqu’elle s'appelle ‘“ science ”. C’est pourquoi, telle hymne que nous trouvons, par exemple, dans les bréviaires ou livres d'heures duseizième ou du dix-septième siècle,est peut-être antérieure de deux ou trois cents ans à cette date, et, par conséquent, l’époque que nous lui assignons n'indique pas son âge véritable, mais plutôt ce ui du volume qui nous l’a fournie. De même, un certain nombre de pièces nous ont été transmises par des recucils divers, le plus souvent sans nom, ni date, ni lieu, et pour cette raison, on voudra bien nous pardonner certain désordre qui était inévitable, —‘* irréductible, ”— dirait la prose contemporaine,

Malgré le nombre relativement restreint de nos monuments liturgiques, nous ne pouvons pas songer non :lus à les décrire un à un, comme on ferait des curiosités d'un musée, Qu'il suffise de les considérer par groupes, d’abord au point de vue de l’âge,--approximativement,—ensuite au point de vue du fond et de la forme,

Quant à l’âge, il y a, en premier lieu, les souvenirs du quator-

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zième siècle, et parmi eux : l'Adesto nobis inclyta (98) qu'on trouve dans les bréviaires manuscrits de Bayeux et d'Alençon, dès la première moitié de ce siècle; le De stella sol oriturus (95) des bréviaires d'Halberstadt et de Prague publiés en 1512 et 1517, mais qui est de deux siècles en avant, ainsi que l'Anna Christi thalamum, (96) de Sainte-Waudru, et le Corus hymniset vocibus (97) de Cologne et de Liège,

Il y a ensuite la section du quinzième siècle avec l'Annæ sacra solemnia (9), l'Aveé, felix mater Anna (OO), l'Adsunt Anne solemnia (KO1), le Novum sidus in superis (102), le Gaude felix Anna (103), le O Cœli lampas radians (KO), et quelques pièces signées, comme le Pangimus laudes de Rutger (145), et l’Z# Laudes d'Adam Wernher (147), tous deux amis de Trithème; de plus le Æesta

sacratæ (LAB) avec le Præemia quanta suis referat (AAA), de l'abbé Trithème lui-même.

Au seizième siècle, le bréviaire des Frères-Prêcheurs nous présente le Felix Anna pre aliis (106), et l’Z Anne puerperio (1507 et 1516) (107); le bréviaire de Mayence (1509), le Ckori plaudant alacriter (405) ; les chanoines réguliers de saint Augustin (1519), l'Omnis sanctorum concio (KOS), et le Vocti succedit Lucifer (KKO) ; les Chartreux (1587), le Save sancta parens (KA) ; les Prémontrés (1598), l'Ave mater Ana Dei matris alma (KA), imitation de l’Ave Maris stella.

Au dix-septième siècle, Paris nous donne le Æecunda radix Isaï (HA9), et le Clare diei gaudia (K20); Coûtances (1601), l'Anna genus perinclytum (AG), et les Pénitents blancs de Marseille, l'Anna pia mater, ave (HAT), ainsi que l'Ante thorum Trinitatis (118).

Si maintenant, après cette classification très sommaire, nous allons au delà uu vers initial et parcourons les pièces diverses de notre répertoire, en les interrogeant sur ce qu’elles contiennent, que nous diront-elles ? En d'autres termes, qu'est-ce qui fait le fond de

ces hymnes liturgiques, que nous les considérions par groupes, ou isolément ?

Il va de soi que le thème habituel, c’est l’incomparable dignité

de sainte Anne, choisie de Dieu pour être la mère de la Vierge Marie. C'est bien ici, en effet, le grand, comme le premier motif d'inspiration, et si le poète chante le prodige de la naissance de Marie après les longues années de l'attente, la puissance de Dieu qui a opéré cette merveille, sa miséricordieuse bonté prêtant l'oreille aux supplications des saints époux Anne et Joachim; s’il nous peint l'ineffable joie de cette mère et de ce père privilégiés devant le berceau de leur fille première-née, leur tendresse pleine de respect pour Celle qu'ils regardent déjà comme la mère du Sauveur promis et attendu, la note dominante, c'est cependant, presque partout, la gloire même de cette maternité, dont rien n’approche dans l’ordre purement humain.

Tout à l'heure, André de Crète, Joseph l’hymnographe, l’anonyme de Grotta-Ferrata, n'ont pas chanté autre chose, et l'on se souvient que leur piété les a fait revenir tous trois, jusqu’à dix fois, sur le même sujet, de sorte que l’ensemble de leurs hymnes forme déjà tout un recueil,

Plus tard, l'Omnis sanctorum concio (XOS) des chanoines saint Augustin, l'Orbis exultet (RAS), le Fecunda radix (AA9) et Clare diei gaudia (K26) du bréviaire de Paris ; l’/# laudes avie de

Adam Wernher (1494) (H47) le Festum diem cum laudibus (126) et le Gaude plebs recolens (127) du bréviaire de Chartres, sans parler de tant d’autres, sont de la même inspiration.

