‹ Les trois loges, comédie-vaudeville en trois actes. Par MM. Clairville et Hostein. Représentée pour la première fois, à Paris, sur le théatre du Vaudeville, le 25 janvier 1845Chapitre 15 sur 69 · SCENE V · texte numérisé non relu

SCENE V

il™ GALOUZOT, COLOMBE.

COLOMBE

Le pauvre garçon, comme vous l'avez renvoyé !

Mme GALOUZOT.

Aussi, pourquoi est-il doué d"une ganache d'oncle qui veut s'opposer à ton bonheur? car c'est ton bonheur que je veux, ma fiHe , et puis le mien... et puis celui de ton père.

f,ACTE I, SCENE V. 25

COLOMBE

Ah ! oui, mes débuts à l'Opéra.

M0"'" GALOUZOT.

Je ne serai contente que lorsque tu seras affichée... mais là , bien affichée. A propos, as-tu repassé ton petit duo du premier acte?

COLOMBE

Oui, tout-à-l'heure avec M. Jules!

Mme GALOUZOT.

Et pourquoi pas plutôt avec M. Boisfleuri, notre digne, notre excellent propriétaire... ton protecteur à 1 Académie Royale... un homme qui comprend les artistes?...

Je sais comme vous , ma bonne mère, tout ce que nous devons à M. de Boisfieury ; c'est lui qui m'a fait apprendre la musique, c'est lui qui m'a fait étudier des rôles . qui dans ce moment encore sollicite un début pour moi : enfin , c'est lui qui m'a donné ce goût de théâtre que vous avez encouragé, et qui me promettait tant de fortune et de gloire. Eh bien ! vous le dirai-je? plus l'instant approche, plus j'ai peur que nous nous soyons trompées.

Mme GALOUZOT.

Comment, trompées ?

COLOMBE

11 faut tant de choses pour réussir au théâtre, et si j'allais ne pas produire tout l'effet que nous attendons! si j'étais...

Air : Depuis longtemps j'aimais Adèle.

Celle pensée, nb ! je sens mon cœur battre ;

Sur le théâtre exposer un enfant !

C'est une arène où chacun veut combattre, Où chacun dit : Je serai triomphant.

Fleurs cl couronne apparaissent voisines ; Mais à la fin de ces rêves trompeurs, Combien de fronts sont couronnés d'épines ! Que de 6erpens se cachent sous les fleurs! Mmc GALOOZOT.

Tiens, Colombe, venx-lu que je te dise? lotîtes ces belles idées-là le viennent de ion M. Jules. Mais réfléchis donc à la gloire de l'artiste , an bonheur qui accompagne le succès, à la réputation que donne chaque nouveau triomphe, à cette salle entière qui vous applaudit , qui vous admire , dont vous êles la reine, l'idole... Tiens , si je n'écoulais que mon indignation, j'irais trouver M.Jules , et je lui dirais... Mais il vaut mieux s'occuper de toi, de Ion début... Tu dis que tu repassais ton duo...

COLOMBE

Oui, ma mère.

Mme GALOOZOT.

Lequel ?

COLOMBE

Vous savez, celui qui se termine par : Ah ! je t'aime!

Mmc GALOUZOT.

Ah! oui, je me souviens; et ça me fait penser que je voulais te faire «ne observation ; vois-tu bien , lu

dis :

Ah ! je l'ai ai ai ai aime! (bis.)

Je sais bien que la musique veut que lu fasses, Ai ai ai ai aime! (bis.)

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