Il se rencontre, au cours de ces pièces diverses, des stophes qui méritent d'être remarquées: celle-ci, par exemple, du bréviaire de Chartres :

Festum diem cum laudibus Ducat parens Ecclesia, Annamque Judææ decus Matrem Mariæ concinat.

Jessæa stirps hanc protulit Ceu vitis alma palmitem ; Ut palmes ipsa protinus Florem pudicum germinat.

Si qualis arbor insito

Sapore fructus indicat, Fructus salutis te probat,

O Anna, matrem maximam.

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Fig. 120, SAINTE ANNE, L'ENFANT ET LA VIERGE,

(Xve siècle.)

Ancienne tapisserie flamande (Collection Spitzer).

“ Que l'Eglise, notre mère, consacre ce jour aux chants de louange ; qu'elle célèbre sainte Anne, gloire de la Judée et mère de Marie,

‘ La race de Jessé a produit cette tige bénie, comme la vigne pousse des pampres verdoyants, et du cep glorieux a germé la fleur de toute sainteté.

‘* Si l'arbre se reconnaît à la saveur de son fruit, le fruit de salut que nous tenons de vous, Ô Anne, vous proclame la plus grande et la meilleure des mères.”

De la plus grande et de la meilleure des mères, le poète chantera aussi parfois la puissance et la bonté, comme faisait tout à l'heure le bréviaire d'Apt, ou comme fait Rutger dans le Carmen saphicum que Trithème nous a conservé de lui (145) :

‘“ O mère de la Mère du Christ, qui resplendissez maintenant au sommet des cieux ; 6 sainte Anne, votre prière peut tout obtenir du Fils de Dieu Tout-Puissant.

“ Vous guérissez les malades, vous purifiez les âmes souillées, vous réalisez les vœux de vos serviteurs fidèles, et par vous nous méritons d’entrer dans le royaume du ciel.”

Trithème complète la pensée de Rutger dans deux hymnes de bonne facture, et pieuses comme le De Laudibus (148-144). Pour lui, nul ne peut comprendre ni raconter les bienfaits que sainte Anne répand sur ses dévôts enfants :

Præmia quanta suis referat cultoribus Anna Nemo capit mente nec valet ore loqui.

“ Elle rend la santé aux infirmes, la sérénité et la joie aux cœurs de ceux qui pleurent :

Corda mæstorum jubilo serenat,.

“ Elle efface d’une prière toute souillure de l’âme ; elle confère toute grâce et nous ouvre le ciel.”

Gratiam confert, animas fideles Ducit in astra.

Dignité sans égale, puissance et bonté sans mesure, à toutes trois le poète adressera parfois des salutations, des invocations et des prières, De toute l'hymnographie de sainte Anne, c'est là, pour nous du rmioins, la partie la plus pleine de poésie, parce que c'est aussi celle )ù respire le mieux la vraie piété :

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Salve sancta Parens Matris Salvatoris, Anna labe carens, Vas cœlestis roris.

Ergo gratulare Tanta prole digna, Nosque consolare Dulcis et benigna.

O flos mulierum, Fac per tuam prolem Nos in cœlis verum Contemplari solem.

“ Salut,” chante le bréviaire des Chartreux de 1587, “salut, à sainte mère de la Mère du Sauveur, femme sans tache, vase de la rosée céleste,

“ Réjouis-toi d’avoir été digne d’une maternité si glorieuse, et faistoi douce et bonne pour nous consoler.

“0 fleur des femmes, par la puissance de ta fille, fais-nous contempler un jour l'éternel soleil dans les cieux.” (13).

Et, à leur tour, les Pénitents blancs de Marseille (1638) :

“Salut, sainte mère Anne, dont le nom est si doux, puisqu'il signifie gréce ;

“Salut, tige de Jessé, dont la fleur embaume les cieux d’un incorruptible parfum ;

“ Salut, perle des femmes, astre étincelant, lumière vive, qui, du haut de ton trône, éclaires nos jours ténébreux.” (LA7).

Après les salutations, la prière.

En 1507, le bréviaire des Frères-Prêcheurs fera celle-ci (106) :

“ O vase de la céleste grâce, mère de ia Reine des Vierges, de toi notre angoisse implore le pardon de nos fautes.

“ Souviens-toi, mère incomparable, combien tu es puissante par l'interinédiaire de ta fille, et que ta prière nous obtienne la grâce de Dieu.

“ Daigne, à ta demande, le dispensateur de tout bien nous faire jouir, après notre exil, des joies du ciel,

“ Effaçant ainsi, par sa divine clémence, tout de ce que notre âme a pu garder des souillures de la vie.”

Et le bréviaire de Coûtances ou de Constance,—en latin Constantiense, propre aux deux (116) :

“ © toi, mère privilégiée de la Mère de Dieu, viens à notre secours: afin que purifiés de toute squillure, nous jouissions des récompenses célestes.

“ Que par toi les temps soient tranquilles et la paix plus parfaite : que la guerre, que les discoräes prennent fin, et que tout malheur de nous s'éloigne ;

“ Que chez nous la charité “’accroisse et demeure à jamais, afin que

nous marchions avec amour sur les traces de Jésus-Christ.”

Parmi ces prières, il en es: deux qui suivent le rythme de l'Ave maris stella. Tandis que la première reproduit, à chaque strophe, le premier mot de la strophe qui lui correspond dans l'hymne de la Vierge, la seconde en reproduit le premier mot et le dernier vers, du moins autant que le sens le lui permet. La première se trouve dans l'Officiale manuscrit dont nous avons parlé plus haut, et la seconde, dans le bréviaire des Prémontrés de 1598. Citons parallè. lement quelques passages (79-114) :

Ave vitæ vitis, Ave Mater Anna,

Ave tristi mitis, Dei Matris Alma,

Anna tu dignare, Semper benedicta,

Nos te collaudare, Felix Cœli porta.

Sumens nostra vota, Sumens de Abrahæ, Quæ mente devota, Ortum patriarchæ (sic), Tibi resonamus, In partu Mariæ, Audique, rogamus. Mutans Evæ nomen,

Solve mortis hora, Solve primæ matris, Christum nobis ora, Vincla maledictæ, Anna, prece grata, Contra vim serpentis, Ostende placata ‘. Bona cuncta posce *,

1 Traduction :

6 Salut, vigne de vie ; —Salut, refuge du malheur ; — Anne, daigne nous permettre — De chanter tes louanges.

‘ Prends nos vœux, — Que d'âme dévote,—Nous t'exprimons,—Te suppliant de les écouter.

Délivre-nous à l’heure dernière, —Prie pour nous le Christ, etc.

2 66 Salut, mère sainte Anne, —Douce mère de la Mère de Dieu,—Femme toujours bénie,—Bienheureuse Porte du Ciel.

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parfaite :

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Un autre motif d'inspiration qui se rencontre assez souvent dans l'hymnographie de notre Sainte, c'est sa glorification au ciel, ou ce que nous appellerions, si le mot pouvait se dire d’une autre que de la Vierge, son assomption et son couronnement, Le bréviaire mozarabique nous la montre “ disant adieu à ce triste monde et s'élevant très haut dans les cieux : Cælo tam sublata” ; une pièce du quatorzième siècle, citée par Balinghem, la fait contempler dans l’allégresse la splendeur du Roi de gloire (9@).

Conspicit cum jubilo Regem in decore,

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et chanter ses louanges d’une voix qui ne connaît pas la fatigue : >

Aulam cœli curiæ Anna mox ingressa, Laudat regem gloriæ Voce indefessa.

Une autre hymne du même quatorzième siècle nous la représente montant vers le ciel, plus brillante que le soleil, et s'appuyant là-haut avec délices sur sa fille bien-aimee, tandis que toute la cour céleste entonne des cantiques de joie (97) :

Ad cœlum scandit hodie Plus Anna sole rutilans, Quam exercitus curiæ Cœæli suscipit jubilans.

Annixam præ deliciis Super diiectam, curia Cœlestis in tripudiis Prosequitur cum gloria.

“Ilustre fille, —Du patriarche Abraham,—Dans l’enfantement de Marie, —Tu changes le nom d’Eve.

‘ Brise les chaînes formées—Par notre première mère, —Et, terrassant le serpent, — Obtiens-nous tous les biens.

Une autre du quinzième siècle complète le tableau, et comme tant de fois l’art de ce siècle l'a représenté, met dans les bras de sainte Anne

Vierge Marie et l’enfant-Jésus (9%) :

Natam Jesumque dulciter Amoris ambit brachiis.

Le bréviaire de Liège (1498) contemple aussi ce béni groupe ; mais Jésus n’est plus l'enfant que sainte Anne prend dans ses bras, c'est le Christ glorieux qu'elle adore en silence, La strophe est très belle: la mère et la fille se regardent, puis, portant ensemble leurs yeux sur Jésus, elles se taisent d'admiration devant l'INEFFABLE (102):

Alternis se conspectibus Fig. 121, Sainte Anne Cernentes mater, filia, portant la Vierge et Versis in Jésum vultibus

l'enfant Jésus. Bois Stupent ineffabilia, xve siècle. —(Eglise

des Dominicains de Et au-dessus des Patriarches, Patriarchis A L Croquis de ta (Utrecht 1497) (125), sainte Anne prend Ni place avec sa fille sur un trône royal (Mayence 1509) (105) :

In sedibus regalibus Cum filia.........….,

Et jouissant désormais d’un bonheur sans mesure, elle contemple ce Dieu qui se montre à elle à visage découvert (Missel du xIVe siècle.) (135)

Anna vere jam lætatur Ex quo Deum contemplatur Revelata facie, * * *

Nous n'avons jusqu'ici considéré l'hymnographie de sainte Anne que dans ses sources principales et ses développements généraux. Il nous resterait à l’étudier plus à fond, à la prendre par le menu et à l’analyser dans ses moindres détails, si nous avions l'ambition de livrer au lecteur une érude complète sur le sujet. Bornons-nous plutôt à noter simplement quelques traits particuliers.

complète le le ce siècle sainte Anne ) :

temple aussi l'enfant que st le Christ a strophe est ardent, puis, sus, elles se BLE (102):

Patriarchis Anne prend al (Mayence

elle contemissel du XIVe

e de sainte ements généendre par le nous avions sur le sujet.

particuliers.

L'hymne ne pouvant pas, vu le nombre limité de ses strophes, raconter dans son entier la légende de sainte Anne, comme telle séquence dont nous parlerons plus loin, elle touche pourtant parfois à l'une ou l’autre de ses circonstances, à la prière de sainte Anne, au refus du grand-prêtre, à l'apparition de l'ange, à la rencontre sous la Porte dorée.

Le bréviaire de Laon (1495) et celui de Saint-Martin de Tours (1635), dans l'hymne Clara diei Gaudia, disent, par exemple :

Nupta cœli judicio,

Fideli matrimonio,

Juxta Verbum angelicum, Fructum concepit cœlicum.

“ Pour obéir à Dieu, elle s’est fiancée à un chaste époux, et comme l'avait prédit la parole d’un ange, elle conçoit un fruit tout céleste.”

De même, le bréviaire des Cisterciens (Paris, XVIIe s.), dans l'hymne de Laudes, a cette strophe (120):

Audit monentis angeli Felix parens oraculum, Castoque format pectore Perenne sidus Virginum.

“ Elle a entendu l’oracle de l'ange, et dans son chaste sein, heureuse mère, elle enferme le soleil éternel des Vierges.”

À défaut d'hymne qui contienne toute la vie de sainte Anne, nous la trouvons, en attendant les séquences et les proses, dans les \®] antiennes rythmées du bréviaire de Laon

Fig. 122, Apparition de (1495), au 26 juiilet. l’Ange à sainte Anne.

(Ivoire du x vre siècle au Qu'il suffise d’avoir signalé ce fait en pas-

Vatican), sant, et puisqu'il le faut encore une fois, une quatrième ou cinquième fois, revenons bon gré, mal gré, à la désagréable question du #rinubiun.

Il était impossible en effet, que, au quinzième et au seizième siècle, la poésie ne reflétât pas l'opinion très répandue alors, comme on

Se LS er epee ne es

sait, du triple mariage de sainte Anne, Après les vers célèbres du Mantuanus, qui servirent comme cri de guerre aux partisans de la “ mauvaise cause ” :

Anna puerperio fortunatissima sancto

Tres habuisse viros et tres genuisse puellas

Dicitur, bien des hymnes ont reproduit, sous une forme ou sous une autre, ce même dicitur, Ici, ce sera un mot en passant, comme dans l'Aulam cœli curie (BA) de Sainte-Waudru, et le manuscrit domicain du quinzième siècle; là, une strophe, comme dans le Varti succedit lucifer (KO) des chanoines de saint Augustin ; là, toute la pièce, comme dans l'/s/& duæ sunt sorores (%4) rapporté par Faber Stapulensis, et le Felix Sion Filia de l'abbaye de Moissac (128), La même égende va se répéter encore dans une prose d'un missel de Lubeck, imprimé en 1487 (182), sans parler de certains poèmes non liturgiques, come celui de Wimpina (153), et l'épigramme manuscrite de douze hexamètres, sans doute plus ancienne, qui se conserve à la bibliothèque Nationale (No 1413, fol 9) et qui commence par ces mots:

Anna viros habuit Joachim, Cleopham, Salomeque,

Et c'en est assez de ce peu, et Dieu veuille que ç’en soit fini, avec cette demi-page, d'une question dont nous sommes las nousmême, tout autant que la lecteur.

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